Depuis le 15 avril 2011, c’est une structure collégiale reposant juridiquement sur une SCIC qui a relancé avec succès l’activité de l’abattoir du Couserans.
«Tout le monde est impliqué dans l’aventure, explique Christophe Gouazé, directeur général, quand il y a une décision à prendre on se met autour de la table»
La structure repose sur 5 collèges: les agriculteurs, les artisans bouchers, les grossistes, les salariés et la communauté de communes propriétaire du site; cette SCIC a permis de sauver dix emplois, répond aux attentes des professionnels et envisage même d’augmenter ses tonnages et son activité.
Mais Christophe Gouazé sait que l’abattoir revient de loin: «nous avons traversé une zone de turbulences avec une baisse du tonnage, une mauvaise gestion de l’outil qui a mis l’abattoir dans le rouge en 2009.
La communauté de communes ne pouvait pas combler le déficit, à l’époque le préfet a tiré la sonnette d’alarme.
Les agriculteurs se sont mobilisés en créant un collectif avec des représentants de la Confédération paysanne, du Civam Bio et l’association des éleveurs bovins de l’Ariège.
L’objectif étant de retrouver l’équilibre et de maintenir sur le territoire une structure de proximité.
Grâce à la communauté de communes et au CER France pour le projet juridique, une SCIC a vu le jour en 2011»
Aujourd’hui, les prévisions sont largement dépassées et les 1600 tonnes/an aussi, la structure couserannaise prospecte en direction de niches porteuses comme le bio et n’hésite pas à élargir sa zone d’intervention.
«Nous travaillons avec 10 à 15 artisans bouchers sur le Couserans, ils achètent les bêtes à la ferme, elles passent par l’abattoir et sont transformées en boucherie»
Selon Christophe Gouazé, c’est important pour l’image de l’abattoir car la boucherie artisanale est très implantée dans la région, de plus c’est une valeur sûre qui représente plus de 400 tonnes par an.
Les grossistes en viande ou chevillards comme Alain Garcia sont des revendeurs (boucheries, grandes surfaces) sur une zone géographique plus large englobant la région toulousaine et la côte méditerranéenne de Perpignan à Sète: «ils nous permettent de diversifier la zone de chalandise avec un flux régulier toute l’année sur l’abattoir»
Enfin dans cette zone de montagne, l’abattoir répond aux demandes des éleveurs locaux (ce sont des éleveurs, naisseurs, engraisseurs) qui se tournent vers la vente directe avec valorisation de petits volumes toute l’année.
«Notre abattoir est à la croisée des chemins, pour maintenir les filières courtes, il faut des abattoirs de proximité. A ce rythme de croissance nous arriverons rapidement aux 2500 tonnes, à nous de maintenir le niveau en terme de qualité.
Nous avons un projet d’investissement de 350 000 € pour remettre le site aux normes, améliorer la qualité d’abattage, l’hygiène et le travail des salariés… à terme nous envisageons de créer 2 à 3 postes supplémentaires»
| Des métiers qui méritent d’être valorisés Ils sont bouchers d’abattoirs, pareurs, ouvriers, responsables qualité ou hygiène… ils travaillent sur la chaîne d’abattage en respectant le principe de la marche en avant ayant pour objectif d’éviter toute contamination. Des métiers souvent méconnus du grand public mais d’une rare exigence car en relation avec l’hygiène et la santé publique. Parmi les salariés de l’abattoir du Couserans, Pascale Caubet, secrétaire commerciale, la seule femme dans cet univers d’hommes. Arrivée en avril 2011 lors de la constitution de la SCIC, elle a pour missions essentielles le suivi clientèle, la comptabilité ou encore le plan de maîtrise sanitaire. Ses impressions: «c’est un milieu qui a la réputation d’être rude mais je me suis adaptée et on m’a permis de m’intégrer» |
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