© AFP/Archives - Fred Dufour
"J'ai l'impression d'être un déchet à la charge de la société": au Pôle Emploi de Belfort, dans une des régions les plus durement touchées par la hausse du chômage depuis un an, les demandeurs d'emploi font la queue au guichet et ne cachent pas leur pessimisme.
Aline Ferdig, 30 ans, cherche un CDI en vain. En attendant, elle suit des formations ou tente de trouver des missions intérimaires, de plus en plus rares, chez le géant industriel PSA Peugeot-Citroën et ses sous-traitants.
"Je n'ai plus travaillé dans l'industrie depuis novembre dernier, c'est très dur. On fait attention à ce qu'on dépense, on ne fait plus de sorties au cinéma ou au restaurant avec les enfants. Cette année, il n'y aura pas de départs en vacances, on restera à Belfort", raconte-t-elle.
L'étiquette "chômeur" pèse. "Ne pas avoir de travail, pointer à Pôle Emploi, ça me ronge", confie la jeune femme blonde et élégante qui veut "rester motivée pour s'en sortir et regarder vers l'avenir".
Dans les statistiques du ministère du Travail, la Franche-Comté affiche un triste record: le nombre de chômeurs de catégorie A (ceux qui n'ont pas travaillé du tout au cours du mois écoulé) y a explosé de 15,1% en un an contre 10,6% dans l'ensemble de la France métropolitaine. Chez les moins de 25 ans, cette hausse est de 18,8%, là aussi un record.
Dans la région de Belfort et Montbéliard, berceau de l'industrie automobile et du groupe PSA, touché de plein fouet par la crise automobile, le taux de chômage est passé en un an de 10,7 à 12%. Le taux global en Franche-Comté (9,9%) reste cependant inférieur au taux national de 10,2%, selon l'INSEE.
Conséquence de ces mauvais chiffres: à Belfort, dès l'ouverture des portes des agences Pôle Emploi, à 8h30, les chômeurs se pressent à l'accueil, parfois accompagnés de leurs enfants.
"La conseillère me reçoit deux à trois fois par mois au téléphone, et aujourd'hui, j'ai un rendez-vous à l'agence", dit Ouridat Zerigat, assistante maternelle au chômage depuis trois ans.
"Je ne trouve pas de travail. A 58 ans, personne ne veut m'employer et en temps de crise, les gens confient leurs enfants aux grands-parents plutôt que de payer une nounou", se désole cette femme dont le mari a perdu son emploi dans l'industrie en décembre.
Le directeur territorial de Pôle Emploi dans le Doubs et le Territoire-de-Belfort, Claude Guyot, constate une "précarisation" croissante de l'emploi. "Suite à l'importante diminution des missions intérim, l'inscription des intérimaires dans nos agences du nord Franche-Comté a explosé", explique-t-il, discernant toutefois une "tendance baissière en début d'année".
Au vu du marasme ambiant, certains chômeurs se tournent vers l'étranger, comme Fabrice Vincent, 43 ans, ancien technicien dans l'industrie: "il n'y a plus de travail en France, je vais aller chercher en Suisse" dit-il.
Le secteur du bâtiment est également durement touché. Electricien depuis 2010 dans le Doubs, Alexandre Montaclair "regarde les annonces, appelle les boîtes d'intérim plusieurs fois par jour, mais il y a une grosse baisse d'activité et pas d'emploi à pourvoir".
"Quand je cherche du travail, ça me trotte dans la tête tout le temps, je suis tendu, énervé et ça se répercute sur la vie familiale et la vie de couple", confie ce père de deux enfants.
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