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Pamiers: les SEL fêtent leurs vingt ans en Ariège, leur berceau d'origine

© midinews 2014

250 «selistes» venus des quatre coins de France participent actuellement à une semaine d’échanges et de conférences au Lycée agricole de Pamiers pour les rencontres annuelles des SEL.

Un juste retour des choses pour ce mouvement alternatif, fondé sur la solidarité et l’échange, né ici en Ariège en 1994 avant d’essaimer un peu partout en France.

Matinée de conférence dans un amphithéâtre plein qui témoigne du regain de forme de ce réseau après une période de flottement.

«C’est en août 1994 qu’une centaine de membres en Assemblée générale ont décidé la création du premier SEL», évoque l’œil encore brillant Claude Fressonnet, trésorière du SEL Pyrénéen et membre de l’organisation de ces rencontres.

Un mouvement inspiré alors des LETS en Angleterre et importé ici, avec les encouragements notamment de Pierre Rabhi, sous l’appellation SEL, pour système économique local avant que la dénomination système d’échange local n’emporte l’adhésion.

Totalement complémentaires d’autres mouvements alternatifs (Colibri, monnaie locale,…) avec lesquels ils privilégient les échanges, les SEL sont au nombre de 500 aujourd’hui en France et obéissent à une charte du SEL qui prône entre autres que «le lien vaut plus que le bien», présente la présidente du Sel Ariégeois Dominique Saulay.

Un mouvement qui capitalise si l’on peut dire avant tout sur la richesse humaine et entend «apprendre à donner» Une fois adhérent, tout seliste fait part de tout objet ou service qu’il peut offrir et émet également ses souhaits et besoins. Ensuite l’organisation fait le reste. Si le temps des échanges par billet manuscrit est bientôt révolu, avantageusement remplacé par la réactivité d’internet, le maître-mot quel que soit l’outil reste le lien entre les individus, selistes, l’échange.
Être seliste c’est avant tout un état d’esprit, une philosophieEchanger une heure d’apprentissage du français contre du covoiturage ou tout autre type d’objets ou de service se mesure en grain de sel (pour ce qui est du SEL ariégeois) ou en unité de temps (donnée ou reçue).

«Lorsque je donne, je reçois», commente la présidente qui le revendique «le SEL c’est une philosophie, un état d’esprit. Nous nous changeons nous même pour mieux pouvoir changer la société»

«Ce sont toujours des échanges sympas avec des gens formidables» témoigne Claude Fressonnet.

Un système qui connait en tous les cas un fort développement dans les zones urbaines où il permet de renforcer la convivialité, lutter contre la solitude des grandes villes, en région toulousaine par exemple et retrouve, «du fait de la crise», un renouveau en Ariège. Même si Dominique Saulay reconnait des freins: «on ne peut pas faire 30 km juste pour monter une étagère. Le transport et les distances sont un problème dans les pays ruraux alors que c’est là qu’il est le plus utile au niveau de l’entraide»

Le SEL repose donc sur un nombre important de membres pour que l’effet de réseau puisse jouer à plein. Fort de ses 50 adhérents actuels, le SEL ariégeois compte sur une nouvelle équipe jeune et dynamique pour le développer. C’est en tous les cas l’un des intérêts de ces rencontres que de réfléchir et échanger sur le rôle des SEL, leur développement, et plus largement sur l’économie actuelle et ses alternatives. La Route des SEL qui permet dans des cas qui restent exceptionnels d’échanger entre SEL de différentes localisations est une autre de ces solutions.

L’engouement des bénévoles de tous horizons à l’organisation et l’animation de ces rencontres témoigne cependant que cette richesse humaine, à fructifier, reste le ferment autant que le moteur de telles initiatives alternatives. 20 ans est après tout l’âge de tous les espoirs.

Tous les liens et infos utiles sur le lien suivant:
http://selidaire.org/spip/

Sylvain Sastre | 20/08/2014 - 17:56 | Lu: 24661 fois