Les petites histoires de Mélanie: Fauré en cité de Foix

© midinews 2015 - Mélanie Savès

En 1924, la ville de Foix rend hommage au compositeur Gabriel Fauré, en offrant son nom au cour bordant les allées de Vilotte.

Un buste est installé sur la partie ouest, devant l’ancienne Caisse d’Épargne, au-dessus d’une petite fontaine. Formant un écrin autour du buste, une balustrade borde un escalier de parade qui s’épanouit naturellement sur les belles allées.

À nos oreilles, l’eau murmure les mélodies de Fauré, son Requiem ou sa «Pavane pour orchestre». Hautbois, flûtes clarinettes et cordes se relaient pour évoquer une douce mélodie si proche de la mélancolie.

Né à Pamiers en 1845, Gabriel Fauré est issu d’une ancienne famille de Varilhes. Il suit ses parents dans la ville de Foix en 1849, où son père prend ses fonctions comme directeur de l’École Normale.

Cette école se situe sur les hauteurs de Foix, dans le quartier de Montgauzy. Le point de vue embrassant la ville y est somptueux et une petite église romane jouxte les bâtiments.

Cette église Notre-Dame, pillée pendant les Guerres de Religions, fut fréquentée jusqu’à la Révolution puis vendue comme bien national. En 1816 elle devenait propriété de la commune. Le jeune Gabriel fit ses premières gammes sur son harmonium, emplissant régulièrement l’église Notre-Dame d’envolées lyriques.

En 1854, âgé de neuf ans, il est remarqué par le député Saubiac, notable, chevalier, qui lui fit obtenir une bourse pour se former à l’école Niedermeyer à Paris, celle des organistes et chefs de chœur. Son curriculum vitae est proche de l’excellence, élève de Camille Saint-Saens, il devient professeur de Maurice Ravel ; premier prix de piano, il entame une tournée internationale.

Fauré est le génie harmonique, le maître de la mélodie française ensorcelante qui passe des influences classiques au romantisme, pour se tourner presque naturellement vers les sonorités modernes du XXe siècle. Loin de toute tentative de description du monde, il exprime avant tout le sentiment.

Dans une lettre adressée à sa femme, il se rappelle des cloches de la petite église de Montgauzy disant «avoir traduit et presque involontairement, le souvenir bien lointain d’une sonnerie de clocher qui, le soir, à Montgauzy… arrivait d’un village appelé Cadirac...».

Fauré réalisa son rêve de revoir le pays natal en 1921, avant de s’éteindre en 1924 des suites d’une pneumonie.

Mélanie Savès | 04/09/2015 - 18:49 | Lu: 3711 fois