Les petites histoires de Mélanie: mais où est donc passé le château d'Ax?

© midinews 2015 - Mélanie Savès

Ax, petite bourgade des Pyrénées, est connue pour son domaine skiable ou ses eaux chaudes, mais la ville, dans ses temps anciens, à l’époque des comtes de Foix, des vastes terres parcourues à pied ou accompagné d’une brave mule, avait un tout autre visage.

Il existait, rive droite de la rivière Lauze, une «ville vieille» du VIIIe siècle. Premier peuplement du carrefour des vallées, elle était installée près d’une église Saint-Jean d’Auze et de l’église Saint-Vincent mentionnées au Xe siècle.

À l’heure actuelle, le baptistaire Saint-Jean a disparu, laissant place à un tout autre type d’établissement où l’on célèbre le petit ballon de blanc et la «Pression» plus que le vin de messe, vous aurez reconnu la brasserie-pizzeria Le Couloubret.

Ce groupement d’habitations sur les bords de la Lauze, détruit par un incendie, fut abandonné dès 1243 au profit d’un espace plus adapté. Ainsi, une «ville neuve» prit place à la confluence des trois rivières Lauze, Ariège et Oriège, où s’élevaient au centre deux petites collines.

Sur la colline sud, à l’emplacement actuel du presbytère était le château d’Ax, ou «tour d’En barre» entouré par ses habitations. Les ruelles adjacentes portent encore la forme caractéristique des villages castraux, enroulées autour de la forteresse.

Hélène Teisseire, archéologue et spécialiste de la ville d’Ax, rappelle que «concernant la Tour d’en Barre, le guide annuaire des Étrangers aux eaux d’Ax-les-Thermes paru en 1889 fait une description intéressante de la ville au Moyen Âge: «les maisons s’élevaient au pied d’une sorte de forteresse bâtie sur la crête granitique que l’on aperçoit au milieu de notre cité.

Les habitants pouvaient se réfugier en cas de danger dans son enceinte.

Mais durant la guerre de Cent Ans, les Axéens la trouvant insuffisante la démolirent en partie et entourèrent leur ville de tours et murailles». Cette forteresse dont parle le Guide pourrait-elle être associée à la Tour d’en Barre?

L’étude des murs bas du presbytère montre un pan de mur particulièrement intéressant, soutenant le jardin actuel
».

«Sur la colline nord se trouve un ancien jardin aménagé au sommet d’un rocher dominant la ville de 10 mètres. Au pied de celui-ci s’étale l’enclos du Mazel Vieilh, grenier à sel de la ville et lieu de réunion de la population et de ses représentants, les consuls».

Ces deux collines, nord et sud, correspondaient aux points dominants, séparés par une rue principale, la rue du Salin, actuelle rue de l’Horloge.

Cette ville médiévale, cernée de remparts et de tours de guet, gouvernait une zone de passage très fréquentée indispensable aux marchands qui se dirigeaient vers l’Espagne musulmane.

Au XIIIe siècle, les comtes de Foix bien implantés sur ce territoire, afin de motiver le peuplement de cette ville et son commerce, accordaient aux axéens des avantages non négligeables.

Grâce à l’instauration de cette «charte de franchise» en 1241, les axéens étaient exemptés du droit de péage sur tout le comté, de la taxe féodale appelée le cens. Les habitants pouvaient tenir un marché, et marchands tout autant que marchandises étaient protégés...

Les petites villes ont encore beaucoup de choses à raconter, alors au retour d’une virée hebdomadaire sur les terres andorranes, prenez le temps de vous arrêter dans la ville d’Ax, sortez des rues principales, montez les escaliers et vous sentirez sans doute l’âme des plus vieilles pierres de la ville...

Plus simple encore, venez nous retrouver le 3 septembre pour une balade nocturne de la ville dans le cadre du «Festival des Saveurs»,

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www.festivalsaveurs.com
ou lors des Journées Européennes du Patrimoine, le 20 septembre dès 14 h 30: 06 07 60 76 13.

Mélanie Savès | 28/08/2015 - 18:11 | Lu: 8534 fois