Les petites histoires de Mélanie: Notre Dame de Montgauzy, suite et fin

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La petite église de Montgauzy, ravagée dans les années 1580 se relevait lentement des déboires des guerres de religion. Le temps des travaux arrivait enfin. Monseigneur de Sponde, évêque de Pamiers, intervint dans la reconstruction des édifices religieux du diocèse.

Les églises de Saint-Volusien de Foix, Notre-Dame-de-la-Daurade de Tarascon ou encore Notre-Dame-de-Sabart furent restaurées peu à peu.

Concernant Notre-Dame de Montgauzy, les travaux concernaient l’ajout d’une galerie et d’une tribune, la mise en place d’une chapelle dédiée à Saint Louis. Les pèlerinages reprirent les 8 septembre et s’étirant souvent jusqu’à la nuit.

La période s’inscrivait dans un mouvement de restriction important, marquée par l’intransigeance de l’Église catholique face à ses fidèles. Interdis les faux pas ou les débordements!

À Foix les histoires de mœurs furent tour à tour sanctionnées. En 1628 on dénonce 20 couples concubinaires en ville. François Traversier dut renoncer à sa servante Anne et l’abbé de Caulet traqua 10 ans durant un certain Antoine, qui dut s’éloigner de sa douce Françoise Orliac. Tous deux furent excommuniés! Lourde peine pour une vie d’Homme.

Le siècle qui suivit fut porteur de misères pour la petite chapelle. En 1791 l’église est vendue pour 16 000 livres à Jean Traversier, citoyen de Foix. Cloche et vases furent transportés à l’hôtel de la Monnaie à Toulouse et plus aucune messe ne devait être célébrée dans la chapelle.

Cependant, le nouveau propriétaire autorisait officieusement les prêtres à venir dire la messe, la nuit de préférence. Il fut dénoncé et l’on mit l’église sous clé! Le citoyen Traversier, s’offusqua et mentionna qu’elle n’était plus qu’une grange et que jamais elle n’avait été ouverte! Mais peu importe, la justice Républicaine trancha et l’on somma l’agent de ville Amardel de la surveiller et de l’ouvrir de temps en temps.

Cinquante ans plus tard, le domaine fut vendu à monsieur Loze-Madière, libraire et à son beau-frère Paul Roque, boucher, tous deux fuxéens. En ville, on jugeait que l’École Normale de garçons, ouverte en 1835 était insuffisante et le département acheta alors le domaine de Montgauzy pour l’y installer.

En 1845 on inaugurait l’École Normale réservée aux garçons. Par voie de conséquence, la chapelle bénie fut ré-ouverte au public en 1853. Un beau portail de type gothique ornait la façade occidentale et l’abside reçue des peintures évoquant Notre-Dame et les anges.

Cette période glorieuse profita à tous et tout particulièrement au jeune Gabriel Fauré, qui avait suivi son père devenu directeur de l’École Normale en 1849. L’harmonium sur lequel il fit ses premières gammes est encore installé sur la tribune de la chapelle.

La chapelle ferma ses portes en 1883 quand on supprima l’aumônerie religieuse de l’école. Le mobilier dispersé fut vendu.

Enfin, il faut attendre les années 1943 pour que l’archiprêtre Rouan, la rende au culte.

C’est ainsi qu’une foule immense accompagna la venue d’une nouvelle statue de la Vierge. Signée de M. Saurat de Montels, elle représente l’Enfant Jésus portant une miniature du château de Foix. Cette statue rappelle que Notre-Dame, bon gré mal gré, depuis le «mont de la joie» veille sur la ville et son château.

Sources: ADA, Adelin Moulis, Gazette de l’Ariège, 1984.

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Mélanie SAVES, guide conférencière propose toute l’année des visites guidées sur le département de l’Ariège. Ses «petites histoires de l’Ariège» parlent aux curieux d’ici et à ceux de passage. Un détail jamais vu, un paysage ou un monument observé mille fois, voici matière à contempler et à apprécier ensemble. C’est le mélange de lieux insolites, de sites qui parlent d’eux-mêmes, d’histoires glanées d’une bouche à l’oreille, et d’anecdotes trouvées dans les tiroirs sans fonds des archives départementales, qui fournissent la matière première à ses chroniques. Juste pour la joie de revisiter des lieux connus ou de raconter de nouvelles aventures. Ambassadeur ou touriste, visiter l’Ariège, ce n’est que du plaisir!

Mélanie Savès | 02/10/2015 - 18:52 | Lu: 1905 fois