Mirepoix: la rentrée littéraire de Catherine Moguilevitch

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Cinq-cent quatre-vint neuf livres vont faire la rentrée littéraire de septembre 2015. Des livres et des auteurs (beaucoup de femmes cette année) qui sont très attendus par les lecteurs et la presse littéraire.

A Mirepoix, Catherine Moguilevitch de la librairie des Couverts nous fait partager ses découvertes, ses coups de cœur.

Journaliste secrétaire de rédaction à la République du Centre (son dernier poste), Catherine Moguilevitch, décidait voici 5 ans et après 25 ans de journalisme, de s’installer libraire à Mirepoix, une ville qu’elle connaissait bien pour y avoir passé de nombreuses vacances.

Les livres: une passion jamais assouvie pour une libraire toujours en quête d’horizons nouveaux, de découvertes enrichissantes et qui vous parle avec passion de ses derniers coups de cœur...
Les coups de cœur de Catherine
«Profession du père», Sorj Chalandon, Grasset, 318 pages, 19 euros

Émile est un enfant tyrannisé par un père violent et dément. Un père qui se dit tour à tour parachutiste, pasteur, résistant et compagnon du général de Gaulle, donc que mettre dans la case profession du père au collège?

En se disant agent secret, le père va entraîner le fils dans ses délires et va l’entraîner pour tuer de Gaulle. Affabulations, violences psychologiques et physiques, absence de protection maternelle, Émile n’a qu’une seule échappatoire le dessin.

Les histoires paternelles vont faire d’Émile un enfant solitaire vivant entouré de mensonges, jusqu’au jour où ses parents déménagent, le laissant à la rue.

«Un livre magnifique, intimiste, émouvant qui ne tombe jamais dans les lieux communs. Une enfance démente et bouleversante».

«Délivrances», Toni Morrison, Christian Bourgois, 200 pages, 18 euros

Dans son onzième livre, Toni Morrison traque les apparences et les non-dits. La petite Lula Ann est née noire beaucoup trop noire et ni sa mère ni son père ne l’acceptent.

Elle devient Bride une femme superbe qui a réussi et pourtant elle n’arrive pas à se défaire de son passé, de la personnalité factice qu’elle s’est créée. Et pourtant elle suivra la route de la délivrance.

«La puissance narrative du prix Nobel de littérature vous transporte dans un monde noir mais en laissant la porte largement ouverte à l’espoir et à la sérénité».

«2084», Boualem Sansal, Gallimard, 288 pages, 19,50 euros

L’Abistan est l’empire du prophète Abi délégué de Yölah sur terre. Un monde «parfait» où toute pensée personnelle est interdite, où la soumission à Abi et Yölah est la seule possibilité.

Et pourtant, Ati doute et ce doute va le conduire à la rencontre des puissants, qui pour être des serviteurs de Yölah, n’en sont pas moins des hommes envieux, corrompus qui se battent pour le pouvoir.

«Après le Village de l’Allemand, Boualem Sansal nous livre un récit à la fois terrifiant et goguenard. Malgré un thème très inquiétant, ce récit reste ouvert à la réflexion et à un certain optimisme».

«La dernière nuit du Raïs», Yasmina Khadra, Julliard 207 pages, 18 euros.

À travers, les dernières heures de Kadhafi, Kadra brosse un portrait sans concessions, des tyrans mégalomanes.

Le Guide va mourir, tous ceux qui l’entourent encore le savent, mais il reste sûr de lui, pas de doute sur sa légende, il est la légende.

Quelques retours en arrière éclairent le lecteur sur cette personnalité délirante qui jusqu’à son dernier souffle sera persuadé d’avoir raison.

«Un grand Khadra dans la lignée de l’Equation africaine».
Les livres de poche
«Pas pleurer», Lydie Salvayre, Points 7,30 euros

Prix Goncourt 2014, Lydie Salvayre nous raconte avec tendresse la vie de sa mère réfugiée espagnole.

L’auteur met en parallèle la langue maternelle, un français entrecoupé d’expressions espagnoles qui parle du quotidien pendant l’été 36 en Espagne et celle de Georges Bernanos dans «les Grands Cimetières sous la lune».

«Une réussite qui rappellera avec tendresse à tous les enfants, petits-enfants d’émigrés, les mots différents de leurs parents».

«Terminus radieux», Antoine Volodine, Points, 8,60 euros

Tout s’effondre dans la deuxième Union soviétique. Les héros, des déserteurs, se retrouvent dans les territoires irradiés par les accidents nucléaires, où se trouve le Terminus radieux, un kolkhoze dirigé par des personnages hors normes, et c’est peu de le dire, dont un nécromancien immortel.

«Des aventures étonnantes, une odyssée cynique et désastreuse, pimentée par l’humour de l’auteur»
    
«Caché dans la maison des fous», Didier Daeninckx, édition Bruno Doucey, 118 pages 14,50 euros

Une jeune résistante, Denise Glaser, vient se cacher dans l’asile de fous de Saint-Alban en Lozère, en 1943. Elle y rencontrera Paul Eluard, mais sera aussi confrontée à tous les problèmes des hôpitaux psychiatriques pendant la guerre, pénurie de vivres, de médicaments, etc.

«Un livre magnifique où normalité et folie se côtoient dans une ambiance poétique».

«L’Homme qui savait la langue des serpents», Andrus Kivirâhk Le Tripode, 470 pages 13,90 euros

Dans une Estonie imaginaire du premier millénaire, deux mondes vont s’opposer, celui des forêts, des ancêtres qui vivent en étroite communion avec la nature et celui de la civilisation, du village, des règles religieuses.

«Un récit épique et truculent, où l’imagination tient la plus grande place».

«Une Forêt profonde et bleue», Marc Graciano, édition José Corti, 204 pages, 20 euros

La jeune femme qui conduit une troupe de chevaliers est magnifique. Ils sont invincibles, sûrement tout droit sortis d’un château magique. Mais, très vite la cruauté des hommes fait tout basculer.

Il ne faut pas en raconter plus sous peine de déflorer toute l’histoire.

«L’auteur nous la raconte avec de très courts chapitres faits d’une seule phrase. Et pourtant tout coule facilement. Un livre très étonnant à aimer ou à détester».

«La Renarde», Marine Blandin et Sébastien Chrisostome, édition du professeur Cyclope, 16 euros

Bande dessinée déjantée pour adultes, la Renarde met en scène, une renarde perverse et manipulatrice, entre autres, un chien, gardien de poulailler, berger, etc., pas au mieux de ses capacités (pour rester polie), un loup à trois pattes, une lapine et ses nombreuses portées,...

«Une histoire par page, un régal d’humour et de cynisme, on en redemande».

Pour retrouver Catherine Moguilevitch,
Librairie des Couverts,
7 place du Maréchal Leclerc, Mirepoix.
05.61.67.56.86.

NR | 31/08/2015 - 19:01 | Lu: 6986 fois