Henri Nayrou: «nous devons tous apporter à l'Ariège»

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Lundi, le président du Conseil Départemental de l’Ariège a donc fait sa rentrée politique à l’occasion d’une conférence de presse organisée dans les salons de l’Hôtel du Département, à Foix.

Outre les thèmes de la restauration scolaire et des haut et très haut débits (lire notre article du 07/09/15), Henri Nayrou a effectué un tour d’horizon d’un certain nombre de dossiers ouverts au sein de la collectivité.

Des sujets politiques aux préoccupations plus politiciennes, au gré des questions, il a livré sa vision de l’actualité ariégeoise.

Gouvernance: Je suis ma route, immuable
Henri Nayrou est ainsi revenu sur les cinq premiers de fonctionnement de l’assemblée départementale dans sa nouvelle composition. «Je suis ma route, immuable, tracée les 4 novembre et 2 avril* : j’ai proposé la présidence de la commission des Finances à l’opposition, j’ai tenu à passer la commission permanente à 13 membres (contre 9 précédemment) afin que tous les cantons du département soient représentés.

Depuis, nous avons remis à plat l’ensemble du dispositif d’aide aux collectivités, le FDAL, qui a fait objet d’une instruction par les services, avant un examen par les élus en commission, puis d’un vote en Commission Permanente.

Le fonds départemental de la vie associative suivra la même voie dans quelques jours, de même que le fonds départemental de la TP après lui. C’est ça, la transparence
», affirme-t-il.

Dans le même ordre d’idée, l’élu évoque la tenue d’une réunion du conseil départemental à huis clos, avec juste les 26 représentants des cantons ariégeois, majorité et opposition rassemblées en une même séance d’échange.

«Le 21 juillet dernier, sans bruit, nous avons tenu une sorte de conseil départemental sans contrainte d’ordre du jour et sans décision à prendre. Il s’agissait d’échanger sur l’avenir du département. C’était une première et ce ne sera pas la dernière.

L’exercice était nouveau pour tout le monde. Chacun a eu l’occasion d’évoquer ses attentes, ses espoirs, ses idées. C’était le but. Moi, je ne prétends pas tout savoir ni tout diriger. Nous devons tous apporter à l’Ariège
»

Autorisations d’urbanisme: Le rôle de grand-frère du Conseil Départemental
Apporter à l’Ariège, telle est l’idée sous-jacente de la mise en œuvre au mois de juillet du nouveau service d’instruction des autorisations d’urbanisme (SDIAU), au contact des communes 82 communes ariégeoises auprès desquelles la préfecture n’est plus en mesure d’assurer l’accompagnement des dossiers d’instruction du droit des sols.

«77 communes ont fait le choix d’adhérer, 5 ont préféré instruire elles-mêmes ces dossiers d’urbanisme. C’est le cas de Pamiers, Foix, Montgailhard, Brassac et Crampagna, précise Henri Nayrou. Je ne juge pas ce choix, chacun est libre»

Et de préciser que 210 documents d’urbanisme ont d’ores et déjà été traités par les instructeurs du SDIAU, dont 62 permis de construire et 61 certificats d’urbanisme divers.

«Ce succès témoigne parfaitement du rôle de grand-frère du Conseil Départemental, analyse le président de l’assemblée. Nous n’étions pas demandeurs, mais avons été sollicités par les maires. Je crois pouvoir dire que nous avons bien répondu à la demande»

Desserte du CHIVA: Nous avons apporté une vraie réponse positive
En matière de demande, les transports collectifs font régulièrement l’objet de sollicitations auprès de la collectivité. D’où l’instauration du dispositif des «bus à 1 €» au cœur de l’été, sur les lignes Foix/Saint-Girons et Pamiers/Tarascon.

S’il avoue qu’il est trop tôt pour dresser un bilan («Nous ne disposons pas encore de statistiques officielles, car les mois d’été ne sont pas les plus représentatifs»), Henri Nayrou évoque «des retours très positifs d’usagers. Nous en saurons plus d’ici deux mois»

Une satisfaction cependant : «Les services mis en œuvre ont d’ores et déjà un impact très important sur la desserte du Centre hospitalier du Val d’Ariège. C’était une demande récurrente à laquelle nous avons été en mesure d’apporter une vraie réponse positive»

Electrosensibilité : La CDAPH ne se prononce pas sur la nature du handicap
Dernier sujet d’actualité abordé par Henri Nayrou, celui, épineux, de l’électrosensibilité éprouvée par de plus en plus de personnes qui estiment aujourd’hui souffrir d’un handicap face à la prolifération des ondes générées par les appareils électriques et de télécommunications.

Dans notre édition du 28 août dernier, nous évoquions le cas de Marine Richard qui a choisi de se réfugier en Ariège, zone qu’elle juge encore préservée de ces agressions électriques.

Elle venait d’obtenir gain de cause devant le tribunal du contentieux de l’incapacité qui a cassé la décision de la MDPSH de l’Ariège qui n’avait pas reconnu le handicap de Marine Richard comme susceptible de lui permettre de bénéficier d’une allocation.

Le 4 août, le président du Conseil Départemental a interjeté appel de la décision du tribunal.

«La Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées ne se prononce pas sur la nature du handicap, mais sur le fait de savoir si, dans le cadre légal, la situation de la personne justifie ou non la reconnaissance du handicap.

Réglementairement, ce n’est pas le cas. La CDAPH de l’Ariège a donc bien statué sur ce point
», dit Henri Nayrou.

S’il se dit conscient des difficultés et des souffrances rencontrées par ces personnes qualifiées d’hypersensibles aux ondes, l’élu départemental discerne déjà une autre problématique.

«On va percuter très vite la demande de plus en plus croissante de couvrir le territoire par ce que j’appellerai des ondes de sécurité, ces ondes qui permettent l’organisation et l’intervention rapide de secours dans des zones de montagne telles que celles que nous connaissons bien»

*Le 4 novembre 2014, Henri Nayrou était élu président du Conseil Général, suite à la démission de son prédécesseur Augustin Bonrepaux. Le 2 avril 2015, il était élu président du Conseil Départemental, suite aux élections cantonales.

PH | 08/09/2015 - 20:10 | Lu: 12505 fois