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Pamiers d'hier et d'aujourd'hui: La grève de 1905 à l'usine de Pamiers
19/04/2011 | 20:08

Rien ne va plus à l’usine au début du vingtième siècle.

Elle doit faire face à de nombreux problèmes.

Depuis 1901, les actionnaires de la société ne touchent plus de dividendes, les actions passent en 1903-1904 de 500 à 250 francs.

Les salaires des 1150 ouvriers vont subir une baisse de 10 %, une réduction qui devait permettre à la Société Métallurgique de rétablir sa situation financière et d’acheter de nouveaux outils pour augmenter la production.

Le résultat ne se fait pas attendre, les ouvriers se mettent en grève.

Conscients des difficultés, ils demandent une baisse de salaire de 5 % et non de 10%.

Un accord intervient sur cette base.

La grève ne durera que 24 heures.

Quelques années plus tard, en mars 1904, ce sont les ouvriers puddleurs, les plus défavorisés qui souhaitent une augmentation.

Il est question de fermer leur atelier.

Les nouvelles technologies, l’électricité et le nouveau procédé Martin condamnent les anciennes machines à vapeur et le procédé du puddlage.

La direction de l’usine s’y oppose.

Les ouvriers iront alors voir le maire, le docteur Eugène Soula, et le sous-préfet.

Les bas salaires, ceux n’excédant pas 4 F, seront relevés de 5 %.

A l’aciérie, les deux fours Martin de 12 tonnes fonctionnent mal.

L’acier produit par le four de 3.5 tonnes revient trop cher.

Le prix de l’acier fourni par l’usine appaméenne n’est pas du tout compétitif, il est beaucoup trop élevé par rapport aux usines du Nord.

Les ateliers manquent de matériel performant.

En juin 1904, une meule à affiner de 4 mètres de diamètre vole en éclats.

Les meuleurs se mettent en grève à leur tour.

Ils ne sont pas entendus.

Certains quitteront l’usine pour repartir travailler la terre.

Le syndicat CGT est créé en décembre 1904. Le 1er mai 1905 sera journée chômée.

Près de 200 syndiqués, affiliés à la CGT par la voie de la Fédération des Métaux, parcourent les rues de Pamiers ce jour là, brandissant leurs bannières de couleur rouge barrées de l’inscription «Chambre Syndicale des ouvriers métallurgistes et parties similaires de Pamiers»

Les ouvriers pilonniers syndiqués déclencheront la grève le 5 juillet 1905, demandant une augmentation de salaire.

La Direction n’accordera que 25 centimes de plus aux ouvriers ne touchant pas plus de 2,50 F.

Ces derniers refuseront et poursuivront la grève.

Deux tentatives de conciliation échoueront.

La Direction multipliera les brimades et les pressions.

Le directeur, M. Brion sera remplacé par M. Janvier.

Le syndicat interviendra à nouveau lorsque le nouveau directeur annoncera que le personnel en grève ne fait plus partie de l’usine.

La grève se poursuivra.

Le 1er octobre une autre tentative de conciliation échoue.

La direction propose une augmentation sur les salaires de trente centimes aux frappeurs, pilonniers et aides, vingt centimes aux surveillants, dix centimes aux chauffeurs.

Le syndicat refuse revendiquant 50 centimes pour tout le monde. Les jours passent, et les ouvriers finissent par se lasser de la situation.

Le 30 octobre une nouvelle tentative de conciliation est faite auprès de la direction.

Les propositions du 1er octobre sont acceptées, et les ouvriers sont désormais payés à la production plutôt qu’à la journée.

Pendant toute cette période, les ouvriers de l’usine auront toujours le soutien de la population.

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auteur: PR | publié le: 19/04/2011 | 20:08 | Lu: 8160 fois