Beaucoup d’automobilistes passent devant les restes du camp de concentration du Vernet d’Ariège sans le savoir...
Il ne reste que les deux poteaux d’entrée du camp, un cimetière où sont enterrés des hommes du monde entier, et la gare (d’où débarquèrent les espagnols en exil, des membres des brigades internationales, et d’où repartirent des trains vers la déportation).
C’est là, où les champs de céréales ont repris leur place, qu’il y avait un immense camp de concentration spécialement conçu pour les étrangers, de 1939 à 1944.
Il faut imaginer 50 hectares de baraques entourées de barbelés, 200 prisonniers entassés dans chaque bâtiment, des conditions de survie, d’hygiène, d’alimentation déplorables.
Avant la guerre, le camp a interné des soldats de l’armée républicaine espagnole fuyant le franquisme. Puis, il devient un camp répressif pour étrangers «suspects», jugés «indésirables, dangereux pour la défense nationale»
Jusqu’à 15 000 personnes s’y sont entassées, soit en gros, la population de Pamiers.
En 1940, on y dénombre 5000 internés de 60 nationalités différentes. Comme beaucoup d’autres camps français, celui du Vernet servira aussi d’antichambre à la déportation vers Auschwitz et Dachau.
Il reste de tout cela: de saisissantes photos des internés, un cimetière international émouvant où reposent ceux qui ne sont pas sortis du camp, et de magnifiques carnets de dessin qui ont traversé l’histoire. Sans oublier bien sûr, la mémoire et le travail fait par l’amicale du camp, animée par des enfants d’internés.
Tout ça pour ne pas oublier une histoire assez méconnue en Ariège, qu’il est temps de redécouvrir lors de la 8édition de la nuit des musées le 19 mai.
Pour cela le musée ouvre ses portes dès 17h (et fête ses 24 ans d’existence par la même occasion).
Au programme: présentation du camp de concentration du Vernet d’Ariège à travers la lecture d’un carnet de dessins réalisé dans le camp, puis débat, et à 19h: apéritif suivi d’une auberge espagnole et un spectacle à 21h.
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