Le célèbre groupe couserannais fête cette année trois anniversaires: les 80 ans de l’association, les 40 ans de la reconstitution du Haut Bois du Couserans et les 20 ans de RITE, festival de danses et musiques du monde.
Un été qui s’annonce bien chargé pour ce groupe qui remet à l’honneur les arts et traditions populaires de la vallée de Bethmale.
En effet si les habitants de cette vallée avaient l’habitude dès le début du XXe siècle de participer à des manifestations folkloriques parés de leurs habits traditionnels, c’est en 1931 que se constitue le premier groupe associatif sous l’impulsion de Mr et Mme Séguéla.
En 1961 la plupart des membres décident de reprendre un travail de fond et se recentrent sur la recherche de documents, la collecte de témoignages sur les traditions de cette vallée du Couserans.
C’est sous l’impulsion de Paulette Bouges, que la nouvelle équipe veut se démarquer de la notion de folklore, préférant davantage travailler avec les anciens de Bethmale autour d’Ernest Domenc (fils de M. Domenc Péro précurseur en 1906) ainsi qu’avec Jacques Begouën qui avait constitué une très importante collection de costumes maintenant dispersée.
Selon Philippe Bourges, actuel président de cette association, «ce travail a permis de collecter les broderies, tous les motifs du costumes Bethmalais et de constituer une vraie base documentaire pour travailler de manière fidèle à ce qui se faisait dans la culture traditionnelle à la fin des années 1870 […]
Aujourd’hui on ne se revendique pas comme un groupe de folklore ariégeois, nous voulons rompre avec cette image, nous préférons nous orienter davantage ver la culture, les arts et traditions populaires de cette vallée du Couserans»
Et c’est à priori un prisme attractif pour les jeunes (la moyenne d’âge du groupe est de trente ans) couserannais qui à travers l’ambiance qui règne chez les Bethmalais marquent leur intérêt pour la culture régionale et affichent leur fierté de représenter leur territoire lors de grandes manifestations internationales.
«Nous sommes les ambassadeurs de la région car quand on se retrouve dans un festival de danses et musiques du monde on parle aussi de notre département, de sa gastronomie»
Créé en 1991 le festival RITE, lieu de dialogue des cultures du monde, de rencontres et d’échanges autour des danses, des chants et des musiques, fête cette année son vingtième anniversaire.
Cette manifestation se déroule tous les ans au mois d’août à Saint-Girons et dans la région (chaque vallée accueille un concert éclaté) et permet de recevoir plus de trois cent artistes qui viennent d’une dizaine de pays.
Un programme qui nous invite au voyage, de la Côte d’Ivoire à la Géorgie en passant par le Val d’Aran avec un concert à Vielha, pour célébrer l’année des Pyrénées.
Enfin le travail d’enquêtes et les recherches pour recueillir la mémoire des anciens, les témoignages autour de la culture de la vallée de Bethmale et du Couserans (chants, danses, costumes, instruments de musique, us et coutumes ...).
Sauvegarder le patrimoine matériel et immatériel de cette région a également permis de reconstituer le hautbois du Couserans, un instrument traditionnel qui s’est joué jusqu’aux années 30 (François Souque dit Pigailhe le dernier joueur routinier a disparu en 1936) avant de disparaître totalement après la seconde guerre mondiale.
«En 1971 nous avons rencontré Charles Alexandre, spécialiste dans la reconstitution d’instruments traditionnels (il a reconstitué le graille, hautbois du Languedoc, la boudègue, cornemuse de la Montagne Noire) qui a travaillé à la renaissance de cet instrument et dont j’ai été l’élève en 1973» explique Philippe Bourges.
Les Bethmalais c’est aussi un costume unique, qui ne ressemble à aucun autre costume traditionnel français: les couleurs sont très vives, les broderies sont faites à l’inspiration avec des motifs particuliers… des costumes sauvés par la famille Begouën dont on peut admirer quelques exemplaires au Musée Départemental de l’Ariège à Saint Lizier mais également grâce au travail de mémoire et de collecte des Bethmalais.
«Les Bethmalaises avaient l’habitude d’acheter un châle particulier, avec des roses.
Une enquête nous a permis de déterminer sa provenance, il était fabriqué en 1740 en Alsace et diffusé par l’intermédiaire d’un comptoir à Toulouse puis par la maison Brunet à Saint Girons.
Nous sommes revenus en Alsace où nous avons fait sculpter des planches pour l’impression de ces châles»
Quant aux fameux sabots pointus, il n’existe plus actuellement qu’un seul sabotier en Vallée de Bethmale capable de perpétuer cette tradition.
Dans le cadre de ce triple anniversaire, le groupe Les Bethmalais organise une exposition à la mairie de Saint-Girons le temps du festival RITE, du 3 au 12 août 2011.
Un festival dont on peut retrouver le détail du programme sur http://www.sigilart.com/bethmalais.
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