Il en existait dans chaque quartier de la ville et elles restaient ouvertes toute la journée, très tôt le matin et tard le soir, y compris le dimanche.
Les Appaméens y faisaient leurs courses au quotidien.
On y trouvait de tout, même les derniers potins du quartier.
«Véritables cavernes d’Ali baba, l’on y trouvait de tout, non seulement des produits alimentaires, mais aussi des articles de mercerie, des spiritueux, de la confiserie, des articles divers de bazar, de ménage, articles agricoles, des sandales aussi» raconte Fernand Lavigne.
Les produits de consommation courante se vendaient au détail.
Ils n’étaient pas, comme de nos jours emballés sous plastique ou dans des cartons.
Les consommateurs venaient chercher 125 grammes de pâtes alimentaires, du vermicelle, des macaronis, livrés chez l’épicier en cartons de cinq kilos.
Un quart de café, cinq cent grammes de sucre en morceau ou en poudre un demi-litre de vin, un demi-litre d’huile, 50 ou 100 grammes d’olives, livrées en fût de 50 kilos, les légumes secs, haricots, lentilles, pois cassés, riz qui arrivaient en sacs de 50 kilos, de même que les produits destinés au bétail.
Au détail, aussi durant la Semaine Sainte précédent Pâques, le thon à l’huile en boîte de 5 kilos, que l’on venait acheter par 100 grammes en portant l’emballage, une assiette ou un bol, avec en surplus un peu d’huile.
Il en était de même pour les sardines à l’huile de la marque Chancerelle arrivant en boîte d’un kilo.
Elles étaient achetées par une ou deux.
Toutes ces denrées étaient pesées sur une balance à deux plateaux en cuivre, avec une série de poids de 2 kilos à 20 grammes avec une précision approximative»
Il arrivait souvent que l’épicier fasse crédit à son client qui ne pouvait régler la note qu’à la fin du mois avec la paye.
C’était comme ça et cela ne posait pas de problèmes.
Il existait un esprit d’entraide et de confiance.
C’était le temps où tout le monde se connaissait.
Au Pont Neuf, à Lestang, à Loumet, à Ste Hélène, au centre-ville, place de la république, rue Major (aujourd’hui rue Gabriel Péri), chaque quartier avait son épicerie.
Rue de la République, «Félix Potin» Marrast, accueillait une clientèle au niveau social plus élevé, qui proposait des produits plus raffinés à un coût plus élevé.
Celle de l’angle de la Rue Victor Hugo et des Jacobins était tenue par Frédéric Doumenc.
Il était réputé pour casser les prix.
Il faisait annoncer ses promotions par le tambour de la ville.
Après la seconde guerre mondiale, le commerce de détail changea d’état d’esprit et le déclin s’amorça lentement mais sûrement pour en arriver à la disparition progressive de petites épiceries de quartier.
Et lorsqu’un petit commerce fermait, c’était un peu l’âme du quartier qui disparaissait peu à peu.
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