La presse écrite locale il y a quelques décennies relatait en détail des animations organisées dans les communes.
Le journaliste prenait le temps et la place dans les colonnes de raconter des évènements, des animations avec une belle plume brillamment et savamment utilisée rapportant des expressions aujourd’hui désuètes mais qui gardent tout leur charme d’antan.
Il en est une parmi tant d’autres qui se déroula un soir de juillet 1959 au Théâtre municipal à l’occasion d’un «radio crochet» avec à l’accompagnement musical Ernestito-Jazz, un orchestre dont les Appaméens se souviennent encore.
Le public était venu en nombre encouragé les douze participants.
Le treizième ne monta sur scène que pour gagner un pari de 3 000 francs fait avec ses camarades.
C’était René Rabet, qui chanta d’ailleurs avec brio et talent «Le Gondolier»
«La première concurrente fut Charlotte Veillon qui eut un peu peur et dut recommencer «Chaou, chaou Bambino» qu’elle termina dans l’émoi, malgré sa jolie voix.
Avec Christian Zaplana, ce fut un genre très différent et «pour faire du Jazz» souleva les bravos de l’assistance.
Vraiment, le micro ne l’avantage pas et nous l’avons entendu obtenir de meilleurs résultats sans cet artifice.
Convenons que la sonorisation était loin d’être parfaite et que les conséquences d’un mauvais réglage furent valables pour tous les chanteurs.
«La chanson de l’Europe» chantée par Robert Marty, au visage impassible, fit apprécier sa belle voix.
Dommage, son immobilité et le triturage de sa veste par des mains embarrassées.
La forte corpulence d’Henri Cabanié, habitué des radio-crochets, souleva les bravos dès son apparition.
«Fais ta prière Tom Dooley» était sa nouvelle chanson, qu’il avait particulièrement bien étudiée.
Viviane Pujade, alliant parfaitement le geste à la parole, fut une excellente «Danseuse de Charleston» et sa prestance sur scène son naturel sont dignes d’éloges.
Jean Serre, qui s’était muni d’un chapeau pour se produire dans «Bambino» dès le départ se trouva handicapé par un enrouement.
Victime sans doute de trop nombreuses répétitions, il eut le succès d’un garçon sympathique et nous le félicitons de sa bonne volonté, persuadés qu’il peut mieux faire lorsqu’il a la voix claier.
Fernand Alezina avait choisi «La Lune se promène»
Quant à la toute jeune Rose-Marie Vila, avec «Che sera, sera», elle remporta un gros succès qui lui valut de nombreux applaudissements.
Elle était très mignonne dans sa jolie robe blanche.
Réveils, trompettes lançaient leurs sonneries de temps à autre, mais les concurrents savaient qu’ils avaient, face à eux, des amis, et tout se passa, en définitive, très bien.
Ce fut ensuite René Eychenne qui interpréta «Si tu vas à Rio»
Gilbert Gil qui chanta «Le Gitan», et enfin, le petit bout de chou André Alvarez très mignon et non intimidé qui lançait à tous les coins «Sur les bords de l’Isère»...
Pour clôturer la série des concurrents, Mme Lequeue emporta beaucoup de suffrages avec «Idylle foraine» et ce fut, en définitive, elle qui remporta le premier prix.
Rose Marie Vila se classa deuxième, suivie de Henri Cabanié.
Le public manifesta quelques avis contraires, mais aurait-il même pensé comme le jury qu’il aurait éprouvé le besoin de réagir...
Pour finir cette soirée de distractions agréables, le chanteur espagnol José Garcia se produisit dans son tour de chant, qui fut particulièrement apprécié.
Et c’est sur cette note agréable que la plus belle des nuits fut souhaitée au nombreux public»
Un compte rendu qui a dû rester dans les mémoires appaméennes certainement et qu’il fait bon de redécouvrir.
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