Ce matin a eu lieu à la préfecture de Foix la traditionnelle réunion de classement des objets mobiliers, en présence de Catherine Gaich, conservateur régional des Monuments historiques, Hélène de Kergariou, architecte des Bâtiments de France, Claude Aliquot, conservateur des AOA, et de nombreux spécialistes locaux.
Une réunion présidée par Michel Laborie, secrétaire général de la Préfecture, qui en guise de préambule a réaffirmé la position de l’Etat de protéger ce patrimoine exemplaire: «les objets mobiliers sont des trésors historiques et culturels, ils illustrent les racines de l’Ariège.
Leur mise en valeur a vocation à permettre aux jeunes générations de voir qu’elle est leur histoire et de développer sur le territoire une forme de tourisme, le tourisme culturel […]
Cette réunion annuelle permet de protéger les plus représentatifs en assurant leur inscription et pour les plus remarquables, un classement au titre de monument historique»
Après avoir rencontré les différentes associations cultuelles du département, Danielle Neirinck, Présidente de la Société Historique et Archéologique de Pamiers, et Claude Aliquot on réalisé un inventaire exhaustif du mobilier protestant conservé en Basse Ariège, berceau de la religion réformée.
Un travail considérable qui aura permis de dégager de véritables ensembles mobiliers ou d’objets cultuels à protéger: bancs d’œuvres, sièges offerts par les familles, chaires pastorales, baptistères mais également orfèvrerie (coupes de scène, calices).
Les représentants de la DRAC, Catherine Gaich à leur tête, ont souligné la spécificité de cet ensemble ariégeois dont on ne retrouve traces similaires qu’en Alsace: «parallèlement, devrait être pris en compte le patrimoine immobilier, les temples devraient également faire l’objet d’une protection et les activités liées au culte comme les maîtres-verriers à Gabre afin de contribuer à la valorisation de ce territoire…
Il faut inciter les particuliers à faire protéger les témoignages de ces activités là»
Michel Laborie a rappelé que la signature de l’arrêté d’inscription n’était pas une fin en soi, les élus doivent être sensibilisés, tant au niveau de la restauration de ces objets que de leur conservation (mesures de sauvegarde) ou de leur mise en valeur.
Ce sujet pourrait être évoqué prochainement en réunion avec l’association des élus de l’Ariège.
Parmi les objets présentés en commission, un très bel échantillon d’orfèvrerie catholique cette fois, provenant du Couserans, du Quérigut et de Basse Ariège.
Des pièces d’anciens régimes qui seront présentées en commission nationale de classement dans les deux ans à venir.
Là encore Michel Laborie a demandé de sensibiliser les élus et les associations propriétaires à la mise en sécurité de ces objets précieux et donc très convoités car à forte valeur marchande: «il faut les mettre au coffre !»
Enfin parmi les objets remarquables passés en commission, un chapiteau de l’Abbaye de Boulbonne daté du début du XIVe siècle (1305-1315).
Cette pièce monumentale a été donnée par la famille Ginabat à la mairie de Mazères.
Sur ce chapiteau, les armoiries de Gaston 1er de Foix et de Jeanne d’Artois son épouse, ainsi qu’un blason non encore identifié (peut-être celui de l’abbé de l’époque).
Catherine Gaich a rappelé la priorité de protéger et d’étudier ces objets des abbayes disparues. «Nous avons ici une pièce exceptionnelle tant au niveau stylistique qu’historique»
Ce chapiteau devrait bientôt rejoindre les collections de l’hôtel d’Ardoin à Mazères pour être présenté au public.
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