L’animation proposée par le Pays d’art et d’histoire des Pyrénées Cathares à Limbrassac le 10 novembre 2012 a accueilli plus de cinquante personnes.
C’est dans une église en pleine restauration que le public a pu s’installer.
Le conférencier, Stéphane Bourdoncle est professeur d’histoire et d’occitan au lycée de Mirepoix et d’occitan à Foix. Il est aussi doctorant en histoire et historien de la langue occitane.
Il a proposé un très beau voyage à travers les mots. Il a démarré sur une rapide présentation de la toponymie. L’étude des noms de lieux utilise l’histoire et la linguistique.
Elle s’appuie sur les archives et enquêtes. Il a mis en garde le public car il faut de la méfiance, ne pas se laisser entraîner par les faux amis et de l’humilité.
Ce que l’on ne trouve pas soi, d’autres le trouveront plus tard. Les noms de lieux désignent un endroit en fonction d’une caractéristique particulière. Cela permet des informations sur l’histoire.
Cela reflète aussi une histoire des langues: le français et l’occitan. Le conférencier a présenté des cartes pour situer l’espace géographique de l’occitan, ses différentes formes.
A Limbrassac, c’est l’occitan dit bas fuxéen. Stéphane Bourdoncle a repéré sur les plans anciens, dont le cadastre dit napoléonien, plus de trois cent cinquante noms de lieux différents sur la commune.
Il a proposé au public un florilège de ces 350 noms. Il a organisé sa présentation en grandes catégories qui sont celles de la toponymie.
Il a commencé par présenter les noms de lieux qui ont un rapport avec le relief: Sarrat del maine, coumo, plagnol de la croux, camp de devant…
Il a poursuivi avec les noms liés à l’eau: Rec de fountanie, fount del roc, La béna…
Il a donné la signification, évidente pour certains mots, moins pour d’autres. En effet, la compréhension des mots a évolué et leur orthographe aussi, sous l’influence notamment de la francisation.
Il y a des mots qui reflètent les lieux habités comme le barry (faubourg), mounichou (hameau) ou les voies de communication comme carrerasses (grosses rues)…
Les hommes ont aussi laissé leurs noms et leurs activités dans le paysage. On trouve ainsi camp de Jeannette (champ de Jeannette), carboniero (charbonnier)…
Les toponymes reflètent la biodiversité car ils reprennent aussi les noms d’animaux, les noms de plantes… Leur étude donne la représentation que les hommes se faisaient de leur environnement.
Les mentions de champs sont très nombreuses ce qui nous entraîne au coeur d’une société rurale.
Le public constitué pour moitié des habitants de la commune a été ravi de cette approche différente de l’histoire des villages.
Le rendez-vous fixé à 17h30 a laissé place à la soirée, repas avec les habitants et concert organisé par la municipalité avec le groupe Aigarela qui interprète des chants traditionnels polyphoniques occitans.
Source: Pays d’art et d’histoire des Pyrénées Cathares
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