C’est un métier qui se fait doucement une place dans le milieu hospitalier.
Depuis 2009, Sandrine Sanchez, 37 ans, intervient deux fois par semaine auprès des patients de cancérologie au Chiva.
Il s’agit là de beauté et de relaxation pour femmes et hommes opérés pour un cancer ou en séance de chimiothérapie. Des sessions gratuites pour tous les patients qui en font la demande dans ce service.
Vendredi matin, Sandrine fait une manucure à Jacqueline. «L’image de notre corps est pas mal altérée par la maladie, c’est pour moi un important moment de détente.
Cette démarche permet de prendre soin de son corps et de son image pour accompagner et traverser la maladie» estime cette dame en pleine chimiothérapie.
Diplômée en esthétique depuis 16 ans, Sandrine jongle entre son salon de beauté à Saint-Jean-du-Falga et ses interventions au Chiva. «Mon travail ne consiste pas juste à les rendre beau, c’est surtout un moment de confort» précise-t-elle.
Des soins pour apaiser les effets de la chimiothérapie
Ce n’est pas un hasard si Sandrine donne aujourd’hui de son temps pour cette activité.
Son histoire personnelle l’a certainement menée vers le docteur About, présidente de l’association «Demain la vie» qui est la cheville ouvrière avec la Ligue contre le cancer de ce projet.
Car c’est bien le système associatif qui finance cette activité et l’hôpital qui accepte que la praticienne exerce dans ses locaux.
«Mes deux parents ont eu un cancer, malheureusement mon père en est décédé. Je me suis dit que j’aurais bien aimé qu’on s’occupe d’eux. Alors j’y trouve une satisfaction évidente de philosophie de vie.
C’est très enrichissant car c’est vraiment très humain comme travail. Il y a un échange qui se fait sous une forme très naturelle» confie la trentenaire.
Pourtant, ce nouveau métier exige certaines connaissances et capacités très différentes du travail en institut de beauté.
Sandrine a ainsi réalisé deux formations à Paris et Marseille lors desquelles on lui a appris les différents types de chimiothérapie et les effets secondaires qu’ils provoquent chez le patient.
Pour chaque cas, un protocole précis est à mettre en place. Elle apprend ainsi le travail sur les ongles, sur la peau, les maquillages correcteurs. Elle donne des conseils d’hygiène ou apprend aux patientes à savoir nouer un foulard, à redessiner une ligne de sourcil etc. «En bref, tout ce qui est en rapport avec les effets de la chimiothérapie»
Comme à tous professionnels de santé, il est important pour la jeune femme de marquer une certaine distance émotionnelle avec les patients. «Le plus dur, c’est l’attachement.
On tente d’être détaché et de faire la part des choses. Mais je pense qu’il faut vraiment exercer cette profession avec tout son cœur sinon ce n’est pas possible. Au début, ça m’a renvoyé à mon histoire personnelle, je me suis demandée si j’en étais bien capable mais c’est juste un cap à passer»
Sandrine Sanchez est la seule onco-esthéticienne en Ariège. En Midi-Pyrénées, on compte moins de 20 praticiennes que ce soit des onco-esthéticiennes ou des socio-esthéticiennes qui effectuent le même travail mais pour tous les services d’un hôpital.
Dernier chiffre: en 2012, Sandrine a réalisé le suivi de 216 patients en cancérologie au Chiva.
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