Le centre universitaire de Foix: «une preuve d'amour à l'enseignement supérieur»
Après la signature du contrat de plan Etat-Région 2015-2020 la délégation s’est rendue sur le campus universitaire accompagnée par Jean-Michel Minovez, président de l’université Toulouse II Jean-Jaurès et Hélène Bernard, rectrice d’Académie, chancelière des Universités pour inaugurer la rénovation et la création de nouveaux locaux financés par le dernier CPER 2007-2013.
Le montant de l’opération s’élève à 3,106 millions d’euros*.
Le centre universitaire Robert Naudi a aujourd’hui vingt-trois ans d’existence et sa création doit être replacée dans son histoire, une histoire assez singulière.
Au début des années 90, l’université Toulouse II Le Mirail aux effectifs en forte croissance commence à réfléchir en lien avec les collectivités territoriales à la nouvelle manière d’organiser sa présence en Région et envisage de décentraliser une partie de ses formations dans quelques sites de Midi-Pyrénées (Foix, Montauban, Rodez...).
La stratégie pour le site de Foix qui accueille déjà l’IUFM (aujourd’hui École Supérieure du Professorat et de l’Éducation) est de délocaliser des formations ciblées dans des domaines particuliers, en écho avec le territoire: Rodez, le patrimoine, Foix le domaine du tourisme et de la montagne.
Grâce à un soutien et une coopération continus entre l’université, le conseil départemental et les différentes collectivités (Foix, conseil régional) le département de géographie s’implante en 1991 puis le CETIA en 1997, aujourd’hui ISTHIA, et peu à peu l’antenne universitaire se déploie grâce au soutien de l’ADUA (association pour le développement universitaire de l’Ariège), l’association qui en fédère les différents partenaires associés au fonctionnement de ce centre universitaire.
À la rentrée 2015 il compte plus de 300 étudiants.
Création d’un pôle recherche et d’une nouvelle licence
Au moment des discours, Jean-Michel Minovez, président de l’Université Toulouse II Jean-Jaurès a rappelé toute les étapes de la création du centre universitaire de Foix: «il offre des formations pensées de manière cohérente avec une véritable vie étudiante.
Mais il manquait un troisième pilier à cet établissement, celui de la recherche. Ce sera désormais possible grâce au projet CIMES (centre international des montagnes du sud) qui va prendre son assise à Foix, à l’université de Toulouse II.
L’expertise des territoires de montagne de ce site impose la mise en place d’une telle structure répondant aux problématiques de développement durable des montagnes, ceci grâce à l’entente des différents partenaires, notamment le soutien du conseil départemental qui mobilise d’importants moyens pour le fonctionnement des formations, dont une aide financière annuelle de plus de 200 000€.»
L’objectif des gestionnaires de la structure est d’atteindre le cap des 500 étudiants. Aussi dès la rentrée prochaine, le centre universitaire sera en mesure de proposer une licence L1, L2, L3 pluridisciplinaire mention Humanité Sciences Sociales, «une innovation pédagogique et territoriale unique sur la région» comme l’a souligné le président Minovez.
Pour Norbert Meler, prédisent de l’UDUA, la création du centre universitaire sur le site de l’école normale qui fut la sienne et qui forma pendant des décennies les hussards de la République a un symbole particulier et une connotation sociale spécifique, celle de la démocratisation de l’enseignement supérieur.
«C’est cela l’aménagement du territoire, permettre aux jeunes ariégeois qui ne pourraient pas poursuivre des études à Toulouse en raison de leur coût, d’avoir la possibilité de le faire ici à Foix.»
Et s’adressant aux étudiants venus nombreux assister à cette manifestation: «avec ses trois pôles, la géographie, le tourisme, la formation des enseignants, nous sommes en mesure de former des hommes libres et de bonnes mœurs.
L’univers vous appartient, je vous souhaite de lui donner les couleurs de la Fraternité.»
Le centre universitaire de Foix, une preuve d’amour à l’enseignement supérieur
Pour Hélène Bernard, l’histoire de l’École Normale est viscéralement liée à ce site et son attachement à la formation des jeunes est une preuve d’amour à l’enseignement supérieur: «les étudiants ont ici de très bons résultats, nous avons aussi un taux important de boursiers, ce sont des jeunes qui ont des talents, mais pas forcement les moyens de les financer.»
Revenant sur la formation des maitres (les IUFM ont été remplacés par les ESPE), la rectrice a indiqué qu’il n’était pas question «de vider ce centre de formation de ses professeurs stagiaires.
Cependant il faut pouvoir envisager en fonction de la démographie scolaire liée à la carte scolaire organiser une solidarité entre Toulouse et les sites comme celui de Foix. Il faut innover je m’engage à trouver des solutions. Parmi elles le développement de la formation continue des professeurs.»
Délocaliser des formations ciblées pour décentraliser l'enseignement
Henri Nayrou, président du conseil départemental a salué le développement de ce site et il a remercié Frédéric Dedieu, directeur de l’ADUA qui va quitter son poste pour le centre de gestion, pour avoir assuré le bon fonctionnement et le développement du centre universitaire.
«Le département porte dans ses vœux ce projet de licence dans les Sciences Sociales et sa volonté d’accueillir 500 étudiants à Foix. Nous demandons l’inscription de ce projet dans la close de revoyure du CPER en 2017, car il faudra de nouveaux équipements pour ces nouveaux étudiants.»
Enfin il a rendu un hommage appuyé à Martin Malvy qui «depuis 1998 s’évertue à rééquilibrer les forces centrifuges de Midi-Pyrénées pour jouer l’avenir de notre département.»
Celui-ci a rappelé que dès son arrivée à la tête de la région il avait décidé la décentralisation de l’enseignement supérieur avec 10% d’étudiants hors Toulouse et 30% d’investissements hors métropole: «la nouvelle avec ses 200 000 étudiants sur 21 sites est une chance pour construire le futur.»
Un avis partagé par le préfet de région: «avec la future grande région il faudra faire vivre cet enseignement sur l’ensemble du territoire.»
*Sur les 3,106 M€ l’État prenant en charge 790 000€ pour la partie travaux et 245 000€ pour la partie équipements, la région Midi-Pyrénées 1,035 M€, le conseil département de l’Ariège 690 000€ et la ville de Foix 346 000€. Ce financement comprend la création d’une halle sportive de 550m2, l’extension de locaux pédagogiques, un bureau pour l’association des étudiants, de nouvelles possibilités d’hébergement, la création d’un pôle informatique-communication à haut débit ainsi que l’amélioration des performances énergétiques de certains bâtiments. Le conseil départemental a été maitre d’ouvrage des opérations et c’est le cabinet Rinaldi& Levade qui en a réalisé la maitrise d’œuvre.
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