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Dans la haute-vallée du Garbet, les archéologues mettent au jour les techniques élaborées au Moyen-âge pour extraire l'argent

© midinews 2013

Comment imaginer qu’entre le 12ème et le 16ème siècle, près d’un millier de personnes fourmillaient dans ce coin radieux de montagne.

A quelques kilomètres d’Aulus-les-Bains, sur la route du col d’Agnès se nichait un trésor grandement exploité par les ancêtres ariégeois. Castelminier (pour château de la mine) était en effet le site principal où étaient rassemblés puis transformés tous les minerais présents dans la vallée.

Florian Tereygeol, chargé de mission à l’institut de recherche sur les archéo-matériaux du CNRS, vient fouiller tous les ans pendant un mois depuis 10 ans. Dans son sillage, une trentaine de jeunes étudiants en archéologie et histoire viennent se gratter de près à ce chantier de fouille. Cette année se sont aussi greffées des équipes russes et allemandes. Une opération possible grâce aux financements du ministère de la Culture, une fondation allemande, la commune d’Aulus-les-Bains et la communauté de communauté d’Oust.

L’objectif est de comprendre les techniques d’exploitations anciennes. «Comment à partir d’un minerai, on a réussit à produire un lingot ?» résume Florian Tereygeol. Par quelques écrits, les chercheurs savent que près d’une tonne d’argent a pu être extraite de la montagne pendant 30 ans. Transformé en lingot, l’argent servait à faire des pièces de monnaie.

Du plomb, de l’argent et du cuivre à foison
De cette exploitation entre le 12ème et le 16ème siècle, il ne reste que quelques résidus qui permettent seulement de connaître les environs. Des indices précieux pour les archéologues.

En cette 10e année de fouilles, ils souhaitent mettre au jour les vestiges des fonderies de plomb et d’argent. Après avoir repéré la présence d’une mouline hydraulique abandonnée depuis 1570 qui servait à produire le fer, ils ont aussi trouvé une soufflerie et un marteau hydraulique pour forger les barres et les tôles qu'ils exportaient au delà de la vallée.

Tout près de l’autre côté du Garbet, trois jeunes garçons s’activent autour d’un puits de mine médiéval datant du 14ème siècle. D’une profondeur de 18 mètres pour l’instant, ils le vident de tous les encombrants.

Une fois vidé, cela permettra de développer un accès souterrain pour organiser un nouveau chantier, là encore dans l’idée de comprendre les techniques d’exploitation des mineurs au Moyen-âge. C’est là entre autre qu’étaient extraits les fameux minerais d’argent ou de cuivre. «Pour le royaume de France, il s’agissait d’une grosse mine» précise Florian Tereygeol.

Le scientifique indique qu'il faudra certainement 10 années de plus pour percer tous ces mystères.

Anne-Sophie Fontanet | 20/08/2013 - 10:29 | Lu: 29658 fois