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Isi Véléris sauvé de la déportation, revient sur son parcours au Musée du Camp du Vernet d'Ariège

© midinews 2014

Lors de la soirée-débat organisée ce samedi 22 février par l'Amicale des Anciens Internés Politiques et Résistants du camp de concentration du Vernet d'Ariège, sera évoqué le parcours d'Isi Véléris, à partir de la projection du film réalisé par Mathieu Ortlieb «Les petits cailloux blancs»

Plus qu'un simple récit de ce qu'a vécu cet enfant, les personnes présentes samedi au Musée du Camp du Vernet auront la chance de rencontrer Isi Véléris, aujourd'hui âgé de 81 ans, et d'échanger avec lui.

Son témoignage, précieux, apportera des précisions sur cet épisode sombre de l'Histoire, et lui donnera une dimension plus personnelle à travers la tragique destinée de sa mère qui dut prendre la douloureuse décision de se séparer de son fils pour lui sauver la vie, avant d'être elle-même déportée à Drancy puis à Auschwitz.

Né en 1933, Isi est le fils d'Irène et de Samuel Véléris. Irène, issue d’une famille juive de Lituanie russe, a migré en Belgique en passant par l’Allemagne. De Bruxelles, elle fuit en mai 1940 devant l’avance des troupes allemandes, avec son mari et son jeune fils, Isi.

Elle s’installe à Labarthe–Inard en Haute-Garonne, puis à Beauchalot. Après la mort de son mari, elle est assignée à résidence à Aulus-les-bains, avec son fils. Le village d’Aulus avait été choisi pour assigner des juifs à résidence à partir de mars 1941. Aulus, station thermale coincée dans les montagnes, comptait en effet de nombreux hôtels et logements vacants.

886 juifs, dont une grande majorité de ressortissants d'Europe centrale, sont assignés à résidence à Aulus-les-Bains dans des fermes, des baraques en bois et hôtels inoccupés, au motif d'être des étrangers de «race juive»

Certains réussissent à passer la frontière vers l'Espagne et Andorre.

200 personnes environ sont arrêtées par les gendarmes français lors de la rafle du 26 août 1942. Irène et son fils, Isi, sont envoyés au Casino d'Aulus, puis internés au Camp du Vernet. Irène Véléris y rencontre Rösli Näf, directrice suisse de la Colonie d’Enfants Juifs du Château de La Hille, à Montégut-Plantaurel, qui vient sauver les enfants protégés par la Croix Rouge suisse (Secours aux enfants).

Rösli Näf arrive, malgré la surveillance, à amener avec elle le jeune Isi Véléris. Quelques jours après, le 1er septembre, Irène Véléris est mise dans un train, envoyée à Drancy, et sera déportée sans retour vers Auschwitz par le convoi n°33 du 16 septembre 1942.

Isi, alors âgé de neuf ans, est envoyé au Château de La Hille où il restera jusqu'à la Libération. A 15 ans, il partira aux États-Unis et deviendra photographe de mode.

C'est le parcours de cet enfant qu'a voulu retracer Mathieu Ortlieb dans son film «Les petits cailloux blancs»: «J'ai suivi mon ami Isi Véléris, qui est retourné sur les lieux où sa mère fut arrêtée et déportée au camp du Vernet. Il en garde une profonde culpabilité. «Elle m'a sauvé la vie!» me dit-il. J'ai refait ce «voyage» en sa compagnie...», confie le réalisateur.

Soirée-débat samedi 22 février 2014 à 19 heures au Musée du Camp du Vernet.

CD | 21/02/2014 - 19:28 | Lu: 24249 fois