Foix, les consuls de la rue des Marchands

«Les villes s’élèvent par la liberté» Roger-Bernard, comte de Foix. Au Moyen-âge, alors que la cité apportait une protection des biens et des personnes mais aussi, des droits sociaux et économiques, vivre en ville signifiait profiter d'avantages non négligeables.
Après la croisade contre les albigeois, comme s'il désirait renforcer l'attachement de son peuple, le comte de Foix stimula le peuplement de la cité comtale en proposant des libertés et des privilèges aux nouveaux résidents de sa ville.
Ainsi, l'année 1245 fut marquée par la création d'une charte de franchises. Elle permettait aux fuxéens de chasser dans le comté - privilège réservé aux nobles - en contrepartie d'une pièce de venaison ou d'utiliser son propre four sans être obligé d'aller aux fours banaux. De plus, il était fortement suggéré de régler personnellement ses problèmes avant d'en référer au comte!
Un groupe de sept consuls, choisi par le comte, avait en charge la mise en application de la charte. Ces notables juraient au comte de le servir et à la communauté de maintenir ses droits dans la ville comme dans son consulat. En plus du droit de justice partagé avec leur suzerain, ils pouvaient lever une armée. Ce privilège leur fut donné au XIVème siècle par Gaston Fébus, au plus fort de la guerre de Cent Ans.
Les consuls étaient issus des grandes familles marchandes drapières. Comme le mentionne Gabriel de Llobet dans son ouvrage «Foix médiéval», on les imagine au XVème siècle, richement parés de «draps d'Angleterre ornés de fourrures»
Les consuls siégeaient dans le bel hôtel de ville de la rue Montelha, actuellement 10, rue des Marchands. L’hôtel a beaucoup perdu de son charme d’antan suite à l’enlèvement - pour des raisons de sécurité - de son balcon de fer forgé. Cependant la belle façade de grès doré, rythmée par trois larges arcades, évoque toujours le prestige de l’antique maison.
La rue des Marchands fut longtemps l’artère principale de la cité comtale. Ponctuée au nord par la place Saint-Volusien, elle se terminait au sud-est par une porte forte ouverte dans le rempart du XIIème siècle.
En 1425, cette porte fut agrémentée d’une horloge et d’une cloche. A l’origine de ces travaux, le consul Faure Galhard, qui, près de trente ans plus tard, attendait encore le remboursement de la somme avancée et refusait de payer la taille.
L’urbanisation du centre ville au XIXème siècle fit disparaitre la porte dont il ne reste plus qu’un nom, la «rue de l’Horloge» et une cloche qui fut démontée et transportée au château, dans la tour de l’Arget.
Aujourd’hui, dans le clocheton, le bourdon rythme encore le quotidien des fuxéens, au même titre que les lois régissent la vie des citoyens.
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