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Grève au Smectom du Plantaurel: la communication de la direction met le feu aux poubelles

Au centre, Didier Mézin, secrétaire de l'union départementale CGT
© midinews 2014

Mobilisés depuis jeudi matin, les salariés grévistes du Smectom du Plantaurel ne semblent pas décidés à lâcher du lest. Ce vendredi encore, les représentants du personnel ont exprimé leur intention de maintenir la pression sur «une direction sourde à leurs revendications»

Pire que la surdité à des demandes déjà exprimées, c’est le mode de communication que les quelque 90 % de personnels en grève (source syndicale) reprochent aujourd’hui à leurs dirigeants. Au premier rang des accusés, le président Robert Pedoussat, signataire d’un communiqué de presse publié dans les colonnes de deux médias locaux sous la forme d’une insertion publicitaire tarifée.

«Les propos contenus dans cette publication durcissent le mouvement car ils démontrent que l’on se moque de nous. Dès jeudi soir, les discussions avec le président du Smectom étaient pipées : au moment de nous recevoir, de soit-disant nous écouter, il savait déjà quel serait le contenu de son communiqué», affirme Didier Mézin de l’Union départementale de la CGT.

Nul n’ignore en effet que l’insertion d’un pavé publicitaire dans un hebdomadaire diffusé le vendredi, nécessite une livraison des contenus au plus tard le mardi soir voire le mercredi matin. Dans tous les cas, bien avant le début de la grève et la tenue des premières négociations le jeudi matin.

Pour un journal quotidien, les délais sont plus souples mais répondent néanmoins à des contraintes qui datent l’achat de la publicité, là encore, bien en amont de l’arrêt de travail des agents.

«Le ressenti des salariés grévistes s’est radicalisé par rapport à hier, poursuit Didier Mézin. C’était prévisible car ce choix d’expression dans la presse et avec ce contenu fait que les gens ne se posent même plus la question de poursuivre ou non le mouvement»

Pour le cégétiste, «il est honteux» de commettre un «article qui pointe de cette façon la légitimité des revendications des salariés, qui s’attaque à des fondamentaux de la part d’un patronat d’élus. Et ce, d’autant plus que pour nous la négociation n’était pas fermée. Il y avait des échanges en cours et nous étions dans l’attente de nouvelles propositions»

Les syndicats réclament la tenue urgente d’une assemblée générale du Smectom
L’intersyndicale CGT-FO-UNSA qui anime la mobilisation n’a pas besoin de souffler sur les braises. La grogne est désormais générale. Dans l’après-midi, une réunion de négociation a tourné court. Les syndicats claquant la porte et réclamant la tenue urgente d’une assemblée générale du Smectom. Proposition adoptée à l’unanimité des personnels engagés désormais dans une grève illimitée.

Des personnels qui affirment aujourd’hui que la situation résulte «des erreurs commises par la direction. Nous ne sommes pas dans la surenchère. Nous demandons la tenue d’un véritable dialogue social»

«Déjà au printemps, la direction a manqué de respect envers ses salariés, rappelle Didier Mézin. Avec un peu de naïveté, le syndicat de l’entreprise s’est contenté de promesses au mois de mai, promesses orales et surtout non tenues. Trois mois après, on se retrouve avec un nouveau conflit et avec cet article… C’est surnaturel»

En plus de son publi-communiqué malheureux, la direction du Smectom aurait-elle à son tour commis le péché de naïveté ?

*En mai dernier, deux jours de grève des salariés avaient déjà été observés contre le gel du point d’indice mais aussi pour réclamer des conditions matérielles de travail plus décentes ou encore l’obtention de tickets-restaurant, mais aussi pour obtenir une amélioration du dialogue social…

CP | 17/10/2014 - 19:36 | Lu: 40297 fois