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Exercice de simulation d'une inondation de la Lèze organisé par la préfecture de l'Ariège

© midinews 2014

Le phénomène est récurrent. On se souvient encore des terribles orages qui se sont abattus le 25 mai 2007 sur cette partie de la basse Ariège, la brutale montée des eaux entrainant inondations localisées, coulées de boues ou obstruction des réseaux d’assainissement. Le plan Orsec avait été activé.

Avant cet épisode météo d’une rare violence les habitants de la vallée ont connu de sinistre mémoire l’inondation de la Lèze en juin 2000, la plus importante dans la vallée depuis 125 ans, mais également celle de 1952 ou de 1977. On a beau avoir la culture de ce genre d’évènement, c’est toujours une tragédie pour les habitants qui perdent leurs biens, leur habitation ou leur outil de travail.

Pour lutter contre cette fatalité et tester l’efficacité des PCS (plan communal de sauvegarde) de toutes ces communes régulièrement impactées, la préfecture de l’Ariège organisait ce vendredi un «exercice inondation» de la rivière Lèze.

Objectif : tester les PCS et le cas échéant, les ajuster
Une manœuvre qui a débuté la veille, le SIDPC (service interministériel de Défense et de Protection Civile) a lancé depuis la préfecture cette simulation en alertant les communes (Artigat, le Fossat, Sainte Suzanne, Saint Ybas et Lézat sur Lèze), les informant du passage en vigilance jaune (10cm d’eau) du tronçon surveillé de la Lèze. Puis ce matin, le scénario s’est corsé passant en vigilance orange (60 cm d’eau), entrainant l’évacuation des points sensibles (campings, écoles, maisons de retraite…) et la mise en sécurité des populations.

Durant la matinée des évènements extérieurs se sont ajoutés à cette situation exceptionnelle afin de tester les capacités et la réactivité des élus en charge de faire appliquer leur PCS. À Artigat on s’interroge si l’on peut évacuer de force une personne âgée qui ne veut pas quitter son domicile en rez-de-chaussée. Au Fossat, qui de la commune ou de l’intercommunalité prend la décision de fermer les routes conduisant aux hameaux ?

En marge de ce scénario catastrophe, des observateurs prennent des notes qui seront précieuses au moment du débriefing.

Nathalie Marthien présente à Lézat accompagnée de Jean-Pierre Gillery sous préfet d’arrondissement est plutôt satisfaite des opérations menées sur le terrain. «La connaissance des élus et la proximité du terrain sont indispensables. Mais nous avons encore aujourd’hui trop de communes qui n’ont pas encore de PCS» regrette le préfet de l’Ariège.

«Seulement 50 % des communes de notre département en sont dotées. Mon objectif c’est d’arriver à 60 % avant la fin de l’année et à 100 % d’ici la fin du premier semestre 2015. Le PCS c’est vraiment le pilier sur lequel la commune peut s’appuyer en cas d’épisode d’inondation.

Depuis les dernières élections municipales, des réunions ont été organisées afin de mobiliser anciens et nouveaux élus. En ce moment nous accompagnons une quinzaine de communes dans la rédaction de ce document devenu obligatoire depuis la loi de juin 2004. Il est toujours préférable de se poser les questions à froid pour mieux anticiper
»
Une cohérence de bassin
Les inondations ne connaissent pas les frontières administratives, c’est bien connu. Créé en 2003 par les élus de la vallée pour répondre au problème des inondations, le Syndicat Mixte Interdépartemental de la Vallée de la Lèze (SMIVAL) intervient à l’échelle cohérente du bassin versant de la Lèze. Il réunit 24 communes sur les deux départements de l’Ariège et de la Haute-Garonne.

En 2004, une convention est signée entre le SMIVAL, l’État, l’Agence de l’eau, le Conseil Régional et le Conseil Général de l’Ariège et le Conseil Général de la Haute-Garonne pour le lancement de l’étude du schéma de prévention contre les risques liés à l’inondation.

Ce dernier sera reconnu par l’État en 2007 comme PAPI (Programme de prévention des risques liés aux inondations). Un programme sur dix ans a dès lors été établi prévoyant notamment la plantation de haies «brise crue», l’installation de repères de crue et une sensibilisation du risque de crue.

Le préfet de région a chargé celui de l’Ariège de coordonner les actions sur les deux départements limitrophes.

«Aujourd’hui, il reste 4,2 millions d’euros à consommer dans ce programme. Les décisions doivent être prises avant le 31 décembre 2016. L’objectif c’est de protéger le maximum de populations avec cet argent public et ne pas se lancer dans des ouvrages pharaoniques, mais de travailler en fonction des risques rencontrés sur le territoire du PAPI, explique Jean-Pierre Gillery qui suit de près ce dossier. [...]

Pour l’Ariège nous sommes sur des inondations qui ne dépassent pas les 70 cm en centennale, les protections individuelles avec batardeau sont suffisantes. C’est moins vrai pour la haute Garonne où le programme propose deux ouvrages importants, une digue sur la Lèze morte et un ouvrage à Saint Sulpice
» Le conseil syndical se tiendra le 28 octobre prochain et devrait entériner ces mesures.
Manœuvre de sauvetage en milieu aquatique sur le lac de Lézat
Une vingtaine de sapeurs pompiers ont participé à cet exercice et des spécialistes du sauvetage en milieu aquatique sont intervenus pour un sauvetage organisé et très médiatisé.
L’occasion pour Didier Marcaillou, directeur du SDIS09 de mettre en avant les compétences plurielles de ses sapeurs pompiers.

«Les risques encourus dans la pratique des activités de loisirs de pleine nature en eau vive (raft, kayak, canyon…) et la récente intervention dans les eaux de l’Ariège à Tarascon nous a incités à nous orienter dans cette spécialité qui à terme devrait intégrer une vingtaine de pompiers spécialisés»

Au terme de cet exercice grandeur nature chacun aura pu tirer des enseignements pour améliorer gestes et techniques.

Laurence Cabrol | 17/10/2014 - 19:36 | Lu: 27447 fois