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Prix de l'eau, Ascou, normes sur l'eau: les vérités du président du SMDEA

© midinews 2014

Le moins que l’on puisse dire est que le président du Syndicat mixte départemental de l’eau et de l’assainissement ne se cache pas derrière son petit doigt. Lundi soir, à Mercus, l’assemblée générale du SMDEA a permis à Augustin Bonrepaux de tracer les perspectives des mois et années à venir, n’éludant aucune des difficultés qui lui semblent promises.

En ligne de mire, les chantiers à réaliser tout au long de l’année sur les quelque 4000 kilomètres de la tuyauterie départementale qui nécessite une vigilance constante. Ce patrimoine est une richesse, mais est extrêmement coûteux à entretenir, notamment en zone de montagne, indique en substance Augustin Bonrepaux.

Le montant de ces investissements doit être assuré par le syndicat et les usagers, d’où les augmentations passées du prix de l’eau. Le président rappelle alors que la Chambre Régionale des Comptes reproche les factures… trop basses pour permettre au syndicat d’équilibrer ses comptes.

L’eau et l’assainissement moins cher en Ariège qu’en Midi-Pyrénées et en France
Car, si le mètre cube «eau et assainissement» est bien facturé 4 € cette année aux abonnés des 292 communes concernées (contre 3,82 € l’an passé), il n’en reste pas bien moins cher qu’en Midi-Pyrénées, 4,33 €, ou qu’au niveau national, 4,40 € !

A l’appui de son propos, Augustin Bonrepaux revient sur le dramatique épisode de l’été dernier à Ascou, et le décès d’un garçonnet accueilli au centre de vacances de Marc et Montmija.

«Par la faute d’une communication malheureuse des services de l’État à destination d’une ministre, l’eau a été pendant quelques jours responsable de la mort d’un enfant, rappelle-t-il. Ensuite les analyses ont montré qu’il n’en était rien, mais le mal a été fait : l’association a perdu 60 000 €, a du mettre au chômage 50 personnes, et pour l’avenir continue à connaître des difficultés liées à cet incident»

Au-delà de l’emballement médiatique et, sans faire fi du décès tragique du jeune Abderazak, la question que veut poser Augustin Bonrepaux vise directement les normes en vigueur.

«On nous dit qu’il y a beaucoup d’eau en montagne, c’est vrai. Mais répond-elle aux normes ? En 2013, sur 2329 prélèvements effectués par l’Agence régionale de santé, 384 n’étaient pas conformes. Sur ces 384 prélèvements, il faut que nos agents interviennent pour assurer la qualité du réseau, comme c’est une eau en montagne, ces interventions coûtent cher. Il faut que tout le monde soit conscient de cela avant de parler du coût de l’eau !»

Aujourd’hui, 240 unités de production restent à fiabiliser, dont 49 d’une manière urgente. «Nous allons mettre en place un programme en étalant le projet sur trois ou quatre ans. C’est notre priorité : assurer la qualité de l’eau !»

Clore définitivement le chapitre CRP Consulting
Homme de mémoire, Augustin Bonrepaux a ensuite souhaité s’arrêter un instant sur ce qu’il convient désormais d’appeler l’ex-affaire CRP Consulting. Ce dossier judiciaire qui a débouché au mois de septembre sur une notification de non-lieu pour les personnes incriminées, Pierre Peyronne, dirigeant de l’entreprise et maire d’Ax-les-Thermes, et Augustin Bonrepaux, président du SMDEA.

«Je voudrais revenir sur ce dossier un peu particulier, portant sur la régularité d’un marché de 12 000 € entre le SMDEA et le CRP. Après s’être livrée à de grandes enquêtes qui ont duré 5 ans et demi, avec vingt-cinq perquisitions, diverses gardes à vue, la justice s’est finalement rendu compte qu'on ne pouvait rien nous reprocher. Elle a rendu un non-lieu.

Cet épisode doit nous amener à nous interroger sur les accusations portées par un membre élu de notre assemblée… Je rappellerais surtout que l’intervention du CRP était justifiée, car sinon aujourd’hui le SMDEA n’existerait plus.

Le plus grave quand même, c’est l’exploitation et la surenchère auxquelles certains se sont livrés dans cette affaire. Quand on met des élus en cause sans raison, alors tous les élus deviennent suspects. C’est extrêmement grave pour la démocratie
»

Une façon pour Augustin Bonrepaux de refermer la page CRP Consulting.

PB | 28/10/2014 - 18:48 | Lu: 23973 fois