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Région, Département, Intercommunalité: Philippe Calléja propose sa vision de la réforme territoriale

© midinews 2014

«C’est un scandale !» En une phrase lapidaire, Philippe Calléja résume son sentiment sur le projet de réforme territoriale. Maire de Saverdun, président de la Communauté de communes du pays de Saverdun et conseiller régional, il est effectivement au cœur de cette organisation administrative en pleine mutation.

Ce que le président départemental de l’UMP reproche n’est pas tant la volonté de réforme, mais plutôt la manière employée et les objectifs poursuivis. «On n’y comprend rien ! Bien sûr qu’il faut réformer, mais pas comme ça, pas sans concertation et au coup par coup»

Premier sujet d’incompréhension pour Philippe Calléja, le nouveau découpage des régions qui dessine une France à treize entités. «Si ce gouvernement avait eu du courage et était décidé à conduire une vraie réforme, c’est une carte à cinq régions qu’il fallait préparer : une région Ile de France et quatre grandes régions autour ! Là, on donnait des armes aux nouvelles régions», affirme-t-il.

Plus qu’un mariage avec Languedoc-Roussillon, le conseiller régional rêvait d’un «rapprochement de l’Atlantique et de la Méditerranée, adossé à l’ensemble du massif Pyrénéen. Là, ça aurait du sens»

«Au lieu de ça, on nous impose un découpage qui arrange les copains. On arrange le Nord Pas de Calais, on arrange la Bretagne, on arrange le Poitou-Charente... En voilà une belle avancée», moque Philippe Calléja.


Je suis curieux de lire le programme de ceux qui se sont déjà déclarés candidats…
Très en verve, jeudi dernier, lors de son invitation aux médias, l’édile saverdunois n’oublie pas d’éreinter la réforme dans son volet départemental.

Après les hésitations, la cacophonie gouvernementale et les revirements, Philippe Calléja pointe désormais le calendrier : «dans quatre mois, nous sommes appelés à désigner les conseillers départementaux et nous ne savons rien des compétences qu’ils auront à exercer. [...]

Dans certains départements, ils ne savent même pas si la collectivité existera encore à l’avenir… C’est ridicule ! Je suis curieux de lire le programme de ceux qui se sont déjà déclarés candidats
… »

Dans ce contexte, le projet de refonte de la strate intercommunale ne pouvait trouver grâce à ses yeux. Et pour cause, «on ne sait pas sur quelle base travailler ! Quel est le plancher de population par exemple ? On nous a parlé d’un plancher de 10.000 habitants, maintenant on est à 20.000, mais rien n’est acté. Or, il faudra que l’on soit prêt pour janvier 2017, ce qui ne nous laisse que deux ans pour réorganiser les territoires sur la forme et sur le fond»

Et de s’interroger sur le devenir de la Communauté de communes de Saverdun : «Existerons-nous encore dans deux ans ? Je n’en sais rien», dramatise-t-il.

Plus prosaïque, Philippe Calléja avoir pris son bâton de pèlerin en direction des territoires voisins du nord au sud. «Nous n’avons pas cinquante solutions pour atteindre le seuil des 20.000 habitants : soit nous nous tournons vers le Nord, soit vers l’Est, soit vers le Sud. Je l’ai fait»

Vers Auterive ? «Ils ont déjà 21.000 habitants, et ils se moquent bien de venir l’Ariège. Nous ne les intéressons pas. En plus, le côté transdépartemental serait aussi un paramètre difficile à gérer, surtout dans le contexte d’une réforme très floue»

Vers Nailloux ? «Calmont serait intéressée, car la commune vit beaucoup tournée vers nous, mais Nailloux est davantage attirée par Labège, Montgiscard ou encore Villefranche, des secteurs plus riches et donc plus intéressants»

«Ce qui est pertinent, ce sont les quatre pays construits autour de leur bourg-centre, Foix, Pamiers, Saint-Girons et Lavelanet»

Vers Pamiers ? «J’ai déjà clairement dit que si la loi nous impose ce plancher à 20.000, nous lancerons des négociations vers le Sud, dans la logique d’une agglomération allant de Varilhes à Saverdun-Mazères en incluant éventuellement l’Arize et la Lèze. Bref, ce territoire du piémont tel qu’il a été dessiné aujourd’hui par les élus»

Dans l’écriture de ce dernier scénario, Philippe Calléja ne se projette cependant pas au-delà de Varilhes, laissant la ville de Foix à son statut de porte de la haute Ariège. «Nous ne sommes pas dans le bassin de vie de Foix. De plus, cela reviendrait à appauvrir encore la haute vallée de l’Ariège qui ne disposerait plus alors d’une ville phare», dit-il.

«Ce qui est pertinent, ce sont les quatre pays construits autour de leur bourg-centre, Foix, Pamiers, Saint-Girons et Lavelanet. Voilà des ensembles pertinents.. Il y a une cohérence d’aménagement qui doit être conservée au moment de dessiner la nouvelle organisation de nos territoires»

L’Ariège découpée en quatre «super» communautés de communes ? Un concept qui ne manquera pas d’intéresser la préfecture chargée de réfléchir au futur découpage intercommunal de l’Ariège…

PB | 02/12/2014 - 19:11 | Lu: 23174 fois

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