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CGT: la santé et l'action sociale au coeur des débats
06/04/2012 | 19:44
© MidiNews 2012
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L’union syndicale départementale santé et action sociale a tenu son VIe congrès pendant deux jours à Pamiers.

Une cinquantaine de délégués syndicaux de la CGT se sont retrouvés dans l’amphithéâtre flambant neuf de l’IFSI pour aborder l’action syndicale et échanger autour des problèmes d’actualité.

A l’heure où les agents de l’hôpital public n’ont pas fini de digérer les conséquences de la loi hôpital santé patient et territoire (HSPT), au moment  où les agents de services hospitaliers (ASH) entament une grève au Centre Hospitalier Intercommunal du Val d’Ariège (CHIVA) et que les agents de l’hôpital Jules Rousse de Tarascon ont déposés un préavis de grève local, le monde des blouses blanches entend mettre la santé au cœur du débat avant les prochaines échéances électorales.

En effet depuis le 1er avril 2010, les Agences Régionales Hospitalières (ARH) ont été remplacées par des Agences Régionales de Santé (ARS) ayant pour mission d’élaborer un projet régional de santé pour les cinq ans à venir en tenant compte des données de la loi HSPT et ses restrictions drastiques de budget.

«Nous avons énormément de craintes face à la mise en place de ce projet régional de santé qui risque de diminuer l’offre de soin sur les territoires de Midi-Pyrénées» explique Cécile Pomiès déléguée régionale.

«Le plan stratégique régional de santé écarte considérablement les lieux de soins des bassins de vie et d’emploi, il engendre une diminution de l’offre de soins de proximité et augmente considérablement la mise en danger des populations des territoires ruraux»

Parmi les mesures de cette loi HSPT, la constitution de communautés hospitalières de territoire (CHT) avec un plateau technique situé dans l’agglomération du chef lieu de département.

«En Ariège c’est le CHIVA qui concentre l’offre de soins mais qu’advient-il des pôles de chirurgie des hôpitaux locaux, c’est une vrai préoccupation des salariés et des populations qui n’ont pas d’autre choix que de se déplacer à Foix pour accéder aux soins»

Selon Cécile Pomiès le département de l’Ariège s’en sort plutôt bien car il n’y a pas (encore) de cliniques privées.

Dans d’autres départements, le projet régional pourrait bien être porté par un établissement privé avec toutes les craintes de débordements que cela peut engendrer au niveau du coût de la prise en charge des soins: «ce type d’établissement exclurait de fait les populations les plus précaires»

Quant au volet action sociale, le schéma régional d’organisation sanitaire (SROS) prévoit de réduire le nombre d’interlocuteurs au niveau régional: «on nous encourage au regroupement, à la restructuration des associations du champ médico-social en Ariège, poursuit la responsable départementale.

On peut craindre à terme l’absorption de certaines associations et des conditions d’accueil et de travail des usagers plus difficiles
»

Laetitia Dupuy, délégué CGT santé pour l’Ariège, parle pour sa part de «santé à deux vitesses»


Selon elle, «la loi HPST et la mise en place des ARS nous obligent de faire le même travail avec moins d’agents et moins de moyens financiers […] concernant l’action sociale, nous avons mené des actions en faveur de la défense des conventions collectives 51 et 66 qui sont touchées par la régionalisation des soins»

Les derniers mois ont été des mois de combat pour les délégués des hôpitaux de proximité. Ils ont pris la parole dans l’amphithéâtre pour évoquer leur lutte.

Gabrielle Pousse, au Centre Hospitalier du Pays d’Olmes (CHPO), est revenue sur la lutte conduite pendant trois ans contre les différentes phases de restructuration, l’absence de projet, de direction forte, le départ des médecins du territoire, l’état d’esprit des usagers, la mobilisation des élus…

Puis la chirurgie ambulatoire et la construction d’un nouvel hôpital: «notre souci actuellement avec la chirurgie ambulatoire c’est que nous sommes liés pieds et poings au CHIVA qui doit nous envoyer des médecins pour opérer en ambulatoire mais la coopération est difficile, le directeur de l’ARS a dû taper du poing sur la table !»

Côté Couserans, Yvan Dupont délégué au Centre Hospitalier Ariège Couserans (CHAC) a rappelé la mobilisation du terrain dès la parution du rapport Larcher, la lutte pour garder la maternité, puis «les inquiétudes au niveau de la T2A qui passe en psychiatrie pour renflouer les caisses de l’hôpital général.

Et aujourd’hui on parle de délocalisation alors que nous sommes le département de Midi-Pyrénées le moins bien pourvu en terme de lits
»

Les délégués syndicaux s’accordent pour interpeller les candidats aux élections législatives: «nous attendons qu’ils se positionnent clairement sur la santé et l’action sociale»


Bernard Thibault en Ariège

Le jeudi 12 avril 2012, Bernard Thibault Secrétaire général de la CGT se déplace dans le département de l’Ariège à l’invitation de l’union départementale.

Cette journée sera consacrée à la rencontre des syndiqués et des salariés ariègeois, à la salle Aragon de St Jean du Falga.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/04/2012 | 19:44 | Lu: 11823 fois