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70e anniversaire de la rafle des juifs d'Aulus
13/09/2012 | 19:33
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mémoire Inauguration du mémorial des stèles à Aulus les Bains

Le gouvernement de Vichy a assigné à résidence entre 1941 et 1942, 686 personnes «considérées comme juives apatrides»

585 vécurent à Aulus jusqu’aux rafles d’août 1942. Sur 135 personnes déportées à Auschwitz par les autorités allemandes d’occupation, 130 périrent avec parmi elles, des enfants, le plus jeune avait 4 ans. Seul 5 survécurent.

C’est sous une pluie automnale qu’à eu lieu ce matin au monument de la Croix du Ruisseau à Aulus les Bains la cérémonie commémorant un des plus tristes épisodes de notre histoire, la rafle du 16 août 1942.

Une cérémonie empreinte d’émotion en présence des autorités, des anciens combattants mais aussi des collégiens du Mas d'Azil, des assignés à résidence rescapés comme Charlotte Isaac qui grâce à la solidarité des habitants d’Aulus a échappé à cette rafle (son père n’a pas eu la même chance) ou Jeanne Rogalle, 91 ans, la survivante des passeurs d’Aulus qui ont permis de sauver tant de vies.

Michel Veyssière maire du village a rappelé lors de son allocution «les heures noires qui souillent l’histoire de notre pays et sont une injure à notre passé et à nos traditions»

Le représentant du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) a évoqué la plaie hideuse de la barbarie, la déportation de 12 884 juifs étrangers, le nécessaire devoir de mémoire car «l’oubli est une seconde mort»

Il a également évoqué la dette imprescriptible du judaïsme à l’égard des hommes et des femmes qui ont bravé l’interdit et au péril de leur vie ont eu l’audace de cacher, d’aider, de soutenir et de sauver ces innocents.

«Les Justes ont ouvert aux persécutés des chemins de lumière faits de fraternité et d’humanité […] Votre présence et votre mobilisation ici est réconfortante pour tous»

Après la prise de parole d’André Gaucher, ancien résistant, déporté à Mauthausen, Salvador Pérez préfet de l’Ariège a indiqué que cette commémoration devait inviter à la réflexion: «les juifs ont trouvé en France une terre d’accueil qui les a abandonnés pour l’irréparable[…]

Il aura fallu attendre 60 ans pour que les stèles de la Croix du Ruisseau soit posée.

Nous n’avons pas oublié ces évènements sombres de notre histoire, les Aulusiens déportés à Auschwitz et tous les déportés qui ne sont pas revenus.

Il faut réaliser un devoir de mémoire, ces heures noires ne doivent pas être occultées, il appartient à nous tous de transmettre la mémoire du peuple juif, la souffrance et la liberté
»

Poursuivant son discours par la citation d’Elie Wiesel: «Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s'exposent à ce qu'elle recommence.

Il faut parler à nos enfants de ces Aulusiens qui ont permis aux juifs de passer les Pyrénées, d’échapper à la mort.

Quatre familles ont reçu le tire de juste parmi les Nations, elles ont risqué leur vie, de leur côté elles considéraient seulement faire leur devoir.

Elles doivent servir de modèle aux jeunes générations, leur transmettre les valeurs de fraternité et de tolérance.

Le combat doit être poursuivi avec encore plus de vigilance […] Souvenons nous de leur peine et de leur douleur, elles sont désormais les nôtres
»

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 13/09/2012 | 19:33 | Lu: 18961 fois