Fragilisée par une conjoncture difficile, la profession traverse depuis trois ans une crise rare.
Les marges se dégradent, du fait de la baisse de la production industrielle, depuis le 4ème trimestre 2011, la demande est en recul alors que la concurrence polonaise, allemande, hongroise et espagnole prend des parts de marché significatives.
Ajoutons à cela le prix du gasoil dont le poste représente à lui seul 25% du chiffre d’affaires, beaucoup de transporteurs dans l’incapacité de restaurer leurs marges ont franchi la ligne rouge.
«Nous avons bien peu de marges de manœuvres et l’avenir nous réserve encore des surprises» s’inquiète Chantal Kirmann, gérante de la SETAK et présidente de l’O.T.R.E, le syndicat des transporteurs routiers de l’Ariège.
«Depuis septembre dernier avec la fin de la TEPA et de l’exonération des heures supplémentaires, nos salariés enregistrent d’importants préjudices et une perte considérable dans leur pouvoir d’achat»
Issue du Grenelle Environnement, la taxe kilométrique sur les poids lourds a pour objectif de faire payer aux poids lourds l'usage du réseau routier national non concédé (actuellement gratuit) et des routes départementales et communales susceptibles de subir un report significatif de trafic dû aux péages existants et à venir.
Cette taxe s’appliquait en période de test à l’Alsace et va être étendue à partir du mois de juillet à tout le territoire; soit au total un réseau comprenant environ 10 000 km de réseau national et 5 000 km de réseau local.
«Cette taxe kilométrique nous oblige à modifier l’informatique et à réaliser d’onéreux équipements dans nos véhicules. De plus, elle occasionne un surcoût de 0,12 centime en moyenne.
A l’origine, cette taxe incombait aux charges collectées par le transporteur, à la sortie c’est le consommateur qui paiera la facture» regrette Chantal Kirmann.
Avec le développement progressif du cabotage qui devrait voir sa libéralisation complète en 2014, le pavillon français va continuer à perdre du terrain: «jusqu’à présent les transporteurs étrangers européens avaient droit à trois voyages en France, à partir de 2014, ils pourront y travailler 365 jours /365.
Mais si en France un chauffeur grand routier chargé représente à peu près 4000 euros, un chauffeur roumain revient quatre fois moins cher… nous avons sensibilisé le nouveau ministre des transports qui veut s’opposer à cette décision européenne mais aura-t-il réellement la possibilité de le faire ?»
En attendant, les PME et TPE du transport routier se structurent en groupements pour faire face à la concurrence.
«La SETAK est une entreprise familiale, nous en avons repris la gérance avec mon frère en 1996» explique Chantal Kirmann.
Aujourd’hui la PME ariégeoise compte pas moins de 33 salariés et s’est spécialisée en transport local et régional (Aquitaine, PACA et Midi-Pyrénées): «nous faisons beaucoup de distribution frigorifique, de la collecte chez les producteurs locaux, l’industrie alimentaire[…]
Il y a bien longtemps que l’on ne va plus à l’étranger, nous ne sommes plus assez compétitifs» analyse froidement Chantal qui encaisse depuis quelques temps déjà la concurrence avec les routiers lituaniens ou polonais: «ils sont d’abord arrivés en Couserans avec les Papeteries puis depuis quelques temps ils ont gagné la Basse Ariège»
Autre pierre d’achoppement dans la profession, le transport des 44 tonnes: «la configuration des 44 tonnes était autorisée pour les transports de produits agroalimentaires, les chargeurs ont souhaité l’étendre à tout type de transport mais au prix des 40 tonnes alors que le matériel et la consommation sont différents !»
Enfin, les nouvelles normes environnementales des véhicules suscitent une véritable levée de boucliers chez les professionnels.
En effet pour respecter les réductions d'émission de polluants imposées par l’application de la norme Euro VI, les constructeurs devront réaliser un bond technologique avec, à la clé, un surcoût pour les véhicules.
«Les matériels Euro VI mis en circulation à partir de 2014, porteurs ou tracteurs, verront leurs coûts augmenter de 10 500 €…»
Autant de sujets brûlants qui ne manqueront pas d’être évoqués mercredi 17 octobre lors du 12e Congrès national de l’O.T.R.E, le syndicat des transporteurs routiers où l’on attend la venue de Frédéric Cuvillier, ministre des transports du gouvernement Ayrault.
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