5%, c’est le pourcentage d’augmentation du nombre de véhicules français de passage au Pas de la Case pour le mois de septembre 2012.
Alors qu’on constate une baisse de 3% du côté espagnol.
Chaque année, ce sont plusieurs millions de véhicules qui font l’arrêt dans ce village de 4000 habitants à l’année où les tarifs sont imbattables du fait de l’absence de taxe sur de nombreux produits.
«On estime que chaque voiture qui vient rapporte au moins une cartouche de cigarettes» souligne Jean-Jacques Carrié, président de l’association des commerçants «Initiative au Pas de la Case»
Avec un différentiel de prix de 20 à 30%, voire plus selon les produits, nombre de Français, essentiellement du Grand Sud, montent au Pas de la Case pour se fournir en cigarettes et en alcool.
«Notre objectif, c’est de toucher les 200 à 250 km au-delà de nos frontières, mais nous avons les mêmes difficultés qu’en France ou en Espagne car ce sont ces nationalités qui composent essentiellement notre clientèle» explique Jean-Jacques Carrié.
Le chef d’entreprise note un fléchissement de consommation qui incite à créer plus d’initiatives afin de redynamiser le village. «Aujourd’hui, on essaie tous de travailler sur la qualité»
Un point de vue partagé par de nombreux commerçants. «On voit vraiment une baisse d’affluence sur la période d’été. Nous n’avons donc qu’une seule solution: miser sur la qualité et les produits haut de gamme» confie Fabrice Dupré, gérant d’une boutique d’articles de sport le Wapiti Sport.
L’homme certifie que le gouvernement andorran fait de gros efforts pour attirer d’autres nationalités (Russes ou Anglais).
Grâce à la station de ski, l’hiver semble plus intéressant pour les commerçants. «Durant cette période, on ressent moins les effets de la crise grâce à cette clientèle internationale» poursuit Fabrice Dupré.
«L’hiver, les gens restent plus longtemps, ça marche plutôt bien» assure Christelle Boroniowna, propriétaire du restaurant Pista Negra.
«En semaine, c’est plus calme mais on se rattrape le week-end. Le soir, c’est un peu plus compliqué alors on crée des événements pour faire venir du monde» détaille Patrick Cordonnier, gérant du restaurant KSB.
Les Russes, une source providentielle pour l’économie du Pas de la Case
On les savait présents depuis de longues années dans le massif alpin.
Mais depuis plusieurs années, la clientèle russe investit également les Pyrénées avec l’installation de plusieurs hôtels étoilés de luxe.
«Les Russes viennent principalement pendant les trois mois d’hiver. En famille, ils restent entre 7 à 10 jours» avance Karine Naudy, responsable de l’enseigne Auteuil.
Entre le 15 décembre et la fin mars, les clients russes sont une aubaine pour les commerçants qui travaillent dans le secteur du luxe puisque leur pouvoir d’achat n’est nullement comparable aux clients habituels européens.
«Ils peuvent acheter jusqu’à 3000 ou 4000 euros de marchandises dans la boutique» estime Karine Naudy.
Alors, c’est toute une économie qui s’adapte à ces clients sympathiques mais très exigeants.
«Depuis trois ans, on a mis en place des cartes en Russe. On apprend quelques mots, ce qui n’est pas toujours facile» développe Christelle Boroniowna du restaurant Pista Negra.
«C’est une clientèle vraiment sympa qui mange de tout. Ils sont très curieux et vont même jusqu’à commander toute la carte» ajoute-t-elle.
Du côté de l’emploi, les CV de candidats espagnols et français s’accumulent sur le bureau de Jean-Jacques Carrié. «On cherche du personnel sur le Pas mais on se heurte à une difficulté andorrane qui impose des quotas de recrutement de locaux» commente-t-il.
Or, il semble difficile de convaincre les Andorrans de travailler à plus de 2000 mètres d’altitude. L’ouverture à l’emploi pour d’autres nationalités est décidée par le gouvernement.
«On a beaucoup de demandes d’Espagnols et de Français parce que les gens ne trouvent pas de travail dans leur pays»
«Très dépendante de l’extérieur, la principauté n’a cependant pas été épargnée par les retombées d’une crise qui touche le monde entier.
Elles ont accentué le ralentissement économique perceptible au cours de ces dernières années dans le commerce, la banque, la construction et même le tourisme» indique le site internet de la diplomatie française.
Le différentiel de prix reste tout de même un argument imbattable en cette période de crise économique.
Enfin, sur le plan fiscal, après la signature récente de dix-neuf accords relatifs à l’échange de renseignements en matière fiscale, avec notamment la France et l’Espagne, l'Andorre est sortie de la liste grise des paradis fiscaux non coopératifs de l’OCDE.
Trois projets de loi sont entrés en vigueur le 1er janvier 2012. Deux autres projets de loi sont en cours d’examen au parlement: la refonte de tous les impôts indirects en une TVA unique (4,5 %), et la création, à l’horizon 2013, d’un impôt sur les revenus des personnes physiques.
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