ariège > actualités et économie > recherche
CNRS de Moulis: «un euro investi en rapporte près de quatre»
29/11/2012 | 20:25
© MidiNews 2012

En marge de sa tournée cantonale Augustin Bonrepaux, président du Conseil général de l’Ariège, est revenu sur le site du CNRS de Moulis.

Une visite, un pèlerinage même, qu’il ne manque pas d’effectuer lorsqu'en Couserans, accompagné d'Henri Nayrou, soutien de la première heure de ce projet, accompagné d’Aimé Galey, maire du village, Marie-Christine Dénat-Pince, suppléant Alain Fauré, et Jean-Noël Vigneau, maire d’Eycheil venu en voisin.

Occasion ainsi donnée au directeur de cette station écologique expérimentale, Jean Clobert, qu’il a lui-même mise sur pied, de faire le point sur l’avancement des projets et esquisser l’avenir au cours d’un échange nourri avec les élus présents.

Avec ses deux équipements phares, sources de programme de recherche de notoriété mondiale, le directeur de centre de Moulis se dit en avance sur le «plan d’activité» qu’il avait imaginé.

Le métatron à Caumont a fait l’objet de deux publications de travaux dans les plus prestigieuses revues internationales.

Ce laboratoire destiné à mesurer les effets du changement climatique, l’impact et menaces sur la biodiversité mais également l’impact des nuisances extérieures (comme le développement urbain) réunit maintenant une équipe de chercheurs de nationalités multiples.

Avec le CTMB, Centre de Théorie et Modélisation de la Biodiversité, site expérimental peut-être unique au monde, Michel Loreau, directeur du programme de recherche, a déjà réuni autour de lui une équipe d’une dizaine de chercheurs pour mesurer l’impact de l’homme sur les systèmes naturels et leur influence sur la biodiversité.

«On continue de grandir» poursuit Jean Clobert qui évoque la venue d’un bio-informaticien de renom Hervé Philippe qui a accepté de suivre ses recherches inter-espèces au cœur de Moulis.

Jean Clobert affiche aussi un partenariat avec une grande école économique de Toulouse pour une recherche cette fois sur l’homme et son milieu via le prisme économique des dynamiques humaines et naturelles.

Jamais à court d’idées ou de nouveaux programmes de recherche, le directeur du CNRS de Moulis évoque déjà d’autres pistes dans les deux à trois ans qui viennent pour lesquelles il est déjà lancé à la course au financement pour agrandir les laboratoires et bureaux des chercheurs.

«Si vous n’évoluez pas vous mourez, plaide-t-il face aux élus attentifs, surtout dans un contexte de concurrence exacerbée entre les différentes disciplines scientifiques qui se livrent à une guerre des scalps lorsqu’il s’agit de mobiliser des financements extérieurs pour leurs recherches ou les hommes»

Même si pour l’heure, il est difficile à tout un chacun de mesurer concrètement dans son quotidien les progrès réalisés en matière de préservation de la biodiversité et des écosystèmes, Jean Clobert n’en met pas moins pour autant en avant la notoriété grandissante du site de Moulis auprès de la communauté scientifique mondiale, qui a des répercussions directes sur l’image de tout un pays.

Des répercussions qui sont aussi directement économiques, selon lui.

Aujourd’hui le site accueille près de 40 personnes (chercheurs et techniciens) de longue durée (si ce n’est pour certains de manière permanente) et ce n’est pas fini.

Sans compter tous les étudiants doctorants et post’doc qui passent entre ses murs.

Il n’emploie pas que des profils scientifiques puisqu'il lui faut aussi assurer l’entretien et la gestion des différents locaux, sans oublier les fonctions de comptabilité et secrétariat.

Ce sont autant de retombées économiques directes sur le local émanant d’une population à fort pouvoir d’achat et résidant à 80% dans les environs de Saint-Girons. «Autant de personnes qui vivent, mangent, se vêtent» rajoute-t-il.

Pour lui «un euro investi en rapporte près de quatre, estimant à près de 300 k€ les retombées économiques ainsi générées»

Il insiste sur le caractère durable de la démarche «car on investira toujours davantage selon lui dans le domaine environnemental»

Un site aux retombées environnementales encore lointaines –quoi que c’est déjà pour beaucoup une réelle préoccupation- mais déjà concrètes en termes d’image et d’impact économique local qu’il souhaite ouvrir davantage au grand public et aux écoles dans le cadre de visites prévues à l’avance.

A l’image de l’accueil réservé aux artistes locaux qui voient dans les murs des différents espaces du laboratoire autant de lieux ou exposer leurs œuvres et se faire connaître.

actualites Ariege
auteur: Py.M | publié le: 29/11/2012 | 20:25 | Lu: 9756 fois