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La ministre de la Santé a annoncé la création d’un salaire minimum, 55.000 euros par an soit 4600 euros nets par mois, pour que les jeunes médecins s’installent dans les déserts médicaux.
Elle entend ainsi lutter contre la pénurie de praticiens dans des zones souvent rurales. Une mesure annoncée dans une interview diffusée dimanche soir dans l'émission Zone interdite sur M6 qui prendra effet dès 2013.
Dans cette même émission, on a pu suivre la démarche de la commune ariégeoise de Bélesta sans médecin généraliste depuis presque deux ans.
«L’Agence Régionale de Santé me met en demeure de trouver un médecin coordonnateur pour la maison de retraite d’ici la fin de l’année. Nous cherchons depuis un an et demi, je ne vais pas pouvoir le sortir de mon chapeau» explique Alain Bolo, maire de Bélesta.
Dans la maison de retraite, chaque résident est suivi par son médecin personnel. Environ sept praticiens se rendent ainsi à Bélesta. Aucun ne souhaite en devenir le coordonnateur.
«Nous cherchons un coordonnateur pour un 18h par semaine mais pour eux c’est plus intéressant de faire une visite qui est mieux rémunérée» pense le maire de Bélesta.
Deux nouveaux contacts suite à l’émission
Suite au passage à l’antenne, deux contacts nouveaux ont émergé: l’un d’un médecin libanais, et l’autre d’un médecin français exerçant à 300 km de Bélesta.
Ce dernier travaille dans une commune de 2000 habitants où il y a neuf médecins en exercice.
«Il n’est pas encore sûr de sa démarche mais pour le convaincre, je veux bien lui dire que nous sommes sur un bassin de 2500 personnes. La pharmacie effectue 1000 actes par mois sans médecin sur la commune. Il y a de quoi travailler ici» insiste Alain Bolo.
Autre argument choc, la prise en charge par la municipalité de six mois de loyer du cabinet médical et de six mois de loyer d’une habitation.
Malgré tous ces atouts, la ville n’a pas encore convaincu, ce qui créé l’indignation de son premier magistrat.
«Qu’on ne me dise pas qu’en France il n’y a pas de médecin. Seulement 1/3 ne souhaitent que des remplacements. La répartition n’est pas équitable et l’ordre des médecins ne prend pas les mesures adéquates pour nous aider» estime Alain Bolo.
Concernant la mesure évoquée par la ministre, le maire de Bélesta n’est guère convaincu. «Je ne pense pas que les 4600 € vont inciter les médecins à venir s’installer en zone rurale. C’est une bonne intention mais ce n’est pas suffisant»
Autre inquiétude pour lui, les habitants ont dû trouver une solution alternative, et se sont tournés vers des médecins à Lavelanet par exemple.
«La population ne nous a pas attendus pour aller ailleurs mais il est important de trouver un médecin pour les personnes isolées qui ne peuvent se déplacer»
Bélesta n’est pas la seule commune du département à devoir supporter cet état de fait. A Saurat, on cherche un médecin depuis un an. Une fâcheuse habitude pour cette commune qui avait déjà perdu son médecin, il y a cinq ans.
Anne-Marie Basseras, maire de ce petit village de 650 habitants aux portes du Parc Naturel Régional, s’est longtemps battue pour retrouver un généraliste.
Une lutte qui avait porté ses fruits en juin 2010 avec l’installation d’un médecin roumain. Un praticien qui avait annoncé le 8 décembre 2011 la cessation de toute activité médicale dans le village. Et depuis, pas d’autre candidat n’a repris le flambeau.
Et la situation n’est pas en voie de s’améliorer. 5% des Français habitent dans un désert médical. Toutes spécialités confondues, on estime à seulement un quart le nombre de médecins partant à la retraite remplacés sur le territoire.
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