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Région: TER vs TGV, un sujet qui suscite bien des transports
12/12/2012 | 19:08
© MidiNews (archives) - Durluby

Depuis 2002, la région Midi-Pyrénées s’est vue confier dans le cadre des lois de décentralisation, l’organisation des transports collectifs.

L’état lui laissait alors un réseau en déliquescence où à titre d’exemple, la moyenne d’âge du matériel roulant dépassait les 20 ans.

Au fil de Plans Rail successifs, la Région Midi-Pyrénées se targue aujourd’hui par la voix de son vice-président en charge des transports Charles Marziani «de résultats à la hauteur des investissements puisque la rénovation et le renouvellement de l’ensemble du réseau ferroviaire régional est sur le point de se terminer»

Ce sont près de 500 km de voies qui ont été remises à neuf pour un montant de 820 millions d’euros (financés pour moitié par la région).

Toujours selon une communication récente du Vice-Président «de nouvelles dessertes et de nouveaux arrêts [rendent désormais service] à un nombre de voyageurs TER passé en dix ans de 5 à 12 millions»

Alors, tout roule pour le mieux dans le meilleur des mondes ferroviaires? Une dissonance, on ne peut parler véritablement de «couac», terme un peu trop repris dernièrement pour commenter le monde politique, se fait pourtant entendre.

En effet, tandis que la Région s’enorgueillit de la mise en service cet été du Régiolis (le nec plus ultra des trains régionaux dont 15 sur un total de 25 commandés sont hybrides, plus écologiques) sensés remplacer progressivement les rames les plus anciennes, le groupe EELV s’émeut des modifications budgétaires en passe d’être votées par l’assemblée régionale le 17 décembre prochain.

François Calvet, conseiller régional et membre du Groupe Europe Ecologie Les Verts, tire en tous les cas la sonnette d’alarme.

Selon lui deux sujets prêtent à polémique: la révision du programme des opérations du Plan rail régional pour 2013 envisagée dans le cadre du Contrat de Plan Etat-région ainsi que le financement d’un programme d’anticipation foncière pour le projet LGV sur les départements du Tarn et Garonne et de Haute-Garonne.

De 308 millions d’euros initiaux, révisés à 289, la diminution des financements de la modernisation du réseau ferré de Midi-Pyrénées et de l’amélioration du service «ne correspond pas, selon François Calvet, aux besoins des usagers de plus en plus nombreux, notamment pour leurs trajets quotidiens»

Il regrette parallèlement le «relâchement des efforts de renouvellement et d’entretien sur les lignes supports Intercités, [qui] ne répond pas aux besoins des déplacements interrégionaux»

En contrepartie, l’augmentation des financements liés au projet LGV Bordeaux-Toulouse, qui s’appuie sur des acquisitions foncières et des raccordements au réseau classique, passeraient, eux, de 39 millions d’euros à 70.

Or, pour les écologistes «l’anticipation foncière pour la LGV Bordeaux-Toulouse apparaît prématurée […] d’autant que le ministre des transports a nommé une commission devant élaborer un document-cadre national de la mobilité durable soutenable»

Par ailleurs, localement, précise François Calvet «les procédures de déclaration d’utilité publique ne sont pas lancées, ni l’enquête parcellaire»

De plus, les bruits circulent autour d’une liste «noire» d’une dizaine d’agences SNCF susceptibles d’être fermées dans les mois à venir au niveau régional.

Une liste qui suscite elle aussi des émois de ci de là, à l’image de la petite ville de Saint-Girons, en Ariège, qui se mobilise pour la défense de ce service public et pour lequel il est décrié «une logique purement comptable»

Thierry Bauchet, Directeur délégué TER à la SNCF, et Jean-Marie Romero Directeur des affaires territoriales de la SNCF, auraient en effet fait savoir à ce même François Calvet qui a récemment provoqué une rencontre que «la démarche de la SNCF ne prenait en compte que l’aspect économique, de nouveaux outils (internet, téléphone,…) pouvant répondre à la demande des usagers»

Ils n’ont d’autre part donné «aucune réponse officielle sur ce sujet» au maire de la municipalité François Murillo.

Reste un sujet extrêmement délicat dans une bourgade qui regrette encore amèrement de ne plus avoir ni lignes de chemin de fer ni gare SNCF.

TGV vs TER? Ou David contre Goliath, un éternel recommencement vu comme un symbole de cette fracture qui caractérise une France décidément à deux vitesses.

Autant de sujets qui méritent probablement concertations et explications entre toutes les parties prenantes afin de faire rimer logique économique avec équité sociale, avant toute décision, sous peine de faire dérailler une mécanique jusque là bien huilée.

Une rencontre «grand public» avec les représentants des associations d’usagers du TER, des représentants syndicaux et les opposants à la LGV est organisée ce vendredi 14 décembre 2012 à 10h30 dans les locaux du groupe Europe Ecologie Les Verts au Conseil Régional.

L’occasion d’y voir plus clair? Joint par téléphone suite aux déclarations de François Calvet le service communication de la Région confirme qu’effectivement «ces deux décisions modificatives sont bien inscrites à l’ordre du jour de la prochaine session régionale» et précise qu’«il s’agit de ne pas se tromper quant à leur interprétation»

Le débat est ouvert…

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auteur: Py.M | publié le: 12/12/2012 | 19:08 | Lu: 8221 fois