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APREDIFE: sauver son entreprise de la crise
21/12/2012 | 18:57
© MidiNews 2012

Bon an mal an, 130 entreprises ferment leurs portes en Ariège. Définitivement.

Le chiffre 2012 ne devrait guère être meilleur, ce qui reste un niveau encore jugé insupportable, même si une légère baisse se constate.

Il n’y a pas de «profil type» des entreprises défaillantes.

Un phénomène qui touche tous les secteurs et toutes les zones du territoire ariégeois mais reste synonyme de situations économiques compliquées et de situations sociales souvent vécues dramatiquement, par les employés mais aussi les patrons, voire un bassin géographique.

Le sujet reste tabou, avant tout, parce qu’il n’est jamais aisé, pour de multiples raisons, bonnes ou mauvaises, pour un chef d’entreprise d’oser reconnaitre la défaillance de son entreprise, espérant toujours en des jours meilleurs.

«Avant on recevait des dossiers pour l’accompagnement d’entreprises en difficulté bien souvent trop tard ou incomplets»

Pourtant assure Philippe Astruc, Président de la fédération des banques françaises ariégeoises – FBF 09, «on a tout intérêt qu’une entreprise en situation difficile s’en sorte»

Aussi, afin d’accompagner au mieux cette phase, dans la plus stricte confidentialité et sous l’entière responsabilité du chef d’entreprise en difficulté, un pool d’experts spécialisés met en place «la nouvelle APREDIFE»

Une Association pour la Prévention des Difficultés des Entreprises, issue d’un dispositif initié en 1992, réactivée en ces temps difficiles pour plus d’efficacité et d’opérationnalité.

Co-présidée par Germain Alberich (banquier) et Jean-Charles Meyer (expert-comptable), Pierre Dorie, son secrétaire général, aura la charge de la coordination d’un ensemble composé de membres de la CCIT 09, de banquiers et d’experts comptables mais aussi de l’UPAP, en partenariat avec d’anciens juges du tribunal de commerce de Foix.

L'APREDIFE veut apporter une réelle valeur ajoutée au chef d’entreprise qui fera appel à elle, mobilisant les ressources appropriées face aux difficultés diagnostiquées.

Diverses cellules de veille et de détection administratives existent, encore trop méconnues, avec lesquelles l’APREDIFE jouera la carte de la complémentarité et «un rôle de facilitateur pour déclencher le meilleur accompagnement possible»

Cependant, le principe clé de l’APREDIFE reste une intervention le plus en amont possible.

Pour cela elle souhaite s’appuyer sur une relation de confiance en toute indépendance avec le chef d’entreprise qui doit la saisir dès que des premiers signaux d’alerte apparaissent.

Un message qui reste à faire passer et accepter auprès des chefs d’entreprises.

Ce pool de conseillers spécialisés se met à sa disposition, à ses côtés pour trouver toutes solutions en termes techniques, de gestion des ressources humaines ou administratives, voire financières.

«Il faut aller vers une transparence totale dans la communication […] pour faire corps ensemble devant l’administration» assure Nicolas Couvreur, directeur de la CCIT 09 où se tenait la réunion de lancement de l’APREDIFE qu’elle abrite dans ses locaux.

Simplicité et réactivité sont les deux moteurs de l’association. En quelques clics le chef d’entreprise établit lui-même son auto-diagnostic.

Si cela s’avère nécessaire, il est alors assisté par un conseiller de l’APREDIFE qui l’accompagne dans l’élaboration d’un dossier plus complet, validé ensuite par une commission interne qui déclenche un accompagnement personnalisé et la mise en œuvre des préconisations identifiées.

«On se situe là dans une nouvelle approche partenariale autour du chef d’entreprise» martèle Jean-Marc Cot, technicien de la chambre, «pour mieux structurer, mieux informer et mieux accompagner»

Là, réside l’un des paradoxes de ce dispositif dont on ne peut qu’espérer la bonne marche, même si cela serait synonyme d’un nombre -toujours trop important- d’entreprises en difficultés.

Cependant, cette démarche où chacun a à y gagner permettra peut-être d’alléger la pile des dossiers qui s’entassent sur le bureau de Claude Delpy, le président du Tribunal de Commerce, présent également lors de cette réunion de lancement. Ce ne serait pas le moindre de ses succès.

L’autre objectif majeur de cette meilleure prévention auprès des entreprises en difficulté, souligné fermement par Germain Alberich, est «clairement la sauvegarde et le maintien de l’emploi»

Pour ces deux raisons, on ne peut qu’espérer que cette entreprise soit un succès.

Plus d’infos ou pour un premier contact: [email protected] – 05.61.02.03.26

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auteur: Py.M | publié le: 21/12/2012 | 18:57 | Lu: 8453 fois