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Quel avenir pour l'activité et l'emploi, en Ariège?

© midinews 2014

C'est non sans émotion que Gérard Centenero, arrivé au terme de son mandat, aura animé ce qui sera pour lui la dernière assemblée générale comme président de la fédération, qui plus est dans une telle conjoncture.

A l'assemblée générale ordinaire de la fédération qui se tenait dans l'enceinte, pleine, de l'amphithéâtre de Montgaillard, a succédé en effet une table-ronde animée dont le thème central portait sur l'avenir pour l'activité et l'emploi dans le bâtiment.

Alors de conjoncture il en a été largement question avec ce constat accablant dressé par le président: «le bâtiment souffre»
Le bâtiment va mal«Depuis 2008, une crise insidieuse s'est installée et dégrade notre activité, déplore le président qui dresse un constat accablant pour le secteur en Ariège. On comptait 3216 salariés dans le BTP en 2008, des chiffres qui ont fondu à 2648 fin décembre 2013»

«568 emplois perdus, soit une baisse de 18%, et autant de familles touchées, dans le département» considère Gérard Centenero.

740 défaillances d'entreprises sont recensées en 2013. Le CA du secteur est passé à 57m€ en 2013 soit une chute de 30%. Une lisibilité entre deux et trois mois, une fiscalité exténuante qui ampute la solvabilité des clients et entraine une baisse des prix de la construction conduisant dans leur chute les trésoreries et les marchés des entreprises.

Et le président de rajouter les aléas de la TVA, de plaider pour une simplification administrative, et d'un besoin impérieux d'une pause réglementaire, une pause sociale et fiscale face à la concurrence déloyale tandis que les maitrises d'ouvrage publiques et privées vont au moins disant.

«Nous avons besoin d'oxygène nous avons besoin de stabilité au milieu des turbulences, nous avons atteint la côte d'alerte», s'alarme-t-il encore.

Alors les propos de Bertrand Sablier délégué général de la fédération nationale qui évoque pour 2014, un ralentissement contenu à (-)0.7% pour le secteur, ne sont guère plus optimistes. Toutefois, rappelle le délégué, «ce n'est pas un tsunami on a perdu 80.000 emplois mais c'est nettement inférieur à l'activité. Cela veut bien dire que les entreprises ont tout fait depuis des années pour maintenir l'appareil de production. Mais aujourd'hui on arrive au bout du bout»

D'autant que selon lui le vrai problème reste la dégringolade des prix, jusqu'à -30%. «Les trésoreries sont à plat et les relations avec les banques sont de plus en plus tendues. Or, estime-t-il encore, s'il n'y a plus de trésorerie ni de réserves, le pire est devant nous, face à la concurrence déloyale»
J'apporte des réponses... pour redonner espoirConsciente des difficultés du secteur, Nathalie Martien, préfète de l'Ariège évoque encore ce chiffre, «40% des licenciements économiques ont touché ce secteur»

Pour autant elle se veut porteuse d'un message d'espoir: «La France va se relever des difficultés de cette crise terrible. On a des frémissements de reprise ou de stabilité depuis le dernier trimestre»

Et, comme des atouts maîtres, elle abat les principales mesures proposées par le gouvernement, en premier lieu le pacte de responsabilité. «L'objectif du gouvernement est de renouer avec la confiance et notamment sur le plan de l'instabilité quelle soit fiscale, sociale, martèle-t-elle aux chefs d'entreprises, pour leur donner de la visibilité»

«Ce pacte de responsabilité et de solidarité est fait sur au moins trois ans soit jusqu'en 2017, insiste-elle évoquant des mesures qui portent essentiellement sur la baisse des charges et du coût du travail, nécessaire à une compétitivité retrouvée»

Le maintien du CICE, conforté par un allégement des charges et cotisations patronales et familiales et ce «dès le 1er janvier 2015 pour certaines catégories de salariés, notamment sur les bas salaires»

«Ce sont des mesures inédites, extrêmement favorables aux entreprises, commente-elle, aux petites comme aux plus importantes, qui concernent directement le tissu ariégeois» Outre l'allégement des charges, revalorisation du travail, simplification des mesures administratives, sont autant de dispositions qui selon elle «doivent permettre d'améliorer la situation des entreprises de manière rapide»

«Il y a des jeunes qui craignent que leur avenir ne soit plus dans la profession. Où seront-ils lorsque nous aurons besoin d'eux pour relancer la croissance, s'alarme Gérard Centenero, tandis que la suppression des aides à l'apprentissage va amplifier la désertification des organismes de formation»

Et de conclure l'une de ses interventions par cette question adressée à tous: «Le pacte de responsabilité suffira-t-il à inverser cette spirale négative dans laquelle nous sommes?»

La question reste posée.

Sylvain Sastre | 06/06/2014 - 19:45 | Lu: 22287 fois