Inondations en vallée de l'Hers: vers un classement en catastrophe naturelle?
Presqu’une semaine jour pour jour après les terribles inondations qui ont eu lieu dans la nuit du 14 juin sur la haute vallée de l’Hers, Jean-Pierre Gillery, sous-préfet de Pamiers s’est rendu à nouveau ce vendredi sur le terrain en réunissant les maires des six communes concernées (la Bastide sur l'Hers, le Peyrat, l'Aiguillon, Bélesta, Fougax et Barrineuf et Lesparrou) ainsi que les différents services de secours, pompiers, gendarmerie, et de la préfecture (protection civile, bureau du développement territorial et économique) afin de faire un point précis de situation.
La réunion a eu lieu à la mairie de la Bastide sur l’Hers, elle a permis d’effectuer un débriefing et dresser le bilan des dégâts causés par ces intempéries une semaine après l'événement et répondre aux diverses interrogations et suivis à apporter.
Suivi du dossier par les services de l’Etat«Dès samedi matin après cet évènement tragique j’étais sur le terrain où j’ai rencontré bon nombre de riverains souvent sous le choc. Je leur avais promis de revenir», indique le sous-préfet en guise d’introduction.
«Dans ce genre de circonstances tout le monde vient sur l’évènement parce que sensationnel et disparait aussi vite car on passe à une autre actualité, d’autres problématiques. J’ai souhaité cette réunion pour faire avec vous un bilan d’ensemble des dégâts, vous aider à monter les dossiers. Ensuite peut-être une appréciation globale et enfin voir comment l’organisation des secours a été conduite, un retour d’expérience permettant d’y apporter des améliorations»
Dès le début de la semaine des demandes urgentes sont remontées des communes sinistrées, notamment à La Bastide/l’Hers pour la réparation de la chaussée menant au Village-Vacances qui doit ouvrir fin juin: «La commune a demandé une dérogation pour engager les travaux le plus rapidement possible. Elle lui a été accordée par la Préfecture» poursuit Jean-Pierre Gillery.
A Lesparrou, Pascale Audouy indique «que sur le coup les gens ont eu très peur, actuellement nous gérons les effets secondaires» Claude Camanès maire de l’Aiguillon souligne la rapidité de cet évènement météorologique qui a engendré en très peu de temps la crue de l’Hers.
«Dans le quartier du Moulin, un riverain a eu 1,50m d’eau devant la porte, on s’inquiétait car cette personne ne répondait pas au téléphone… nous avons alerté toutes les personnes isolées, nous y sommes allés physiquement mais le courant et la hauteur des eaux nous empêchaient bien souvent de progresser» A ce jour un pont est encore fermé à la circulation.
A Bélesta la hausse subite du niveau de la rivière a bouché le pluvial nécessitant l’intervention des pompiers. Des hameaux sont resté inaccessibles.
«Le plus gros des appels a eu lieu à 6h du matin, souligne le Lt Colonel Marcaillou. Si nous n’avons pas de sauvetage de personnes en danger nous évitons de sortir nos véhicules car ils peuvent être emportés. C’est aux premières lueurs du jour que l’on a pu faire un bilan complet et prioriser nos interventions.
Il y a eu sectorisation en deux groupes, une cinquantaine de pompiers sont intervenus et nous sommes intervenus sur une soixantaine de maisons. Par rapport aux autres inondations nous avons travaillé en une seule journée alors qu’à St Béa nous sommes restés dans la boue pendant une semaine. Ici nous avons eu un phénomène soudain et rapide»
Le directeur du SDIS note que l’on a fait d’importantes coupes d’arbres sur le territoire, «l’effet d’éponge des sapins peut à l’inverse après les coupes, avoir un effet de lessivage des sols»
Tous les élus s’accordent à dire que la réactivité et les compétences techniques des secours ont participé à une prise en charge rapide. La solidarité et le lien social ont fait le reste.
Et à présent que va-t-il se passer?Le classement en catastrophe naturelle ne tient pas compte de l’ampleur du phénomène, c’est son caractère anormal. Mais à quel endroit placer le curseur? Ce qui est sûr et le sous-préfet l’a réaffirmé dans ses propos: «La pluviométrie a été telle que l’on ne peut en haut lieu considérer cet évènement normal»
A partir de là il y a deux procédures distinctes:
La première consiste au classement en catastrophe naturelle pour les dégâts des biens meubles, immeubles des particuliers. L’intérêt est pour l’assureur qui est indemnisé par un fond particulier en fonction de la demande faite par la commune (ici c’est inondation par débordement de l’Hers).
On demande un rapport hydrologique à la Dréal et un rapport météorologique. C’est un comité interministériel qui examine le dossier avant de se prononcer (délais de 3 mois). Madame Régalon de la Préfecture attire l’attention sur le fait que les particuliers doivent recenser leurs dégâts en mairie: «Les récoltes qui ne sont pas engrangées, les piscines et autres murs de soutènement, les ponts, la voirie sont exclus de cette procédure»
La seconde mesure consiste à un fond de solidarité pour les collectivités territoriales. Elle concerne les dégâts sur les infrastructures routières, talus, éclairages publics, ponts, réseaux d’assainissement…
A priori les dégâts du week-end dernier sont bien supérieurs à 150 000 euros (condition requise à cette prise en charge). Même si la préfecture récupère intégralement tous les devis et les délibérations prises dans les conseils municipaux c’est la direction générale des collectivités locales du ministère de l’Intérieur qui gère en direct et arbitre les dossiers.
Les services de la préfecture ont signalé six communes dans la vallée de l’Hers et une commune en Couserans, Alos. Des documents explicatifs ont été distribués aux élus présents lors de cette réunion où chacun a pu s’exprimer.
Alain Ramos, menuisier à L’Aiguillon qui avait tout perdu lors de cette terrible inondation a nettoyé son entreprise, travaillé avec l’électricien pour faire repartir ses machines. Il reprendra son activité dès lundi car il n’a pas le choix. Sans avance de trésorerie il ne peut pas se permettre de baisser les bras. Il attend comme tous les sinistrés le classement en catastrophe naturelle.
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