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30 ans pour le site Continental de Foix, une success-story qui s'écrit encore

© midinews 2014

Que de révolutions -industrielles- depuis la mise au point sur le site de Foix du premier calculateur de transmission par une dizaine de salariés.

C'était le siècle dernier, en 1984. Un site qui a pris un virage en 2007, passé sous pavillon Continental Automotive et un rayonnement international plus large encore depuis 2009 avant la consécration en 2012 comme meilleure usine européenne, «la première fois depuis onze années qu'une industrie française obtenait cette glorieuse distinction», selon Antoine Jouin, président d'Automotive France.
30 ans d'histoire avec FoixLe président a tenu a honoré cet anniversaire «les trente ans de l'usine de Foix» (qui suivent de près ceux de Boussens, 31 ans et de Toulouse 35 ans), en compagnie de Jean-Yves Paulin, vice-président en charge du département recherche et développement ainsi que de Jean Cazaubieilh, directeur du site de Foix. Une Garden Party sera organisée sur chacun des sites dans les prochains jours avec les clients, les employés, le grand public.

Une histoire démarrée en 1983, dans un bassin industriel essentiellement basé sur l'industrie textile, alors en pleine reconversion.

«Ce savoir-faire, cette dextérité dans l'assemblage des premiers modèles de composants électroniques, la proximité de Toulouse et de ses universités», ont alors fait penché la balance en faveur du site de Foix, explique le directeur du site. Une histoire que le temps a confirmé et même devancé. «On se projette déjà à 2030», anticipe Antoine Jouin.
Un groupe mondialisé dans un marché mouvant et complexeContinental Automotiv, c'est en effet 33 milliards de CA en 2013, 182.000 salariés dans le monde et une présence dans 52 pays, l'un des trois leaders mondiaux sur le segment de marché de l'électronique embarquée dans l'automobile, face à de redoutables concurrents comme Boch ou Denzo.

La seule division Powertrain, englobant l'Engin System (dont dépend le site de Foix) compte 3.000 salariés dont 1.200 ingénieurs, essentiellement sur Toulouse. Dans un domaine, l'électronique embarquée, qui vise à toujours plus de performances et de sécurité pour un moindre cout et un meilleur respect de l'environnement, et où les normes sont toujours plus contraignantes (aujourd'hui le seuil de 95g d'émissions de CO2 est recherché, bientôt celui de 70 et le ministre de l'économie lui-même fixe un objectif de 2 litres aux 100 kilomètres).

«La voiture de demain, résume Antoine Jouin, c'est zéro embouteillage, zéro pannes, zéro accidents et même l'intermodalité, dans lequel des systèmes de transport de plus en plus intelligent permettent une conduite en totale autonomie ou presque»

Un système déjà en pratique dans le Névada, seul Etat au monde à autoriser la conduite autonome. Grâce à l'électronique, l'intelligence embarquée, le conducteur se laisse conduire d'un point à un autre, sans plus toucher le volant ou presque. Ces objectifs d'excellence reposent sur l'innovation et la qualité, quelle que soit la motorisation essence, diesel ou hybride même si chacune implique des contraintes particulières.
A Toulouse on conçoit, à Foix on produitLe poids de la voiture et de ses matériaux, la combustion moteur, la capacité de récupération d'énergie sont les trois pierres angulaires pour les voitures plus performantes et moins énergétivores de demain.

Si l'on conçoit à Toulouse pour près de 98% ce qui sera fabriqué à Foix, c'est bien sur ce site que l'électronique précise, sophistiquée est fabriquée puis mise en série avant d'équiper quelques-unes des plus grandes marques automobiles au monde, «Peugeot, Renault, bien sûr mais aussi Ford, Toyota, Fiat etc...»

Une qualité et un savoir-faire comme un combat au quotidien, renforcés en permanence au travers du centre de formation propre au site, que ne peuvent, encore, égaler en termes de compétences les pays à bas coûts, d'Europe ou d'Asie. «On tient par l'innovation, la technologie, la performance et la réactivité», assure le président de Continental Automotive France.

Avec à l'arrivée cette distinction honorifique qui consacre les efforts consentis par le site et valorise ces quelques 600 références clients, 70 usines clients, plus de trois milliards de composants assemblés et un taux de retour des défauts avoisinant les 1 pour un million, soit proche de la perfection. «C'est la haute technologie pour la meilleure valeur», clame le président.

Sur Foix, les 400 salariés (pour environ 20% d'intérimaires) qu'emploie le groupe interviennent sur 8 lignes de production susceptibles d'évoluer sensiblement à l'avenir, en fonction des nouvelles normes, des nouveaux marchés qui s'ouvrent mais que d'ores et déjà «un plan global d'investissements de plusieurs dizaine de millions d'euros sur les trois ans à venir» anticipe avec quelques embauches à la clé, même si l'on se veut prudent sur ce point.

Rouage essentiel d'un ensemble plus vaste, où qualité et innovation sont les maitres mots de la mobilité de demain, qu'elle soit individuelle collective ou intermodale, le site de Foix reste aussi exemplaire des valeurs d'un groupe, discret par nature, à l'ombre des grands constructeurs automobiles, «un ancrage territorial et local fort pour un rayonnement international»

Sylvain Sastre | 11/06/2014 - 19:08 | Lu: 17386 fois