Crédit Agricole à Foix: la banque verte est venue délivrer un message d'espoir
Ce mercredi à L’Estive de Foix la Banque Verte versait dans la communication positive.
«Des raisons d’espérer», tel était le thème développé au cours de la soirée sur les deux tables rondes, l’une composée de politiques (Jean-Pierre Bel, André Trigano, Augustin Bonrepaux ou Norbert Meler), l’autre de consulaires (Paul-Louis Maurat de la CCI, Gérald Sgobbo de la CMA et François Toulis de la CA) et de décideurs, où tous ont donné leur éclairage sur les actions menées pour construire l'avenir de l’Ariège sous le signe de l'optimisme et du développement.
Ancrage mutuel et solidaire du Crédit agricole Sud Méditerranée à son territoirePour Michel Benassis, président de la caisse régionale Sud Méditerranée «il faut lutter contre la sinistrose ambiante. Les dirigeants donnent une orientation vers une convergence positive et le département a certainement sa carte à jouer dans l’avenir»
Dans les échanges il a été question de désenclavement, d’environnement, de la proximité de la métropole toulousaine, de la RN20, de l’agriculture et du renouveau industriel de l’Ariège.
Philippe Aveline, le directeur général, a ensuite repositionné le Crédit agricole Sud Méditerranée au cœur des débats, en expliquant avec conviction que la caisse régionale est plus que jamais en ordre de marche pour accompagner les projets de ses clients mais pour qu’il ait des projets il faut de l’optimisme:
«Il faut s’ouvrir des voies dans tous les domaines, commerce, agriculture, industrie, des voies qui nous rendent positifs pour l’avenir. Les tables rondes que nous organisons sont très complémentaires et tous sont convaincus des atouts de ce département et nous donnent des raisons d’espérer»
Le directeur général a ensuite rappelé les valeurs de son entreprise: la proximité et la prise de décision locale: «Le Crédit Agricole souhaite maintenir cette relation de proximité avec ses clients et auprès des entreprises locales pour financer notre territoire dans une économie réelle»
Et pour le banquier qui attend la reprise les bonnes raisons d’espérer résident dans les taux d’intérêts: «Pour ceux qui ont des projets, il n’a jamais été aussi bon de rencontrer son banquier qu’aujourd’hui poursuit Philippe Aveline. Les taux d’intérêts n’ont jamais été aussi bas depuis la guerre, c’est vraiment le moment opportun pour investir!»
Après Michel Serres à Perpignan en 2013, Vincent Chatellier hier à FoixLe public a ensuite pu assister à la conférence de Vincent Chatellier, ingénieur de recherche à l’INRA de Nantes et Directeur du LERECO (laboratoire de recherches et d’études économiques). Le chercheur a évoqué le défi alimentaire mondial et la place de l’agriculture française dans l’agriculture mondiale… là aussi des raisons d’espérer.
Notre agriculture est extrêmement tracée, normée, segmentée, si la compétition dans les années 90-2000 portait sur les prix avec la montée en puissance des pays émergeants l’avenir est à présent aux savoir-faire et à l’internationalité.
«L’agriculture française est à une période charnière de son histoire explique Vincent Chatellier. On a su produire pour le marché domestique, désormais il faut être capable de dynamiser davantage notre production pour le marché extérieur. Finalement on se rend compte qu’aujourd’hui la demande mondiale est extrêmement forte et les croissances extrêmement grandes»
Et là de développer avec quelques exemples: dans le secteur des céréales le marché du blé va augmenter de 15% d’ici dix ans, la consommation de sucre de 25%... dans cette optique, selon lui «l’Europe a une carte maitresse à jouer car elle est excédentaire dans un certain nombre de produits qu’elle peut exporter et la normalisation, la traçabilité et la segmentation de son agriculture sont autant d’atouts dans un monde (notamment celui des pays émergeants) qui devient très exigeant… c’est une des vertus de l’internationalisation.
Si bien qu’aujourd’hui on est capable d’exporter des produits qu’on n’exportait pas il y a une vingtaine d’années. Je crois dans la capacité que nous avons à capitaliser des efforts de segmentation et de traçabilité dans ce contexte»
Pour autant il ne faut pas opposer les modèles, l’agriculture de proximité peut coexister avec cette agriculture ouverte sur le monde: Pour Vincent Chatellier il s’agit bien d’une internationalisation vertueuse.
Autre message d’espoir, selon le chercheur, l’agriculture n’est pas abandonnée de la puissance publique: «Nous avons une politique agricole solide qui représente encore en 2020, 36% du budget de l’Europe et la France, avec 19% du budget de la PAC en est la première bénéficiaire.
Certes nous avons des débats en interne mais les fonds déployés pour les élevages extensibles des zones de montagne comme dans le département de l’Ariège ont permis grâce à ces politiques publiques de réaliser des transferts positifs.
Troisième chose que je veux partager avec vous ce soir: l’agriculture est un secteur créateur de richesses et pas seulement créateur de denrées alimentaires. Elle ne se résume pas uniquement à une production, c’est une création de richesses sur les territoires avec les circuits courts, de l’énergie, du tourisme… bref une capacité à produire autre chose, à réinvestir.
Beaucoup d’agriculteurs sont des entrepreneurs. Et la banque a son rôle à jouer en aidant les jeunes à accompagner ce mouvement, véhiculer ces valeurs auprès d’eux, être capable de transmettre cette énergie positive. L’agriculture est, et à toujours été, un métier exigeant mais c’est un métier sexy, un secteur porteur.
Il faut la mettre dans un contexte plus global surtout dans des départements comme l’Ariège peu peuplés et pour lequel le positionnement géographique est particulier: l’Espagne est forte sur le plan agricole en matière de fruits et de légumes, dans le secteur porcin mais nous avons en France deux ou trois domaines qui nous démarquent des autres pays européens comme les céréales (et les clients sont de l’autre côté de la Méditerranée), la viticulture (nous sommes de loin des leaders européens) ou le lait (la France est entourée de trois pays déficitaire: l’Espagne, le Royaume Uni et l’Italie)… nous avons beaucoup de choses à mettre en avant pour croire aux défis de l’agriculture de demain»
Et pour cela il faut croire en ce formidable potentiel: «Je pense que ce n’est pas un métier facile, cela restera un métier exigeant mais il y a trois millions de chômeurs en France, il y a des gens qui peuvent réussir dans cette activité là et notre devoir, nous qui avons une vision de ce secteur à plus long terme c‘est de dire qu’il y a des opportunités de croissance. Il y a des agriculteurs qui réussissent et qui ne céderaient leur métier pour rien au monde. Il y a des gens passionnés qui sont dans la qualité et des gens qui s’interrogent sur le fait d’épouser ou non la cause rurale pour exercer leur métier de demain»
Une soirée de toute évidence très appréciée par l'auditoire et un concept que le Crédit agricole entend renouveler chaque année.
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