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Lorp-Sentaraille: Saica Natur, un champion discret du traitement des déchets

© midinews 2014

Pas de photos ni de vidéos autorisées. Ici on veille jalousement à ces process.

C'est sûrement comme cela que l’on devient le champion régional de la collecte du traitement et de l’élimination des déchets triés.

Quoi qu’il en soit, Cyril Roux, responsable commercial de cette société basée sur la zone industrielle du Couserans (Lorp-Sentaraille et Caumont) est plus loquace pour retracer le parcours et parler de l’entreprise qui l’emploie.

C’est en 2003, qu’un pool de partenaires, un groupement de papetiers européens, rachète l’entreprise familiale, la Société LLau spécialisée dans le négoce de matériaux et autres déchets avant que Saica Natur, société espagnole qui a son siège à Saragosse n’en devienne l’unique propriétaire en 2010.

Leader européen du secteur papetier Saica Natur, qui emploie 9.000 personnes essentiellement en Europe Occidentale, compte trois divisions complémentaires.

«Une division Papier, détaille le responsable commercial, qui produit du papier recyclé pour l’emballage, une division Pack qui fabrique des cartons pour l’emballage et la division Natur spécialisée dans la récupération et la gestion des déchets. D’abord le papier puis progressivement tous matériaux valorisables jusqu’aux matériels et équipements de bureau qui constituent la dernière diversification du groupe»

L’usine de Caumont est l’un des deux centres français de la division Natur, avec celui de Tarnos du côté de Bayonne, qui vient compléter cette logique poussée à l’extrême de l’intégration circulaire.

«Ici on boucle le cycle de vie d’un produit, commente Cyril Roux. On récupère en vrac tous les déchets papiers, cartons, métaux sur notre zone de chalandise et plus largement tout le quart Sud-ouest, soit pas loin de 3.000 tonnes par an sur les deux sites (et même 15.000 si l’on tient compte de la totalité des flux que nous ne valorisons pas nous-mêmes). Collectivités locales et entreprises sont les principaux fournisseurs qui alimentent cette chaine»

Les partenaires locaux sont le Sictom ou encore le SMECTOM, les papeteries de Saint-Girons bien sûr et la grande-distribution.
Un site devenu le troisième exportateur ariégeoisLe centre de Caumont emploie une vingtaine de salariés pour un chiffre d’affaires qui avoisine les 12 millions d’euros. A la pointe des derrières normes européennes et très impliqué dans les démarches sociétales et environnementales, le site se targue aussi de ses certifications ISO 9001 et ISO 14001.

Deux principaux objectifs sont poursuivis au travers de ces engagements qui constituent l’essence même de l’activité du Groupe Saica. Zéro décharge tout d’abord «puisque notre but est toujours de proposer des solutions alternatives à l’enfouissement, solution ultime, partant du principe que tout déchet est valorisable» Et zéro accident, car la manipulation, le transport de matériaux parfois lourds suppose une attention particulière aux risques et aux mesures de sécurité.

Ces tonnes de déchets de tout type collectées, souvent en vrac, sont ensuite triées, reconditionnées en balles (d’une tonne) et en fagots dans le centre de récupération de la zone industrielle du Couserans avant de connaitre une destination nouvelle.

«Nous offrons désormais un service intégral dans la gestion des déchets d’origine industrielle, explique Cyril Roux, sur les déchets dangereux, non dangereux, le carton la ferraille, le plastique. Nous proposons à nos clients des bennes et des compacteurs. Car, la plupart des matériaux se valorisent. On revend la plupart de nos déchets triés»

C’est ainsi que près de 80% du CA des matières valorisables sont vendues à l’export «par exemple, indique Cyril Roux, le papier se diversifie dans la valorisation énergétique puisqu’il est utilisé dans une chaudière industrielle qui alimente en énergie le ¼ de la ville de Saragosse»

Et Saica Natur, dans ce secteur environnemental fait figure de champion local puisque elle est le troisième exportateur ariégeois en 2012.

«Le gâteau se rétrécit dans le contexte économique qui est le nôtre, rajoute Cyril Roux, la concurrence s’intensifie. Alors on essaie de se diversifier notamment par des collaborations avec des éco-organismes, dans l’éco-mobilier etc. Mais il l’admet, il reste encore beaucoup à faire au niveau de l’intégration européenne, en particulier pour tout ce qui concerne le transfert de déchets transfrontaliers pour asseoir le développement d’une véritable filière»

Les emplois verts de demain, dans ce secteur stratégique, en découleront.

Sylvain Sastre | 10/06/2014 - 19:31 | Lu: 12753 fois