On se souvient du désespoir des éleveurs laitiers ariégeois, contraints en 2003 ou en 2009 de vendre à perte leurs productions, certains préférant même ouvrir les vannes de leurs citernes et vider des centaines de litres de lait dans les caniveaux.
Aujourd’hui ils ont l’impression de revivre le même scénario, étranglés par l’augmentation des charges, la fluctuation du prix des céréales et la baisse de leurs revenus, le malaise est profond.
Bernard Bousquet, éleveur laitier sur la commune de Mirepoix, aurait pu sombrer dans la sinistrose. A la tête d’un troupeau de 70 vaches laitières (soit 800 000 litres de lait par an), il a repris l’exploitation familiale en GAEC avec son frère et sa belle-sœur.
«Je me souviens encore de la grève du lait, quand on a jeté le produit de notre travail, cela fait très mal financièrement car les charges ont continué à courir. Je me rappelle du soutien de la population locale quand on donnait notre lait sur le marché de Mirepoix… même si cela n’a pas changé grand-chose, cela nous a redonné du baume au cœur»
Comme beaucoup de producteurs de lait en Ariège, Bernard Bousquet vendait 100% de sa production au Groupement Laitier des Pyrénées (GLP) à Rieucros, une structure qui rencontre dans les années 2005 d’importantes difficultés financières.
Dans le même temps, une laiterie du Pays Basque, ONETIK, lance l’idée de faire du Lait de Pays, une initiative novatrice à l’époque: produire, embouteiller et vendre dans la région pour limiter les frais et surtout garantir la qualité du produit.
«Quatre partenaires portent ce projet, explique Bernard Bousquet. Le Conseil général de l’Aude littéralement emballé par ce produit et déjà propriétaire de la marque déposée Pays Cathare, s’occupe de la communication, la laiterie ONETIK de la collecte en relation avec les producteurs laitiers et les grandes surfaces s’inscrivant dans cette démarche car il s’agit d’un concept de parrainage d’une exploitation laitière par un hypermarché… Il y a dix ans que cela fonctionne»
Aujourd’hui Bernard est l’ambassadeur de cette marque
On découvre son visage sur les bouteilles de lait estampillées «Lait du Pays Cathare» au hasard des rayons de l’Intermarché de Pamiers qui suit ce produit depuis de longues années et en écoule une demi-palette par jour.
Le cahier des charges est strict, il tient compte autant du bien-être animal, de la qualité du fourrage, du stockage du lait, que des exigences de collecte ou de pasteurisation, en passant par la commercialisation…
Selon Bernard, la marque Lait du Pays Cathare est un bon vecteur de communication lui permettant d’écouler sa production: «plus la laiterie en vend plus elle en tire des bénéfices mais paradoxalement le producteur ne fait pas des marges considérables. Il faut vraiment être passionné par son métier pour continuer car l’élevage laitier est difficile, les charges financières ne sont pas compressibles et le moindre investissement se rembourse sur 25 ans»
Sur le même principe, après le succès de l’opération «Laits de Pays», l’entreprise ONETIK produit du Lait des Pyrénées, la région de production s’étend à toute la chaîne pour là aussi un produit parfaitement identifiable.
Mais pour les producteurs laitiers, qu’ils soient originaires de l’Ariège comme Bernard, de l’Aude ou de tout autre département, l’avenir de leur production est du côté des consommateurs: «nous comptons sur les consommateurs pour qu’ils achètent un maximum de lait de région… il en va de l’avenir de notre profession»
Le Lait du Pays Cathare
Bernard Bousquet
Gaec de Bellevue, La Grange de Sibade
09500 Mirepoix
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