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Pamiers: le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance impliqué à 100%
03/05/2012 | 20:06

La Ville de Pamiers  mise sur l’insertion des jeunes en «difficultés sociales», ceci n’est pas une nouveauté tant l’implication du service médiation prévention porte ses fruits depuis plusieurs années, par l’intermédiaire de nombreuses actions préventives et valorisantes.

Ces opérations sont financées en partie par le Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance et se veulent un véritable tremplin ou parfois même une simple bouffée d’oxygène pour des jeunes très éloignés de l’emploi, souvent contre leur gré.

Parmi ces actions, tout d’abord différents types de stages ou d’ateliers.

De plus en plus de stages éducatifs sont organisés au sein du service médiation prévention pour des adolescents désocialisés, souvent à la demande d’un collège et surtout en associant systématiquement la famille dans cette démarche, sans qui la réussite du stage ne serait pas garantie.

Claudine Legrand, directrice du nouveau pôle prévention et tranquillité publique indique que «ces stages peuvent durer une simple journée jusqu’à parfois une semaine et permettent tantôt d’inculquer quelques repères oubliés, de consolider un projet existant ou parfois de bâtir un projet individuel si nécessaire.

L’important est tout simplement qu’aidés par un éducateur municipal, les jeunes donnent du sens à leur existence et se projettent dans l’avenir, leur avenir
»

Pour les jeunes majeurs en situation d’insertion professionnelle, il s’agit plutôt de leur donner des atouts supplémentaires pour trouver du travail. Et les services techniques municipaux sont toujours prêts à accueillir les jeunes recrutés par le service médiation prévention.

L’atelier d’insertion avec «bourse au permis de conduire» en est le meilleur exemple. Car parfois, certains jeunes ne peuvent accéder à l’emploi pour des problèmes de mobilité.

Nous posons donc cette question: le permis de conduire étant devenu incontournable, comment faire quand on a 18 ans et aucune ressource pour se le financer?

Gérard Warszawski, conseiller Mission locale répond sans hésitation: «le service médiation prévention et la Mission locale ont trouvé ensemble une réponse: attribuer à ces jeunes des bourses allant de 250 € à 500 €, versées directement à l’auto école de leur choix et en fonction des heures et de l’implication fournis durant l’atelier mis en place.

Les jeunes ont ainsi pour les vacances de Pâques, travaillé autour de l’entretien des espaces verts sur les quartiers Gloriette et Foulon, participé à la réalisation d’une expo photo, réalisé un parcours et un «road book» dans le cadre du rallye piéton qui sera organisé par l’école Cazalé en juin, et même participé à la promotion de l’opération SAM à la discothèque le Babylon.

Ces ateliers, qui ont eu lieu autour de 10 jeunes âgés de 18 à 25 ans ont permis notamment à Jordan, Mohammed, Clara et Manon de croire un peu plus en eux et en leur avenir
»

Et les résultats ne se sont pas fait attendre, puisque sur la soixantaine de jeunes qui ont bénéficié de ces bourses depuis quatre ans, plus de la moitié sont actuellement dans une situation stabilisée…

Venons-en ensuite au programme d’insertion par le sport lancé depuis 5 ans.

Didier Cerny, conseiller municipal délégué, nous explique pourquoi: «nous sommes conscients des nombreuses vertus et des valeurs qui peuvent être véhiculées par le sport: le respect des règles et d’autrui, le partage et la solidarité en sont les plus connus mais pas seulement.

Chaque activité est différente et nous permet de faire passer différents messages en fonction du public visé, et surtout de la situation dans laquelle se trouve la personne
»

Ainsi ont été créées depuis quelques années différentes formes d’activités: ateliers, stages, sorties, qui voient le jour en partenariat avec le service des sports  et toujours au service du projet du CLSPD, parfois même d’un besoin exprimé par les jeunes eux-mêmes.

Abdel Oulias, l’éducateur de rue et médiateur précise: «par exemple, quand nous mettons en place des ateliers autour du rugby ou de la boxe, nous visons particulièrement des jeunes qui ont besoin de canaliser une forme d’agressivité et un manque de repères.

L’activité futsal nous a permis de travailler sur l’autonomie des jeunes car ils ont monté leur propre association de quartier, l’association 1JA.

Une journée «sport découverte» autour du parapente ou de la plongée sous-marine permettra quant à elle de sortir ponctuellement la personne de son cadre de vie, qui pèse parfois sur son moral.

Nous tentons aussi dans ce cas de la mettre dans une situation de réussite en combattant ses peurs et ses limites.

Les jeunes rentrent souvent chez eux  revalorisés, revigorés et gonflés à bloc. Ils sont prêts à nouveau à affronter les obstacles dressés sur leur passage dans leur quête du graal: un boulot
»

Pour en arriver progressivement à un traitement individuel des problématiques.

Pour cela, une «cellule de suivi des mineurs en grandes difficultés» a été créée l’an passé par la collectivité afin de pouvoir traiter les problématiques de manière plus individuelle, donc plus humaine et proche des difficultés rencontrées par les personnes.

La réactivité est aussi le maître mot et pour cela de nombreux partenaires sont mobilisés autour du CLSPD de la Ville de Pamiers: la Mission locale, l’Aide au Développement Social du Conseil général, la Protection Judiciaire de la Jeunesse, sans oublier bien entendu l’Education Nationale qui est un maillon incontournable dans la chaîne éducative.

Eric Rigal nous explique: «nous souhaitons de plus en plus travailler à l’échelle humaine.

Nous avions créé en 2006 au sein du CLSPD une commission «
insertion des jeunes» mais nous avons vite compris, au fil des années, qu’il fallait faire évoluer ce groupe de travail au plus près des problématiques que connaissent les jeunes au quotidien, parfois très différentes les unes des autres.

Nous sommes aussi convaincus que les partenaires sociaux dont nous faisons partie doivent plus que jamais communiquer et échanger des informations qui permettent souvent de débloquer des situations complexes, en respectant bien entendu le secret professionnel
»

Dans l’immédiat, ce groupe de travail entre «institutionnels» respecte donc l’anonymat des personnes.

Mais l’objectif est bien de créer à moyen terme des espaces de confiance, que les acteurs sociaux «de terrain» s’approprieront afin d’échanger beaucoup plus et en toute sécurité. A bon entendeur…

Source: CLSPD de la Ville de Pamiers

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publié le: 03/05/2012 | 20:06 | Lu: 3019 fois