Les militants du Réseau Actions Ariège Libertés (RAAL) très présents depuis plusieurs mois sur le terrain médiatique pour s’opposer à la loi dite Loppsi2 (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) ont trouvé à Mazères un autre terrain de prédilection avec la récente installation de caméras de vidéo surveillance rebaptisées «vidéo-protection»
Une vingtaine de militants grimés se sont donc invités dimanche sur la traditionnelle foire de Printemps pour sensibiliser les visiteurs et provoquer le dialogue.
Dans le cortège de cette «déambulation festive», les opposants stigmatisent ce système qui selon Jean-Luc Béroud est «inefficace et onéreux […]
A Nice, la ville la plus surveillée de France, on compte une caméra pour 700 habitants et ici à Mazères c’est une caméra pour 500 habitants et il risque d’y en avoir beaucoup plus d’ici peu!
Alors que le maire s’est battu pendant dix ans pour avoir une autoroute avec une sortie Mazères, aujourd’hui paradoxalement le maire se plaint de la délinquance que lui apporte cette même autoroute»
«Ici en plus des caméras vidéo, les habitants sont appelés à signaler à la mairie tout comportement suspect dans le cadre de l’opération Voisins Vigilants, une invitation à la délation» ajoute Dominique Masset qui explique à qui veut bien l’entendre que «la police de proximité et les associations de quartiers seraient bien plus efficaces»
Pour les Mazériens interrogés à la sortie de l’office du dimanche, il n’y a pas photo: la vidéo protection est gage de sécurité.
Louis Marette, maire UMP de cette ville de 3500 habitants, est très satisfait de l’implantation de ses six caméras car selon la gendarmerie il y aurait à Mazères 35% de délinquance en moins depuis trois mois: «les gens qui manifestent aujourd’hui ne sont pas de Mazères […]
Il faut bien qu’il y a ait une opposition sinon on serait dans une république bananière. Ici 99% de la population est d’accord. J’envisage d’en faire installer autant dans les zones industrielles régulièrement vandalisées»
Et le maire de Mazères, à l’instar de celui de Pamiers ou de Saint Girons, une municipalité PS où l’installation d’un système de vidéo-protection est passée inaperçue, font des émules.
En effet, Philippe Calléja, premier magistrat de Saverdun, la commune voisine, réfléchit sur l’installation de 6 à 9 caméras de vidéo protection dès l’été prochain.
Quant à Jacques Billant, Préfet de l’Ariège, ces dispositifs «contribuent à préserver la tranquillité publique en amenant les collectivités à réfléchir sur l’équipement en vidéo protection […]
Il ne s’agit pas de couvrir les villes de tels équipements mais de préserver les commerces de vols à main armée et de dégradations […]
Ces dispositifs de vidéo protection accompagnent l’enquête et ont permis de résoudre un nombre important de faits. Cette politique est très soutenue par l’Etat et donc par le préfet»
Les militants du RAAL ne comptent pas en rester là. Après cette action symbolique ils organisent mardi 19 avril à 21h à la salle de réunion de la mairie de Mazères une réunion avec une représentante du syndicat de la magistrature sur le thème: «Quelle utilité les caméras de vidéosurveillance ?»
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