Après dix années de lutte acharnée avec le Smectom du Plantaurel, gestionnaire du site de Berbiac qui accueille tous les ans près de 50 000 tonnes de déchets ménagers et avec le Conseil général en charge de la révision du plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PDEMA), les opposants historiques à la décharge de Manses ont enfin trouvé un compromis «acceptable» leur permettant de «normaliser» leurs relations avec les institutionnels.
Concernant la Mairie de Manses, le Smectom s’est engagé à ne pas aller au-delà de l’exploitation du 3e vallon pour une capacité de 800 000m3 (la durée de l’installation allant de 18 à 25 ans).
Il exonère les riverains de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) dans un rayon de 1km de la limite de la décharge (cela représente 7 000€ par an) et s’engage à verser une indemnité annuelle de 1€ par tonne enfouie dès 2009 à la commune de Manses (soit 75 000€ par an empochés par cette seule commune) et 0,50€ à la commune de Mirepoix.
Une base de 35 000€ par an est mise à disposition pour réaliser des contre-expertises ou des études environnementales.
Cette année ce sont 150 000 € d’études complémentaires qui ont été réalisées: travail sur les lichens et suivi renforcé des agents qui travaillent sur site… des actions qui n’auront pas échappé au Comité Ecologique Ariégeois (CEA) en visite hier sur le site de Berbiac.
Longtemps opposé au projet initial, il siège désormais à la commission locale d’information et de surveillance (CLIS) et votera certainement le mois prochain l’extension du site de Berbiac.
Une extension consécutive à l’augmentation des déchets ménagers et nécessaire pour la mise en œuvre de la technologie de récupération du biogaz produit par la méthanisation.
Mais aujourd’hui Jean-Pierre Delorme (porte-parole du CEA) a demandé à visiter le site pour mieux comprendre ce dossier complexe et pouvoir donner «un avis réfléchi»
Favorable à la formule du BBR (bioréacteur réversible) avec enfouissement en casier et valorisation énergétique du biogaz produit (méthane) dont les travaux commenceront dans quelques temps, le CEA reste vigilant sur le devenir du site et suggère même la mise en place de certains aménagements.
«Il faut traiter et gérer les déchets à la source» explique J-P Delorme pour qui la gestion du site de Berbiac sera efficace si la gestion des ordures est maîtrisée.
«Le CEA est prêt a suivre l’évolution du traitement des déchets et proposer des solutions dans le sens d’une réduction massive des déchets, notamment en essayant de récupérer les végétaux et tous les déchets organiques de façon à éviter la production de méthane dans ce genre d’enfouissement […] nous savons aussi être une force de proposition quand on veut nous écouter»
Alain Caillat, directeur du Smectom du Plantaurel, a tenu à réaliser lui-même la visite organisée par le CEA et à répondre à toutes les questions de ce petit groupe.
«Nous demandons une prolongation d’utilisation de cette installation car sa capacité maximum n’est pas encore atteinte.
Nous allons rajouter quelques modules, dont un quai de transfert exclusivement dédié au pays de Mirepoix, une unité de valorisation énergétique qui est actuellement en fonctionnement et des alvéoles de captage du biogaz […]
Nous avons modifié notre système de captage de biogaz, notre système de traitement […] les grands travaux pour le BBR sont pour plus tard mais nous commençons à y penser.
Avec ce projet nous pourrons à terme séparer toute la partie valorisable, les CSR (un pilote industriel vient d’être réalisé sur 400 tonnes). On peut économiser 45% sur les tonnages enfouis!
Désormais un accord vertueux nous lie avec le pays de Mirepoix mais il faudra pour l’après 2030 trouver une autre solution pour le traitement des déchets de l’Ariège […]
Notre objectif est de diminuer les déchets à la source et nous espérons trouver des filières pour les autres produits valorisables»
Du côté des riverains, pour certains comme Claude Albouy (habitant le village de Manses) la décharge n’a jamais été un souci «on vit avec» mais il dénonce cependant le ballet incessant des poids lourds avec remorque sur des routes départementales bien étroites.
Selon lui: «on a perdu 10 ans en palabres, on ne sait toujours pas où l’on mettra nos ordures ménagères en 2030 après la fermeture de Manses»
D’autres comme Claude Cambus, opposant de la première heure, restent vigilants.
Certes il a enterré la hache de guerre et participe désormais au comité de pilotage du projet: «lors du prochain CLIS qui se réunit en septembre, le Smectom va annoncer certains résultats, notamment une augmentation de 6% des volumes d’ordures en 2010, il explique cette augmentation par une reprise de l’économie, elle serait due à l’augmentation des ordures des entreprises pour autant il faut continuer à travailler sur la maîtrise des volumes à la source, c’est une action citoyenne.
Les études environnementales et sanitaires ont été réalisées par un labo pendant deux ans sur la toxicité aigue et chronique. Il n’y a aucun signe important à l’extérieur du site.
Le seul problème qui reste pour nous c’est celui des odeurs (200h par an pour certains riverains), les prises au feu (4 l’été dernier) et le trafic routier généré par la décharge: on a dénombré 26 passages côté Varilhes et presque autant côté Mirepoix, malgré les mesures visant à diminuer la vitesse, c’est beaucoup de trafic pour des chaussées qui ne sont pas calibrées à ces tonnages-là»
| Rappel des autorisations d’exploitation du CET 1998: autorisation d’ouverture du 1er casier 1999: autorisation ouverture 2e casier 2003: autorisation d’extension des 1er et 2e casiers par proposition d’alvéoles sur ces deux casiers. Cet arrêté préfectoral vient à expirer fin 2011 bien que la capacité de l’extension du premier casier permette encore l’accueil de déchets jusqu’à la fin 2015. 2011: le nouveau dossier d’autorisation d’exploiter porte donc sur cette extension de la capacité de stockage pour 5 années. L’enquête publique qui aura lieu du 29 août au 29 septembre 2011 inclus, vise à recueillir les observations des communes concernées, des riverains, des différentes collectivités et administrations territoriales, afin que le commissaire enquêteur formule un avis. Le Clis qui se réunit le 8 septembre prochain doit lui aussi émettre un avis. C’est en 2015/2016 que le nouveau projet de traitement des déchets (extraction préalable des parties valorisables avant enfouissement) démarrera dans le 3e vallon conformément aux décisions prises dans le cadre de la révision du plan départemental de traitement des déchets, lequel avait déjà fait l’objet d’une enquête publique en 2010. Jouer le jeu de la transparence pour faire taire les critiques, voila un des premiers défis lancé en ce début de mandature. |
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