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Débat à La Bastide de Sérou: quelles sont les clés de la réussite pour le rugby français?
05/09/2011 | 20:45
© MidiNews 2011
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Dintrans, Aguirre, ou encore Fabien Pelous... bien des gloires passées et actuelles du rugby français se sont retrouvées dans l’enceinte de la Salle Jean Nayrou lors du débat public organisé dans le cadre des Rencontres en Séronais.

Une salle comble pour assister à l’un des temps forts de ces rencontres sous la houlette du journal Midi Olympique, avec comme animateur son directeur Jacques Verdier.

Face à tous ces champions, d’autres personnalités de renom dans leur spécialité, Pierre Dantin, Pascal Guillaume, Lucie Forté et le Pr Olivier Lyon-Caen, avec les élus comme arbitres du débat, MM. Nayrou, Carbalido et Mme Téqui en tête.

Objet du débat? Décortiquer les raisons d’un mal qu’on dit français: l’absence de résultats sportifs réguliers de haut niveau, dans le rugby en particulier.

Professeur à Science Po, Chercheur à l’Université de Toulouse, coach sportif et spécialiste mondialement reconnu de la moelle épinière se sont donc penchés sur cette question.

Pourquoi les rugbymen français ne gagnent-ils pas de titres mondiaux majeurs, les yeux rivés sur la prochaine coupe du Monde de Rugby.

Un débat qui part du rugby, pour l’exemple, et s’étend immanquablement aux autres sports, au monde de l’entreprise, à la société en général.

Quelles sont donc les clés de la réussite? Pour autant, tout ce beau monde sera d’accord sur un autre travers français, celui de noircir le tableau, de généraliser souvent les aspects négatifs, un pessimisme collectif, souvent entretenu par les médias.

Et de citer les sports, individuels ou collectifs, dans lesquels les Français excellent au plus haut niveau, sans oublier les nombreux titres du Tournoi des VI Nations remportés par l’équipe de France de rugby.

Alors «french touch» contre «fighting spirit»? Les artistes contre les guerriers?


Peut-être toute la beauté du sport finalement, lorsque le pire côtoie le meilleur, entrainant toute une foule de spectateurs et téléspectateurs dans des émotions partagées, positives ou négatives.

D’émotions justement il aura été question lors de ce débat. Car s’il est impossible de réaliser une cartographie du mental humain et trouver où se loge la martingale du succès, le rôle du mental est déterminant.

Presque la méthode Coué: je peux si je veux. En tous les cas, pas de déterminisme génétique, on ne naît pas champion, on le devient en exploitant au mieux ses qualités intrinsèques dans son domaine.

Schématiquement, savoir mettre en harmonie nos trois grands systèmes cérébraux: celui des émotions, de l’adaptation à l’environnement, de la lutte (ou la fuite), concourt à la fabrication du mental d’un gagnant.

Déterminer ses qualités et potentiels, exploiter ces mécanismes cérébraux complexes, développer une culture gagnante (capacité à se fixer des objectifs -réalistes et réalisables-) et se projeter dans la peau d’un futur vainqueur, sont parmi les clés du succès avancées.

Des clés qui ne sont pas forcément les mêmes en sports collectifs et en sports individuels et qui sont souvent travaillées qui à l’aide du yoga, de la sophrologie, de l’assistance psychologique.

A la clé, la récompense, la coupe qu’on soulève, la joie personnelle, celle du public, qui sert de moteur à la motivation.

«J’ai fait du foot jusqu’à l’âge de 12 ans, dira Fabien Pelous, avant de me trouver complètement dans le rugby où mes qualités athlétiques spécifiques m’ont aidé à me réaliser pleinement dans ce sport, fait pour moi»

Ou l’on perçoit que la confiance et l’estime de soi ont une part déterminante dans la capacité à se dépasser.

Différence entre le système anglo-saxon ou l’on cultive et accompagne davantage la réussite que dans les cultures latines où le rapport à la réussite, à l’argent est souvent vicié.


Défaillance du système éducatif, de formation et de détection, amplifiée par la déliquescence du monde associatif et des bénévoles, devant la baisse des budgets et des aides.

Effet pervers de politiques généralistes, qui nivèlent «par le bas», plutôt que de cultiver la différence et aider chacun à exceller dans le domaine ou il se sent le mieux.

Une approche certainement plus humaine que de vouloir formater des petits guerriers dès le plus jeune âge, où l’essentiel n’est pas de participer mais de vaincre, car peu seront élus à l’arrivée.

C’est peut-être Philippe Dintrans qui résumera le mieux la formule magique du succès.

Il nous parlera avec enthousiasme du bonheur de jouer, sans cesse, avec ses potes depuis tout minot.

Tout comme Pelous qui garde en mémoire ses tous premiers matchs de rugby et les émotions associées.

Loin des affres, souvent financières, qui peuvent polluer le monde professionnel. Le bonheur tout simplement!

Se donner du plaisir tout autant que faire plaisir, sont définitivement les maîtres à jouer.

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auteur: Py.M | publié le: 05/09/2011 | 20:45 | Lu: 12105 fois