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Les centres équestres face à l'augmentation de la TVA
21/09/2011 | 19:34
© MidiNews (archives)

A la demande de la commission européenne, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dans le monde équestre devrait passer de 5,5% à 19,6% avant la fin de l’année.

Une décision qui mettrait en péril ce secteur d’activité en France.

Comment les centres équestres ariégeois vont-ils y faire face?

Pour Claude Zervos, président du comité départemental de l’équitation en Ariège et responsable du centre équestre de La Barre à Dun (09), cette idée est révoltante: «Je suis totalement hostile à cette augmentation mais il fallait s’y attendre un peu.

L’application de la TVA à 5,5% en 2005 était une mesure transitoire.

Elle allait donc forcément être remise en cause
»

Aujourd’hui, le prix d’une heure d’équitation revient à environ 15 euros pour le grand public.

Nicolas Tripogney, chargé de mission à la chambre d’agriculture de l’Ariège, explique: «Si demain on passe à une TVA à 19,6%, l’agriculteur aura deux possibilités: soit renoncer à ses marges, soit augmenter le coût de ses prestations.

Cela peut être dangereux parce qu’il s’agit d’une activité très concurrentielle.

Les prix augmenteront de 15% et pour ceux qui pratiquent l’équitation de manière régulière, cela va être difficile de continuer l’activité à l’année
»

Claude Zervos est catégorique: «Ne pas répercuter l’augmentation de la TVA sur les prestations, ce serait du suicide pour les centres équestres!

Malheureusement ce sont les consommateurs qui vont en payer le prix»

Il s’oppose clairement à puiser sur la qualité du fourrage ou des céréales des chevaux pour compenser.

«Je compte bien répercuter et augmenter mes prestations.

Si les clients s’en vont de mon centre, où qu’ils aillent ce sera pareil.

Nous n’avons pas de marges énormes dans le monde équestre et il faut bien qu’on gagne notre vie
»

En 2005, la TVA était passée à 5,5%. Cette mesure avait alors consolidé les trésoreries des entreprises, permis la création d’emplois ainsi que le développement du secteur.


«Aujourd’hui, on va vers un retour en arrière, c’est dommage», constate Nicolas Tripogney.

L’équitation représente l’un des sports les plus pratiqués en France avec 700 000 licenciés.

Cette hausse de la TVA risque d’engendrer certains problèmes.

«On ne sait pas encore si on peut parler d’équitation en péril.

C’est difficile à dire pour le moment
», déclare Nicolas Tripogney.

Selon Claude Zervos, «l’équitation de haut-niveau continuera à se porter très bien.

Par contre, ce sont les activités des écoles élémentaires équestres qui seront en chute libre
»

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auteur: CC | publié le: 21/09/2011 | 19:34 | Lu: 12572 fois