C’est officiel depuis ce jeudi. Les bruits de couloir, pour ne pas dire de vestiaires, qui bruissaient et s’amplifiaient depuis Paris jusqu’à Foix sont avérés.
Devant la presse locale réunie à Saint-Girons, c’est depuis la capitale couserannaise qu’Henri Nayrou a tenu à annoncer sa décision de se mettre en retrait de la vie parlementaire puis politique publique.
«J’ai pris la décision de ne pas solliciter un nouveau mandat de député de la 2e circonscription de l'Ariège»
Bientôt âgé de 67 ans, il sait pourtant qu’il aurait pu briguer une nouvelle députation et s’en estime pleinement capable.
Pourtant sa décision est sans appel: «c’est un choix personnel» dira-t-il.
Une décision mûrement réfléchie, depuis 2006, qu’il aurait souhaité annoncé sur un air de Maori.
Il reprend là sagement l’un des préceptes qu’il aura retenu de son père «savoir partir à temps» et faire ce choix sereinement, en homme libre.
«Je suis à la fin d’un cycle» confie-t-il.
Homme de la montagne, jeune insouciant, selon son propre terme, journaliste puis élu de terrain, Henri Nayrou veut maintenant tourner la page et s’atteler à ce qu’il considère comme sa «cinquième vie»
Journaliste au Midi Olympique, avant d’en être le rédacteur en chef, Maire (14 ans de La bastide de Sérou), conseiller général et député «de la Nation, de l’Ariège et des Citoyens», il a quitté également la présidence de l’Anem (association nationale des élus de la montagne), même s’il reste au comité directeur, éternel défenseur des intérêts des zones rurales et de montagne.
«Ma décision m’est propre et personnelle. Elle n’est absolument pas dictée par l’environnement politique national ni même local. Ce n’est pas une décision venue d’en, haut. Je sais encore m’occuper de mes neurones» clame t-il.
Fin de match, alors? Très attaché à des valeurs comme l’équilibre et l’équité, «plus que la justice», Henri Nayrou dit vouloir jouer encore un rôle comme «militant actif» au sein de sa famille politique.
Pour ce qui concerne la vie politique publique et selon la formule consacrée «à ce jour», la réponse est définitivement oui, et ce à quelques niveaux que ce soit.
Henri Nayrou annonce déjà les primaires qui vont se tenir jeudi 24 novembre prochain entre les candidats à sa succession au poste de député.
Il ne cache pas d’ailleurs son soutien plein et entier à Alain Fauré (à ses côtés comme suppléant depuis une dizaine d’années et actuel maire des Pujols) qu’il considère «comme l’homme de la situation»
Expression qu’il reprend pour François Hollande, son candidat pour la gauche à l’élection suprême.
Pour ce qui concerne son mandat de conseiller général du canton de Saint-Girons (obtenu haut la main en mars dernier), il confirme qu’il ira au bout de son mandat mais ne se représentera pas.
On dira alors, plutôt, un tournant, «le tournant du match», de sa vie donc. Car, hormis, ses activités politiques résiduelles («militant actif au sein du PS» et à l’Anem) il sait désormais où va l’emmener cette cinquième vie qui commence.
Il va se consacrer à l’écriture, autre passion pour cet homme qui «sait le sens» des mots qu’il emploie toujours avec délectation.
Avec en tête l’idée d’un premier ouvrage, sur une autre de ses passions: le golf, dont il envisage de reprendre l’histoire.
Pour autant, au cours de son allocution, souvent sera revenue dans sa bouche l’expression: «je ne suis plus député»… comme pour mieux s’en convaincre, réaliser et se faire à cette idée.
Toujours est-il avec le retrait annoncé progressivement de toute vie politique publique, le Couserans perd avec Henri Nayrou non seulement un de ses plus ardents piliers, pour paraphraser les termes du rugby, sport qui lui est cher comme chacun sait, mais aussi un homme de valeur(s).
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