TGI de Foix: de Carla-de-Roquefort, à la DST, en passant par flic, pour finir dans la magistrature... Claude Cozar prend sa retraite

© midinews 2016

Personnage haut en couleur, à la langue fleurant bon le terroir, souvent drôle et maniant l’ironie à la perfection, Claude Cozar prend sa retraite la semaine prochaine après cinq années passées en tant que vice-procureur au tribunal de grande instance de Foix.

Hier, il requérait pour la dernière fois au tribunal correctionnel.
De Carla-de-Roquefort, à la DST, en passant par flic, pour finir dans la magistrature
Claude Cozar a intégré le tribunal de grande instance de Foix en 2011, après 10 ans passés dans la juridiction de Carcassonne.

Mais avant cela, l’homme a eu plusieurs vies.

Si la famille de Claude Cozar est originaire d’Espagne, son père est né en France.

Le magistrat a vécu une partie de son enfance à Carla-de-Roquefort (Pays d’Olmes), il y a fait un an de maternelle, avant de rejoindre les bancs de l’école primaire de Laroque d’Olmes.

En 6ème il devient interne dans un collège de Carcassonne avant de se faire «virer» et de passer son bac à Foix en 1968. Là, il y rencontre sa femme, native de Lavelanet.

Après une licence et une maitrise en espagnol, celui qui voulait passer le CAPES pour enseigner l’espagnol, est appelé pour son service militaire à Saint-Cyr comme scientifique-littéraire du contingent.

Là, un «de ses copains» un professeur de gymnastique, vient de passer le concours pour devenir inspecteur de police. Claude Cozar lui emboite le pas.

Pour son premier poste en tant que policier en sécurité publique, il est affecté dans le Val de Marne à L’hay les Roses. Il s’inscrit en capacité en droit et passe son diplôme en deux ans.

Alors qu’il démarre juste sa carrière en brigade des mineurs, un «copain», encore un, «vient le chercher», car s’il parle couramment espagnol, l’homme comprend aussi très bien le portugais.

Et le voilà embarqué à la DST aux écoutes téléphoniques. Il y restera 9 ans, avant d’être muté à Tahiti toujours dans le contre-espionnage.

«Comme il s’emmerdait», au bout de trois ans, il s’inscrit à la fac de droit et prépare le concours de la magistrature en détachement.

En 1991, il intègre l’école de la magistrature.

Son premier poste dans la magistrature le conduit à Bobigny où «il passera les meilleurs moments de sa vie». 6 ans «à l’usine», mais 6 ans de belles rencontres autour du travail, du théâtre.

Pour se rapprocher de son domicile, Claude Cozar demande sa mutation à Créteil. Il y restera 2 ans, «il se prenait la tête avec le procureur».

Septembre 2001 voit son arrivée à Carcassonne. Un retour aux sources.

En mars 2002, gravement malade, il subit une greffe du foie. Il se décrit «comme un survivant».

S’ensuit 1 an d’arrêt maladie, et après pour son retour «un service aménagé au début».

Il passera 10 ans au TGI de Carcassonne avant que le président ne l’inscrive au tableau d’avancement.

Et le voilà nommé en 2011 vice-procureur au TGI de Foix «où il arrive» avec Olivier Caracotch nommé procureur, «un homme avec qui je m’entendais bien».

«Le mot retraite est un gros mot» pour le personnage, qui «pour s’occuper la tête, va se chercher d’autres occupations».

La retraite effective est pour le 30 juin, mais le vice-procureur a cumulé tant de jours (60) sur son compte épargne temps, plus des vacances pas encore prises, que son départ aura lieu la semaine prochaine.

De permanence au Parquet la semaine prochaine, il rendra son badge le vendredi 4 mars, non sans un gros pincement au cœur.
Un aller
sans retour

La semaine dernière, ses collègues magistrats et autres personnels du TGI ont organisé une fête pour son départ et celui de François Hebert; car lui, il n’entend pas le fêter son départ, la retraite étant «un gros mot».

Julie Sirère lui succèdera comme vice-procureur placé. François Hebert, lui aussi vice-procureur placé, devrait quitter le TGI de Foix presque en même temps et rejoindre d’autres cieux, peut-être Tahiti.

Au TGI, tout le personnel l’affirme: «les deux hommes laisseront un grand vide».

Claude Cozar salue «les relations extraordinaires nouées avec les personnels du tribunal de Foix».

Dans un registre plus politique, il dénonce l’arrivée de deux magistrates placées à Foix, «ce n’est pas gérable pour le Parquet».

Lors de l’audience solennelle de rentrée, présidente du TGI et procureur on s’en souvient avaient souligné «l’indigence de la justice».
 
Mais voilà, l’heure a filé, notre entretien s’achève. Il est temps de rejoindre l’audience délits routiers au tribunal correctionnel où Claude Cozar va requérir pour la dernière fois.

«Je ne vais pas chanter c’est la dernière séance, mais presque» me glisse-t-il.

Bon vent à vous Monsieur le vice-procureur.

NR | 24/02/2016 - 18:23 | Lu: 17138 fois