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Tribunal correctionnel de Foix: quand un voisin bruyant et «sanguin» écope d'un an de prison ferme

© midinews (archives)

Christophe R. a été condamné cet après-midi à 6 mois ferme, plus 6 mois de révocation de sursis pour des «faits simples»: trouble à la tranquillité d'autrui et menace de mort.
Comparution immédiateCe jeudi 12 juin, les policiers étaient requis à Pamiers, rue du Clocher, pour tapage.

Les fonctionnaires se sont rendus une première fois sur les lieux, demandant au prévenu de baisser le volume sonore, volume baissé un court moment. 3/4 d'heure après, rebelote, les policiers étaient à nouveau requis. Cette deuxième opération, ne s'est pas bien déroulée.

Apparemment éméché, Christophe s'en prend aux deux fonctionnaires, menaçant d'aller chercher un fusil «pour leur faire la peau à eux et leurs familles»

Finalement interpellé, puis placé en cellule de dégrisement, il a été présenté devant le procureur et placé en détention. Selon le compte rendu de la présidente du tribunal, l'appaméen apprécie les beaux jours venus, de prendre l'apéro dehors entouré de sa compagne et d'amis, le tout sous fond musical; un fond un peu trop bruyant semble-t-il.

Une situation récurrente dénoncée par les voisins n'arrivant plus à dormir, et n'osant pas intervenir par peur du prévenu.
Une tension de la peur face à ce sanguinFaut avouer, ce dernier semble aujourd'hui encore remonté. Il admet du bout des lèvres «commettre peut-être une gêne», mais tel un coq se dresse sur ses ergots, il assène: «je n'étais pas sur la voie publique, mais devant mon garage»

Concernant les menaces de mort, des faits commis en récidive, le prévenu explique «que ce n'était que des paroles en l'air» Dont acte. Le procureur néanmoins ne semble pas de cet avis, soulignant: «le 18 avril dernier, il répondait à cette barre de faits identiques»

Qualifiant Christophe de «sanguin», Olivier Caracotch poursuit: «Dans certaines régions cela peut être une qualité, mais quand on lit la procédure, on comprend combien le voisinage peut être dérangé, terrorisé à l'idée d'intervenir... et quand on voit son casier et son attitude, on ne s'approche pas de lui»

Et en effet, à 46 ans, l’homme accumule les mauvaises histoires. 20 condamnations à son casier judiciaire, pour des faits d'outrage, violences aggravées, destruction, dégradations ou mise en danger de la vie d'autrui, notamment.

Pour la partie civile, un des policiers menacé, Me Alzieu a expliqué combien il est difficile pour des policiers s'assurant du maintien de l'ordre, d'être ainsi menacé dans l'exercice de leur profession.

L'avocate a demandé 800€ de dommages et intérêts et 500€ pour les frais de justice.

A la défense de Christophe, l'avocat n'a pas la même lecture des faits reprochés. Me De Scorbiac rappelant que le prévenu fêtait ce soir là, l'oral du fils de sa compagne. Quand les policiers seraient intervenus la seconde fois, son client «ne pensait pas qu'on viendrait le chercher dans son quotidien et se serait senti agressé alors qu'il pensait être dans son bon droit»

Expliquant que Christophe réagit mal à l'alcool, Me De Scorbiac a plaidé «pour quelqu'un de possédé quand il boit, mais avec la volonté de s'en sortir»

Christophe a été reconnu coupable et condamné à un an ferme (6 mois, plus révocation de 6 mois d'un précédent sursis) et maintien en détention.

Il devra de plus s'acquitter de 500€ de dommages et intérêts, plus 500€ de frais de justice.

NR | 17/06/2014 - 19:13 | Lu: 8978 fois

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