Tribunal correctionnel de Foix: l'oncle est-il un pédophile? Verdict le 3 novembre prochain

© midinews 2015
Placé sous contrôle judiciaire, l’oncle suspecté d’agression sexuelle connaitra le verdict de ses juges le 3 novembre prochain. 3 ans ont été requis par le parquet pour des faits commis en récidive et 10 ans de suivi socio-judicaire.
Deux séries de faits, deux agresseurs sexuels, un seul sur le banc des accusés
Âgé de 72 ans, c’est un vieux monsieur qui s’est présenté mardi à la barre du tribunal correctionnel de Foix. Qui plus est, un monsieur partiellement paralysé suite à un AVC.
«Il se présente comme un malade, mais il est en pleine possession de ses moyens. Il sait ce qui l’attend, il est en récidive» glissera le vice-procureur.
Et en effet, le prévenu a été condamné en 2003 à 3 ans de prison après avoir agressé sexuellement sa nièce de sang, une enfant de 10 ans. «Dans des circonstances similaires» note la présidente, glissant «ce qui peut interroger». Ce à quoi le prévenu rétorque: «je n’étais pas moi-même, j’ai fait une bêtise, je l’ai assumé».
Aujourd’hui, cet homme dit «se tenir à l’écart, pour ne plus être suspecté suite à une petite connerie». Seulement voilà, une information judiciaire était lancée à son encontre en 2013 suite au signalement d’une institutrice en grande section de maternelle. Une institutrice qui s’était alarmée du comportement devenu agressif d’une fillette de 5 ans, d’un repli sur soi.
Cette dernière lui confiait alors que son oncle aurait effectué des attouchements. Seulement les confidences ne s’arrêtent pas là. Elle confie également qu’un ouvrier de la ferme, ouvrier censé la garder quand ses parents s’absentent (ils n’avaient pas vraiment confiance en l’oncle) aurait aussi tenté d'abuser d'elle; une enquête est en cours d’instruction en ce qui concerne cet homme.
Tout ce petit monde vit dans une ferme en Ariège. Ferme ayant fait l’objet d’un partage dans le cadre d’une succession. L’oncle a donné en rente viagère sa maison à son neveu qui exploite les terres (père adoptif de la fillette). La famille recomposée et leur fils commun vivent avec le vieil oncle.
Suite aux confidences de l’enfant, l’oncle par alliance est placé en garde à vue. Il nie les faits, et continue de les nier, parlant «d’un comportement des parents qui voudraient le faire partir de sa maison»; il est depuis hébergé chez des amis.
Pour les experts qui ont rencontré à de nombreuses reprises l’enfant, «ses propos sont cohérents. L’enfant est intelligente et n’a pas de tendance à l’affabulation».
Pour le prévenu, l’enfant ment. Quand la présidente l’interroge sur son intérêt à mentir, il glisse: «peut-être certains lui ont conseillé (faisant référence aux parents, NDLR). Depuis deux ans, on m’a mis dehors. C’est ceux qui vivent à la maison à qui ça profite», développe-t-il.
Il raconte ensuite avoir toujours laissé fenêtres et portes grandes ouvertes quand X venait le rejoindre dans la salle à manger-salon. «J’avais peur qu’on vienne me reprocher ce qui est arrivé». Concernant ses sentiments à l’égard de l’enfant, il dit avoir «été obligé de faire le bourru. C’est difficile quand les petits viennent pour jouer de dire non».
Au parquet, François Hébert est revenu sur les circonstances de ces agressions sexuelles commises entre le 1er janvier 2012 et le 10 décembre 2013 et les confidences. «Elle est toute petite au moment des faits, elle ne comprend rien au sexe.»
Le prévenu ne répond pas, «il ne sait pas». Tout juste se borne-t-il à répondre qu’il quittait la pièce quand elle arrivait. À un autre moment, il explique qu’elle lui sautait dessus quand il était allongé sur le canapé. Ce qui fait dire à Me Guy Dedieu avocat des parties civiles: «vous avez été entendu 6 fois? Avez-vous conscience de ne pas avoir eu le même discours?»
L’un des psychiatres qui a examiné l’oncle parle d’une personnalité frustrée. D’une efficience intellectuelle limitée. D’un risque de récidive de type pédophile.
«Il est toujours difficile d’être confronté aux limites de l’entendement» pour Me Dedieu. «Qu’il serait net et réparateur de pouvoir entendre la reconnaissance des faits».
La «conviction de l’avocat est faite. Une gamine de 5 ans, un tonton chatouilleur, un autre homme. Deux séries de faits, 2 agresseurs sexuels».
Et Me Guy Dedieu de revenir sur la «réalité des scènes vécues par X. Elle sait que quelque chose n’est pas normal, mais elle l’aime bien son tonton». Sur la parole de l’enfant, «sa constance auprès de nombre d’experts aux compétences diverses».
Me Dedieu parle: «d’un propos marqué du sceau de la vérité». Propos relayés par le vice-procureur soulignant que le prévenu avait quant à lui varié dans ses déclarations, avant de mettre en exergue «une expertise psychiatrique particulièrement inquiétante (tendances pédophiles et dangerosité sociale, NDLR)».
Sur un prétendu complot orchestré par les parents, Me Dedieu rétorque «X a appelé à l’aide, elle s’est singularisée. Ce n’est pas le fruit d’une dénonciation de la maman».
Se tournant vers le prévenu, il lui lance: «faut arrêter de jouer le vieillard. À 72 ans, ça va bien. Intellectuellement vous comprenez les enjeux de la procédure d’autant que vous êtes déjà passé par là. La précédente avait 10 ans, vous vous êtes dit qu’à 5 ans elle ne parlerait pas». 18 000€ de dommages et intérêts ont été sollicités pour X, 6 000€ pour la maman.
Une instruction insuffisante
«Ce dossier m’interpelle», glisse en défense du prévenu, Me Nicole Dumas. «Une vérité accommodante est une vérité accommodée» pour l’avocate qui dénonce «un huis clos familial, un contexte de non-dits, un dossier qui témoigne à charge, des gendarmes suggérant les réponses avec des questions fermées».
Et l’avocate d’enfoncer le clou: «on va condamner M. alors que les éléments n’ont pas été exploités (dates et lieux, NDLR)». Sur les rapports des deux experts psychiatres, Me Dumas ironise sur les variations de QI imputées à son client (une fois 122, une fois en dessous de la moyenne), avant de revenir sur la pédophilie.
«L’un nous parle de pathologie pédophile, l’autre d’un acte de pédophilie.» Et l’avocate de conclure: «pour lui, il n’a pas commis les faits. Il a été expulsé de sa ferme, une ferme où il a vécu et travaillé toute sa vie».
Le jugement a été mis en délibéré au 3 novembre 2015. Le placement sous contrôle judiciaire du prévenu a été maintenu.
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