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«Résister dans les camps nazis»: un concours pour se souvenir
20/06/2012 | 19:42
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Il y a certains épisodes de l’Histoire dont il faut tirer les leçons. Et pour cela, il faut se souvenir.

C’est dans ce sens que depuis 1961, le concours national de la Résistance et de la déportation amène les élèves de collèges et lycées à se questionner, réfléchir, enquêter.

Cette année, le thème était: «Résister dans les camps nazis», où comment la résistance à tous les niveaux a su exister dans un monde de violence, d’enfermement et de terreur.

En Ariège, grâce à l’investissement des enseignants (et du comité organisateur), 400 jeunes ont participé cette année (un chiffre en perpétuelle augmentation).

Ce mercredi, 30 jeunes ont été récompensés lors d’une remise des prix organisée aux forges de Pyrène (une cérémonie organisée par le Conseil général).

André Gaucher, résistant, déporté à Mauthausen et Gusen en Autriche a livré son témoignage devant les jeunes, les élus et d’anciens résistants, «nombre de déportés ont uni leur force pour résister»

Dans l’horreur des camps, la résistance est passée par des actions très concrètes et courageuses, «au travail, certains se contentaient de mettre des grains de sable dans les rouages, de recompter plusieurs fois les pièces pour ralentir la production... Le sabotage a existé même dans les camps»

Résister aussi pour laisser une place à la solidarité et à l’entraide, «c’était le partage d’un quart de soupe ou de quelques miettes avec les plus faibles et les malades»

Puis résister tout simplement pour survivre dans des conditions effroyables, en luttant pour préserver son humanité et sa dignité, «nous avons dû résister aux interrogatoires, aux coups, aux journées d’internement, au transport dans des wagons à bestiaux, nus, avec comme seules boissons la sueur qui coulait le long des murs.

Résister à la déshumanisation en devenant un numéro, un triangle rouge «F» (opposants politiques «
irrécupérables», nationalité française).

Résister aux appels matin et soir qui duraient des heures (sous la pluie, la neige ou le soleil brulant), à la faim, aux coups, au travail harassant...»

Selon le président du Conseil général Augustin Bonrepaux, cette mémoire est plus que jamais d’actualité dans un contexte où les extrêmes gagnent du terrain, «il ne faut pas oublier les origines de ce cataclysme, qui est issu d’une crise [...] Je peux d’autant plus vous dire cela, moi à qui enfant, on a fait chanté Maréchal nous voilà»

La sous-préfèt de Pamiers Hélène Caplat (venue représenter le préfet), a aussi insisté sur un haut lieu de mémoire du département, «nous ne pourrions pas évoquer tout cela sans parler du camp du Vernet d’Ariège, où des internés (étrangers jugés indésirables) ont été internés, ainsi que des juifs qui ont ensuite été déportés»

Aujourd’hui, toujours dans le sens de la mémoire, une demande d’inscription aux monuments historiques a été demandée pour ce camp.

Quant au concours de la Résistance, l’année prochaine, le thème des épreuve sera «Communiquer pour Résister», et devrait aussi être ouvert aux écoles primaires.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 20/06/2012 | 19:42 | Lu: 10597 fois