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En Ariège, on salue le plan de lutte contre la pauvreté même si on aurait espéré plus
12/12/2012 | 19:06
© MidiNews 2012 - Elavuk

Hausse de 10 % du RSA socle sur cinq ans, extension de la CMU à 500 000 nouveaux bénéficiaires, création d'un contrat d'insertion avec allocation pour 100 000 jeunes et création de 8000 places d'hébergement pour les sans-abri et les demandeurs d'asile en 2013.

Voilà les annonces phares du plan de lutte contre la pauvreté annoncé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Un plan qui devrait coûter entre 2 et 2,5 milliards d'euros d'ici à 2017.

«La pauvreté n'est pas une fatalité, la précarité n'est pas un fléau qui s'abat au hasard sur une partie de la population mais l'effet de processus économiques et sociaux que l'on peut combattre» a insisté le premier ministre.

La plus coûteuse est la revalorisation du RSA socle: la facture augmentera de 200 millions en 2014 à un milliard en 2017.

En Ariège, le département paie déjà à hauteur de 25 millions d’euros par an le RSA pour 6083 bénéficiaires.

Augustin Bonrepaux, président du Conseil général, a toujours souligné l’importance et la lourdeur de ce montant sur son budget. Ce sont en effet les instances départementales qui financent le revenu de solidarité active.

«L’Etat compense à l’heure actuelle à hauteur de 17 millions d’euros ce qui représente un déficit équivalent à 4% du budget du Conseil général» appuie Augustin Bonrepaux.

Jean-Marc Ayrault a ainsi promis aux départements que le surcoût serait compensé. Les ressources des départements devraient à cet effet être revues l’an prochain afin d’être plus adaptées.

«Cela dit, c’est une bonne décision de procéder à une augmentation du RSA car 450 € pour vivre, c’est très peu. Ce qui m’intéresse, c’est que le gouvernement a annoncé que ce serait compensé pour les Conseils généraux» explique confiant le président du Conseil général ariégeois.

L’homme ne se montre donc pas inquiet face à l’augmentation des dépenses du Conseil général pour assurer cette hausse.

Il rappelle que le RSA doit aider à améliorer la situation de ceux qui le perçoivent tout en rappelant qu’ils doivent se tenir en démarche d’insertion par le biais de tout types de contrat.

«Ils doivent rechercher un emploi même à temps partiel qui leur permet de compenser avec le RSA complément d’activité»

Concernant le plan de lutte contre la pauvreté, Augustin Bonrepaux se montre satisfait en partie des mesures engagées. «C’est un effort considérable que fait le gouvernement pour un peu plus de solidarité.

Il faudrait que ce soit encore plus important car la pauvreté à un tel niveau est inacceptable. Mais vue la situation actuelle, c’est déjà un gros effort et un bon signal pour une meilleure répartition de la richesse
» martèle-t-il.

Dans le bon sens, mais pas encore suffisant

Ces mesures étaient très attendues par le monde associatif qui s’occupe en particulier de l’exclusion.

La pauvreté a en effet augmenté depuis dix ans passant de 12,9 % de la population en 2002 à 14,1 % en 2010.

Rien qu’en Ariège, il faut savoir que 80% de la population est éligible à l’obtention d’un logement social, ce qui indique bien la faiblesse des revenus dans le département.

«Il faut saluer l’ensemble des démarches qui sont plus que nécessaires. Concernant le logement d’urgence, il faut absolument qu’il s’accompagne d’un accompagnement social. Les logements en Ariège sont vraiment limites et créent forcément de la promiscuité» avance Christian Morisse, du Réseau Education sans frontières.

Comme exemple, il cite le cas de l’ancienne école des Canonges à Pamiers gérée par la Croix-Rouge. «Pas de surveillant, un seul WC, pas de douche. Le bâtiment dispose de 10 places, mais souvent ils y dorment à 15 ou 18» estime Christian Morisse.

Dans le département, les inscriptions au Secours Populaire, au Secours Catholique ou aux Restos du Cœur ont bien augmenté.

Avec un accroissement de personnes dans la rue, qui pour certains exercent quelques petits boulots qui ne les préservent pas d’être sans-abri.

«En général, toutes ces annonces mettent beaucoup de temps à se mettre en place. Ça arrive en cascade dans nos départements mais la situation est vraiment urgente»

Avec 42 places pour l’hébergement d’urgence en période ordinaire, Christian Morisse pense qu’il en faudrait au moins 20 de plus pour assumer les demandes. «Aujourd’hui, on a 20 refus de prise en charge par jour» calcule-t-il.


Le préfet en visite dans tous les centres d’hébergement d’urgence de l’Ariège

Le préfet de l’Ariège Salvador Pérez et ses représentants entament du jeudi 13 décembre au mercredi 26 décembre une visite de tous les centres d’hébergement d’urgence et d’accueil de l’Ariège.

Au centre Hérisson Bellor de Pamiers, à l’accueil de jour de Saint-Girons, au centre Emmaüs de Saint-Jean-du-Falga, aux Restaurants du Cœur de Foix, à l’accueil de jour de Foix et à l’accueil de nuit de Lavelanet.
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auteur: Anne-Sophie Fontanet | publié le: 12/12/2012 | 19:06 | Lu: 10253 fois