Tourtouse: restauration de deux vitraux zénithaux dans l'ancienne église du château
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C’est un des villages les plus pittoresques du Volvestre, une région située au nord du Couserans.
Réputée pour son festival d’art lyrique qui draine au mois de juillet une population éclectique mais aussi pour son patrimoine, notamment les vestiges de son château du XIIème siècle dont il ne reste plus que les fondations et le donjon, Tourtouse appartenait aux évêques du Couserans et cette forteresse castrale avait pour fonction de protéger leurs terres convoitées par les comtes de Comminges.
Le village fut brûlé au XVIème siècle par les troupes protestantes au moment des Guerres de Religion. Au XVIIème siècle Bruno de Ruade, évêque de St Lizier et du Couserans vient s’installer à Tourtouse où il restaure le château et fait reconstruire l’église sur l’emplacement de l’ancienne chapelle de la forteresse dont il ne reste plus aujourd’hui que les mâchicoulis, les vestiges du corps du logis et le donjon, resté intact et présentant dans sa partie haute une structure octogonale remarquable.Un ensemble inscrit aux Monuments HistoriquesRénovée en 2005, notamment en utilisant des pochoirs du 18ème siècle (retrouvés dans la sacristie) cette église contient un retable XVIIème mais les récentes restaurations demeuraient incomplètes... Surtout dès que l’on levait les yeux. En effet les deux vitraux zénithaux avaient disparu.
Avec l’accord de la municipalité, l’association Vivre à Tourtouse (chargée de l’animation du village) a eu l’idée de lancer une souscription pour la restauration de cet ensemble exceptionnel du XIXème siècle.
Le Père David, l’ancien curé du village, avant de quitter sa paroisse pour celle de Mirepoix où il avait été nommé, a souhaité contribuer à cette restauration, il a fait un don de 1000€, le village a participé à hauteur de 515€ et l’association a monté un dossier auprès de la Fondation du patrimoine qui versera 3000€.
C’est Pierre Rivière, le célèbre maître verrier ariégeois qui a répondu à l’appel d’offre et qui procède actuellement à l’installation de ces deux vitraux. Après avoir réalisé la verrière zénithale de l’église de Manse, cela paraît être un jeu d’enfant pour ce professionnel habitué aux challenges (il a travaillé sur les verrières de la cathédrale St Pierre de Montpellier, à l’abbaye de Fontfroide, et plus près de nous sur les cathédrales de Pamiers et Mirepoix).
«C’est une création en copie de l’identique du vitrail du XIXème, une création à partir de résidus de vitraux très abîmés qui par chance avaient été conservés entre deux plaques de verre, retrouvés dans la sacristie. Cela m’a aidé notamment pour les motifs de la bordure qui représente un motif étoilé, partagé en onze étoiles, ce qui est assez rare… peut-on y voir une quelconque signification?
J’ai travaillé avec du verre soufflé à l’ancienne, la peinture sur verre est cuite au four, exactement la même technique que les vitraux réalisés au 19ème - notamment dans les ateliers toulousains de Louis-VictorGesta - avec la même technicité, le même savoir-faire.
Ce sont des panneaux très ouvragés, très peints selon l’expression consacrée. Si nous étions sûr qu’il s’agissait d’un Christ sauveur pour le panneau le plus près du chœur, au regard des fragments que nous avions, il a fallu créer de toute pièce le second. Après multiples discussions nous avons décidé de faire un médaillon représentant la vierge Marie puisque l’église lui est consacrée»La révélation de la lumièrePierre Rivière après deux mois de travail en atelier, a installé son échafaudage dans la nef de l’église de l’Assomption où il procède actuellement à la pose de ces deux baies.
Mais un vitrail ce n’est rien d’autre qu’un assemblage de verre et de plomb, posé à l’horizontale il a tendance à se déformer, aussi le maître verrier a réalisé un savant réseau de serrurerie permettant de tenir l’ensemble et de lui faire traverser le temps:
«Comme ces pièces sont de dimensions assez importantes, elles ont été partagées en trois morceaux, le médaillon du milieu pourra être soulevé pour réaliser des interventions d’entretien et avant leur pose j’installe un grillage pour les protéger... il y des chauves-souris et un hibou dans les combles de l’église!»
Ce matin Jacqueline Mauran, adjoint à la culture et le président de l’association Vivre à Tourtouse ont découvert émerveillés les réalisations du maître verrier.
«Tourtouse est inscrit dans un projet de valorisation du patrimoine et cette église fait partie de cet ensemble classé aux monuments historiques, indique l’élue.
Dans cette église on a retrouvé des morceaux de l’ancien vitrail conservé adroitement dans la sacristie. Il représentait le Christ. Nous avons eu l’idée de le réhabiliter. Au XIXème siècle il y a avait deux vitraux zénithaux mais du second aucune trace, il a fallu le créer de toute pièce…
Au final ce chantier de 8100€HT aura couté à peine 4000€ à la commune (sans aide de la DRAC) grâce à notre dossier auprès de la Fondation du Patrimoine.
Une messe de bénédiction aura lieu le 22 mars en présence de l’évêque»
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